Retour sur le Tro Breizh 2022 vécu par une participante

Nous ne sommes plus au Moyen-Age, en ces temps décrits injustement comme calamiteux tant pour les humbles que pour les riches, les manants que les bourgeois mais qui, tous, savaient se tourner vers un monde supérieur : celui du Ciel pour s’évader des misères et des désastres de leur présent qui valent bien ceux du nôtre !

En Armorique, la petite Bretagne des Ve et VIIe siècles, 7 moines venus essentiellement des Cornouailles, du Pays de Galles, d’Irlande, par delà la Manche, fuyant les envahisseurs anglo-saxons de l’ile de Bretagne firent connaître le christianisme et y convertirent des populations essentiellement païennes donc qui ne croyaient pas à rien comme trop de nos contemporains !

Ceux-ci devenus les 7 saints fondateurs de monastères , d’abbayes et d’églises sont à l’origine des diocèses qui leur sont dédiés : à Quimper… Saint Corentin, à Saint Pol de Léon…Saint Pol Aurélien, à Vannes… Saint Patern, à Dol de Bretagne …Saint Samson…, à Saint Malo… Saint Malo, à Saint-Brieuc… Saint Brieuc, à Tréguier… Saint Tugdual ; furent aussi les chasseurs du loup ou du dragon car symboles du mensonge et de la ruse que l’on « terrasse » d’où l’importance de leurs victoires auprès des autochtones y ancrant la Foi comme le fit sous une autre forme l’évêque de Quimper, Corentin !

Celui-ci s’alimentait quotidiennement d’une tranche d’un poisson vivant qui se régénérait une fois remis dans la fontaine où il était puisé, révélant ainsi la permanence de la nourriture terrestre grâce au miracle du ciel d’un repas sanctificateur !

C’est sous le règne du roi des Bretons ,Nominoë au IXe siècle que fut conçu le TRO BREIZH, ce tour d’une Bretagne de 750 à 2 000 kms excluant Vannes et Rennes qui depuis cependant en 2018 ont rejoint ce pèlerinage circulaire( le seul au monde dit-on !) à la demande des actuels organisateurs.

500 pèlerins en 2022 partent , encore en boucle chaque jour pour revenir à leur point de départ : Guimiliau en pays léonard de Pen Ar Bed (… Finistère et début de l’Occident) du lundi 1er jusqu’au samedi 6 août comme des milliers marcheurs le firent les années précédentes avant l’oppression covidesque « priant avec leurs pieds… » puisque « voyageurs expatriés allant vers un lieu de dévotion » .

Devoir sacré au moins pour les Bretons, une fois dans leur vie , sinon ceux-ci verraient leur cercueil avancer vers le Paradis ( Baradoz) que de sa longueur, une fois l’an ! Notre religion a inspiré celle de l’islam et non l’inverse !

L’an prochain, enfin le retour de l’intégralité de l’une des 7 étapes à raison d’une vingtaine de kms quotidiennement d’une cathédrale à une autre cathédrale depuis 1994 .Visionnaires autant que missionnaires Philippe Abjean, également créateur de la Vallée des Saints, et le Père Dominique de Lafforest eurent l’inspiration sacrée puisque « les pierres parlent » de nous entrainer depuis presque trente ans, à découvrir les merveilles d’un patrimoine sublime et souvent secret résultant de la créativité humaine inspirée ! En chantant cantiques et « Da Feiz hon tadou Kozh » pendant que bannières, statues de saints locaux et « Gwen ha du » ( fort peu de « Kroaz Du » ce drapeau des Croisades !) sont brandis sous le vent et la pluie parfois, tous fiers de représenter la blanche hermine d’ Anne de Bretagne… »avec au cœur la devise de ses ducs « Plutôt la mort que la souillure » !

Sept Saints… comme les sept valeurs essentielles de la tradition judéo-chrétienne mais aussi celtique ! Sept étapes sur ces chemins parsemés de croix, de calvaires, d’enclos paroissiaux, tous à la recherche de la victoire du bien sur la mal dans un renouveau de ferveur qui finit par gagner les plus profanes à une époque où la pratique religieuse de notre continent s’efface, sauf dans les communautés bien soudées… L’indispensable sel de la terre ?.

Le 6e jour de cette marche, jour de la Transfiguration, sera dédié aux enfants dans l’espoir d’une renaissance de la Foi et de la reconquête des esprits après celle des corps éprouvés les jours précédents, en les éloignant de l’information décervelante et démoralisante…

L’accompagnement par des prêtres, des bénévoles et des soignants assurent cette sérénité et cet élan de communion sacralisée par le retour quotidien vers le magnifique enclos paroissial de Guimiliau, bourg riche de son passé issu du tissage du lin, et parmi les sculptures du vaisseau de pierre, l’on devine la malheureuse Marie Stuart, reine de France exécutée par sa cousine Elisabeth d’Angleterre mais aussi sur son rétable Saint Miliau portant sa tête alors que son assassin est coiffé un turban !!!

Claudine Dupont-Tingaud

Crédit photo : DR
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4 réponses

  1. j’admire ces participants, et on nous raconte qu’il faut déconstruire le pays, faire table rase des traditions… à mon age je ne puis plus marcher plus d’une demie heure, je ne peux plus le faire que virtuellement

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