Quimper, Locmaria. Tout a commencé il y a mille ans…

L’église de Locmaria fête son millénaire. Tout a commencé en effet il y a mille ans…par la fondation de l’abbaye romane de Locmaria en 1022 succédant à celle de rite celtique du VIe siècle puis à la construction de l’église abbatiale Notre-Dame, berceau, cœur et âme de Quimper en Pen Ar Bed, notre Finistère, début et non fin du continent occidental habité par les Osismes !

C’est donc sur la rive gauche du fleuve Odet , rejoint ici par ses affluents avant de se jeter dans l’océan Atlantique à Bénodet, une vingtaine de kilomètres plus loin qu’est née « Aquilonia civitas » devenue Quimper-Corentin, « confluent » de plusieurs rivières, capitale de la Cornouaille .et rattachée à la France au XVIe siècle !… Inspirée par la « Terre Sacrée de la Vierge Marie » …Locmaria qui a enfanté la ville centre…a célébré ses 1 000 ans , dimanche 22 mai 2022 avec sa parure : église, cloître, prieuré et jardin conventuel moyenâgeux !

Jusqu’au retour, anniversaire lui aussi, de la Troménie ( tro menez), ce pèlerinage en hommage , lui aussi, à la Mère du Christ sur le mont Frugy et qui se déroula en 1652 avant de tomber en désuétude, mais ranimé le prochain 15 août 2022, jour de l’Assomption.

Issues d’un passé plus lointain seront remises au présent les fouilles archéologiques autour du 1er siècle sur la ria en aval de l’actuel chef lieu, qui attirèrent les Romains visionnaires d’un port baigné par les marées de l’océan atlantique … le chemin de halage sur l’autre rive ,à quelques encablures pour arriver au port du Corniguel, a confirmé leur heureux choix !… Ceux-ci également séduits par la présence de la glaise nécessaire à leurs poteries dont les célèbres faïenceries de Quimper sont les héritières ! .

La découverte l’an passé de plus de cent urnes cinéraires a confirmé l’existence d’une nécropole gallo-romaine attestant un riche patrimoine auquel s’est ajouté une autre tradition artistique développée actuellement par la célèbre école de broderie d’art de Pascal Jaouen… celle dont les créativités furent mises en valeur lors du dernier Eurovision par les costumes de talentueux chanteurs bretons !

Mais c’est en l’église abbatiale, du supposé plus vieil édifice d’Armorique, édifiée à la demande des moines de l’Ordre de Saint Benoit pour remplacer la sévère règle de Saint Colomban, que se déroulèrent de poignantes cérémonies religieuses animées par un bagad de scouts, et le chœur Triforium de jeunes vannetais pour le plus grand plaisir des participants lors de la messe pontificale célébrée par l’évêque de Quimper et Léon.

Tout l’été se succéderont : : journées d’études, fêtes, concerts, expositions et visites du fameux jardin. .

L’ édifice sacré, attenant à l’abbaye mixte pour quelques temps et au prieuré royal et ducal datant des Plantagenêts ( récemment en partie commercialisé …) compléta le monastère du VIIe siècle du «  Grand Lokmaria » et en fît le troisième pouvoir de la cité principale participant aussi à ce « blanc manteau d’églises « qui recouvrit le royaume de France lorsque la pierre se substitua au bois, se libérant par son explosion créative de la « terreur de l’an Mil » au début du Xe siècle.

Puis seules des religieuses à partir du 1XVIIe siècle occupèrent le lieu laissant certes le service liturgique à quelques bénédictins sur place …Après quelques troubles crées par certaines nonnes pour échapper à la règle de leur Ordre …la sagesse revint et de jeunes nobles et bourgeoises reçurent en ces murs la « bonne éducation » …avant que le refus de la Communauté de se soumettre à la Constitution Civile du Clergé en 1791 n’entraine la mise à sac de l’église par les révolutionnaires et l’emprisonnement de la plupart des religieuses.

Et la petite église Sainte-Barbe, elle aussi attenante, de disparaître alors que l’église principale Notre Dame de Locmaria, non desservie spirituellement menaçait de s’écrouler… libérant le salpêtre utilisé à fabriquer des munitions, tandis que de précieuses archives étaient transformées en bourre pour l’artillerie puisqu’un casernement, « le quartier Emeriau », avait succédé aux précédents prédateurs.

La paroisse allait renaître en 1857 à la grande satisfaction des familles des ouvriers des faïenceries, du chantier naval et des pêcheurs ! Et pour rappeler l’origine du cabotage sur les rives de l’Odet un lougre fut de nos jours reconstruit sous le patronage de Saint- Corentin, cet évêque du Ve siècle l’un des 7 saints fondateurs de Bretagne , dont la tutelle créa le magnifique élan spirituel et marcheur du pèlerinage du Tro Breizh restauré depuis 1994.Le saint homme n’avait-il pas été appelé par le roi Gradlon à créer le diocèse de Quimper.au Ve siècle !

Tout est remarquable depuis le jardin- paradis aux plusieurs centaines d’ essences permettant de se nourrir, de se soigner, de se vêtir et ainsi de vivre en autarcie, jusqu’au chemin de Croix dont les stations en faïence sont insérées dans des cadres de poterie et au Christ en Gloire dominant le chœur !

C’est à l’inspecteur des Monuments Historiques de Napoléon III  Prosper Mérimée, que nous devons enfin la restauration en1884 de l’ensemble de ce patrimoine à nouveau sous le son des cloches alors que les touristes découvrent à proximité du religieux…le roboratif par les célèbres Gavottes ( crêpes dentelle) et aussi le far et le kouing aman  !

Le corps et l’esprit, le ciel et la terre, le beau et le bon sont à l’honneur jusqu’à la résidence d’été des évêques, le château de Lanniron toujours sur le bord de l’Odet à quelques centaines de mètres vers l’estuaire ! Et ce n’est pas le père Charles de Foucauld, tout récemment canonisé, à qui une exposition est dédiée, qui reprocherait cette conjonction subliminale à quiconque !

Claudine Dupont-Tingaud

Crédit photo : DR
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