Capitalisme, Saint-Renan, Medef, Le Drian, Reconquête…A part ça, tout va bien…

  • Le capitalisme triomphant – Chaque année, l’hebdomadaire Challenges consacre un numéro spécial en juillet aux « Fortunes de France ». Il nous a semblé intéressant de comparer l’état des fortunes de quelques milliardaires bretons au début du premier mandat d’Emmanuel Macron (2017) avec celui existant au départ du deuxième mandat (2022). Elle a progressé de 11,9 milliards d’euros pour François Pinault (19/30,9). Elle a progressé de 2,550 milliards d’euros pour Vincent Bolloré (7,7/9,250). Elle a progressé de 0,8 milliard pour Louis Le Duff (2/2,8). Elle a progressé de 0,1 milliard d’euros pour Daniel Roullier (2,4/2,5). Elle a progressé de 0,340 milliard d’euros pour Yves Guillemot (0,760/1,1). On notera le recul de la fortune de Bris Rocher : 0,1 milliard d’euros (2,4/2,3) ; la guerre Russie-Ukraine contrarie fortement l’expédition des produits de beauté dans ces deux pays qui constituent un débouché important pour les Laboratoires de biologie végétale Yves Rocher. A tel point qu’une rumeur circule annonçant un prochain plan social. Mais la vedette demeure Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes ; en 2017, sa fortune s’établissait à 240 millions d’euros, elle est passée à 900 millions en 2022, soit une progression de 660 millions. Bravo l’artiste ! C’est fou tout ce que ces braves gens pourraient faire pour la Bretagne…
  • Saint-Renan s’est recasé – Un ex-politicien a besoin de manger et de payer son loyer ou de rembourser l’emprunt contracté auprès de la banque pour l’achat de l’appartement. C’est ce qui arrive à Benoît Hamon qui évolue désormais dans l’humanitaire ; il est devenu directeur général de l’ONG Singa, spécialisée dans l’intégration économique des migrants – « nouveaux arrivants », préfère dire Hamon. L’an prochain, il ambitionne de lancer, pour soutenir les nouveaux projets, un fonds européen d’investissement de 100 millions d’euros. Pour cela, il fait le tour des milliardaires. Son ancien métier : « Je ne regrette rien. Mais je me tiens informé : la vie politique m’intéresse toujours. » (Challenges, 7 juillet 2022). Un fonds d’investissement pour la Bretagne serait une bonne idée. Certes les Bretons ne sont pas des « nouveaux arrivants »…
  • Le Medef a les moyens – Jeudi 7 juillet, Nicolas Sarkozy a donné une conférence au Parc Brest Expo de Penfeld à Guilers (près de Brest). Puissance invitante : le Medef du Finistère ; il paraît qu’il a parlé de son expérience personnelle en tant que Président et de géopolitique . Aux 600 patrons finistériens, il a dit ce qu’ils voulaient entendre : « Qu’ils soient fiers de ce qu’ils font ! C’est important d’être chef d’entreprise, on en a vraiment besoin… » (Le Télégramme, vendredi 8 juillet 2022). Il « a fait le job » : réponses aux questions de la salle, séance de dédicace, cocktail… Mais comme le journaliste du Télégramme manque de curiosité, nous ne saurons pas à combien se montait le cachet demandé par l’ancien président de la République pour faire son numéro ; car Sarko aime l’argent et ne travaille pas gratuitement. Et puis, les petits patrons du Finistère auraient été heureux de savoir à quoi servait leur cotisation.
  • Le Drian est optimiste – Lors d’une conférence à Saint-Brieuc, Jean-Yves Le Drian s’est adressé tout particulièrement aux entreprises agroalimentaires de la région : « La crise ukrainienne durera sans doute plusieurs années. La crise énergétique va durer ; quant à la crise alimentaire, on n’en est qu’au début ». Il a évoqué également la question de la réindustrialisation : « L’industrie, ce n’est pas caca et la réindustrialisation passe par les territoires. Car si la France est le pays européen qui a le plus désindustrialisé, c’est parce qu’il est le plus centralisé » (Ouest-France, Bretagne, mardi 5 juillet 2022). Quand il était président de la Région, Le Drian aurait pu favoriser la création d’un fonds d’investissement destiné aux PME bretonnes. Les banques et les grandes fortunes l’auraient suivi.
  • Béarn – François Bayrou n’oublie pas qu’il est maire de Pau. Il a donc transformé « un quartier longtemps délaissé situé en centre-ville, le Hédas, en une cité de sauvegarde, de promotion et de création de la culture béarnaise dans toutes ses dimensions, qu’il s’agisse d’histoire, de langue, de musique, de danse, de littérature, de cuisine… » Bayrou ne tourne pas autour du pot : « La langue et la culture béarnaise sont aujourd’hui menacées de disparition à court terme. Or, non seulement on n’a pas le droit de laisser mourir une langue et une culture, mais je suis persuadé que l’on peut empêcher cette disparition si on le décide. Je connais intimement cette langue ; j’ai aujourd’hui le pouvoir de décision : sincèrement, si je me ne m’en occupe pas, personne ne le fera. Donc, je le fais. Et vous le verrez : ce qui se prépare aujourd’hui à Pau servira d’exemple à d’autres territoires. » (L’Express, 30 juin 2022). Qu’est-ce qui interdit à François Bayrou d’inciter ses troupes à l’Assemblée nationale et au Sénat de pousser une proposition de loi favorable aux langues et cultures régionales ?
  • Elections régionales 2027 – Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional de Bretagne, ne dispose que d’une majorité relative – il lui manque deux voix ; ce qui l’oblige à être « respectueux des minorités ». A cette première difficulté vient s’en ajouter une deuxième puisqu’il est hostile à l’accord Nupes. « J’étais contre cet accord LFI-PS – dans la Nupes -, pas contre l’espoir qu’il a suscité. J’ai quitté mon parti – le PS -, j’ai dit ce que j’avais à dire. Je redis que je ne partage pas beaucoup des points du parti de M. Mélenchon. Je suis un européen convaincu, je ne suis pas fan de la désobéissance aux règles européennes, des gouvernements autoritaires d’Amérique du Sud, des effets de tribune et de violence qui ne génèrent pas d’effets positifs pour nos concitoyens mais abreuvent les colères sans trouver de solutions. Ce n’est pas ma méthode ? Oui, je l’avoue, je ne partage pas cette manière de fonctionner. » (Le Télégramme, mercredi 22 juin 2022). Tout cela est bel et bon mais, si on considère les résultats obtenus par « Méluche » à la présidentielle et par les candidats LFI aux législatives en Bretagne, on peut considérer qu’une liste « insoumise » aux élections régionales de 2027 obtiendra des élus. Et Chesnais-Girard se trouverait alors confronté à deux oppositions fonctionnant au carburant jacobin : LFI et RN – toutes les deux hostiles à ce qui peut faire avancer la cause bretonne. Vaste programme ! Surtout s’il ne dispose que d’une majorité très relative…
  • Le bateau tangue à Reconquête ! – Ancienne figure des « gilets jaunes », Jacline Mouraud avait espéré se faire élire maire de Bohal (près de Ploërmel), à défaut, elle est devenue membre du comité politique de Reconquête ! Aujourd’hui, elle songe à prendre le chemin de la sortie : « J’attends de voir ce qui se passe, et à ce jour il ne se passe rien. On n’a aucun contact avec personne. Un parti politique, c’est fait pour discuter, sinon on le laisse se perdre. Ils ont beaucoup de mal à encaisser les résultats, mais les résultats sont là. Il faut mettre son orgueil dans sa poche et écouter. » Autre question qui tracasse Jacline Mouraud : l’utilisation de l’argent à Reconquête ! La dotation publique – environ 1,5 million par an – ne donne lieu à aucune consultation. « Il faudrait que la moitié de la dotation de l’Etat ruisselle sur les fédérations. Si elles n’ont pas de moyens, tout le monde va déserter. » (Le Monde, dimanche 17-lundi 18 juillet 2022). Rappelons que, lors des élections législatives, Reconquête ! avait présenté des candidats dans les 37 circonscriptions de Bretagne. En général, le score était de 2-3 % des suffrages exprimés. On pouvait noter quelques pointes : 4,79 % pour Franck Chevrel à Vannes ; 4,05 % pour Florence Kappeler à Auray ; 4,61 % pour Thibault Perrin à Lorient ; 3,90 % pour Elisabeth Louvel à Brest-centre ; 4,03 % pour Jean-Pierre Charote à Rennes-Cesson-Sévigné ; 4,78 % pour Carol Godon à Nantes-Orvault ; 4,12 % pour Cécile Scheffen à Nantes-centre. Le maillot jaune revient à Laurent Gaudeau qui obtient 5,16 % des voix à Guérande ; il sera donc le seul en Bretagne chez Reconquête ! à être remboursé de ses frais de campagne (article L. 167 du code électoral).

Bernard Morvan

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 réponses

  1. C’est formidable tous ces grands manitous qui se remplissent les poches pendant que le peuple crève. merci mr jupiter l’amoureux des gens qui se remplissent les poches et pourfendeur des gens qui ne sont rien. Heureusement Bolloré investit dans des médias qui laissent un peu plus de place aux opinions divergentes

  2. Dire que la fortune de tel ou tel grand patron a progressé de tant de milliards, cela fait toujours son petit effet. Pourtant, vous savez bien que ces enrichissements sont purement virtuels. La fortune des grands patrons est essentiellement composée d’actions de leurs entreprises ; elle varie avec la Bourse. S’ils vendent leurs actions, les cours chutent. Viendrez-vous dire alors que la fortune d’Untel a diminué de tant de milliards ?
    A propos, êtes-vous propriétaire de votre logement ? Si oui, votre fortune a probablement progressé de 25 ou 30 % pendant le mandat d’Emmanuel Macron. Tout simplement parce que la valeur de votre logement a augmenté. Pourtant, il n’a pas changé !

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