Mélenchon, La Borderie, Ruffin, Cac 40…à part ça tout va bien !

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Méluche n’aime pas la Bretagne – Au premier tour de l’élection présidentielle (10 avril), 595 504 électeurs bretons (21,44 %) ont donné leur voix à Jean-Luc Mélenchon. Nombre d’entre eux ont participé à l’affaire des « Bonnets rouges » en 2013 ; ceux qui l’ont fait n’avaient aucune raison de le faire. Rappelons en effet une phrase historique de l’immigré de Tanger : « A Quimper manifestent ceux qui veulent des salaires de misère pour les agriculteurs et le règne de la grande distribution. A Quimper, les esclaves manifestent pour les droits de leurs maîtres » (Les Dernières nouvelles d’Alsace, 3 novembre 2013) Dans la même veine, on trouve : « Les salariés des départements bretons ne doivent pas se tromper de colère ! Ils ne doivent pas aller baiser la main qui les frappe. » (communiqué du 2 novembre 2013). Notons l’existence de deux ouvrages consacrés aux « Bonnets rouges » de 1675 : « Qui étaient les Bonnets rouges ? Les révoltes bretonnes de 1675 » (Michel Nassiet, Skol Vreizh, novembre 2013) et « La révolte du papier timbré en Bretagne en 1675 » (Arthur de La Borderie, Editions Les Perséides, août 2019 – il s’agit de la réédition d’un ouvrage publié en 1884 à Saint-Brieuc). Il n’est pas inutile non plus de porter à la connaissance de Méluche cette phrase du duc d’Aiguillon, intendant de Bretagne : « J’aimerais mieux brider les ours que de gouverner les Bretons ».

Arthur de La Borderie au Faouët – Chaque année, le musée du Faouët présente une exposition temporaire portant sur un thème breton. En 2022, nous avons droit au « Portrait dans la peinture en Bretagne – XIXe et XXe siècles ». Grâce à la contribution de nombreuses collections publiques et privées, plus de deux cents portraits de paysans, de marins… et de bourgeois sont présentés. Celles et ceux qui s’intéressent plus particulièrement à l’histoire de la Bretagne remarqueront le portrait de Arthur Le Moyne de La Borderie (1827-1901), historien (le « Lavisse Breton »), fondateur de la Revue de Bretagne et de Vendée (1857), député de droite à Vitré (1871), fondateur de la Société des bibliophiles bretons et de l’histoire de Bretagne (1877), maître d’œuvre d’une monumentale Histoire de Bretagne (1897), achevée par Barthélémy Pocquet (note fournie par Joël Cornette dans « Histoire de la Bretagne et des Bretons », tome II, Seuil) ; on peut ajouter que La Borderie est le créateur du musée de Vitré et que son portrait y séjourne habituellement. Mais le meilleur demeure sa leçon d’ouverture au cours d’histoire de Bretagne car il était professeur à la faculté des lettres de Rennes (1890) : « La Bretagne est mieux qu’une province : elle est un peuple, une nation véritable et une société à part, parfaitement distincte dans ses origines, parfaitement originale dans ses éléments constitutifs… Qui donc a jamais songé à saluer nos voisins du nom de nation angevine, nation poitevine ou nation normande ? Et si quelqu’un s’avisait de parler, par exemple, du peuple manceau ou du peuple berrichon, il obtiendrait peut-être du succès, mais ce serait, je crois, un succès d’hilarité. »

Vu de Picardie – François Ruffin (LFI) est bien implanté dans la circonscription Amiens-Abbeville. Sachant parler aux classes populaires, il parvient à battre facilement au second tour de 2022 la candidate du RN (61,01 %/38,99 %). Il est sans doute le seul « insoumis » qui se permette de montrer ses désaccords avec son patron Mélenchon. « Après la présidentielle, au vu des résultats, d’un Mélenchon très fort dans les quartiers, dans les métropoles, mais plus en difficulté dans les Frances périphériques, des « gilets jaunes », j’interrogeais : on va les rechercher, ceux-là, ces territoires, ou on les abandonne au RN ? La question se pose avec encore plus d’acuité aujourd’hui.» (Le Monde, jeudi 23 juin 2022). Il persiste et signe deux mois plus tard. Interrogé sur les résultats obtenus par les insoumis dans la France périphérique et rurale, il met les pieds dans le plat : « En Picardie, je survis. Il y a trois circonscriptions dans le Limousin. Carmaux, la ville de Jaurès, est encore à gauche. Il reste des points d’appui, mais j’appelle ça des « forts Alamo ». On fait quoi ? On les défend, on nous utilise comme une pointe avancée pour repartir de l’avant ? Ou on acte, sans le dire, que nous devenons la gauche d’Ile-de-France et des métropoles ? » (L’Obs, 4 août 2022) On peut tout de suite noter que Ruffin « oublie » de parler de cette clientèle électorale que sont les immigrés. Aujourd’hui, on peut observer que les circonscriptions « riches » en immigrés sont devenus des fiefs de LFI ; c’est le cas de la Seine-Saint-Denis où LFI emporte neuf circonscriptions (Eric Coquerel, Thomas Portes, Raquel Garrido, Bastien Lachaud, Alexis Corbière, Aurélie Trouvé, Nadège Abomangoli, Clémentine Autain, Jérôme Legavre) sur douze, le PCF deux, le PS une. En Bretagne, deux députés LFI ont été élus dans des métropoles : Frédéric Mathieu à Rennes et Andy Kerbrat à Nantes. Reste le cas particulier de Mathilde Hignet à Redon. Ouvrière agricole, dynamique, jeune, elle possédait le bon profil pour une circonscription rurale – situation comparable à celle de Paul Molac à Ploërmel.

Le CAC 40 se porte bien – Il y a deux groupes qui assument de ne pas payer l’impôt sur les sociétés en France : Renault et Total. Mais Kering (Pinault) a payé, en 2021, 207 millions d’impôts sur les sociétés en France et Vivendi (Bolloré) 929. Le premier a obtenu un bénéfice net dans le monde de 3,361 milliards d’euros et le second de 24,692 milliards. L’impôt sur les sociétés dans le monde est de 1,473 milliard pour Kering et de 1,047 milliard pour Vivendi. On notera que Kering possède plusieurs marques à l’étranger (Gucci, Bottega Veneta, Alexander McQueen, etc.). Conséquence : la famille Pinault règle en France, en proportion de ses bénéfices un impôt moitié moindre que la famille Arnault qui détient LVMH (1,851 milliard d’euros pour l’impôt sur les sociétés en 2021) ; cette dernière a décidé de « maintenir au pays ses joyaux » (Christian Dior, Guerlain, Céline, Christian Lacroix, Givenchy, etc.). On apprendra également avec intérêt que la rémunération globale de Carlos Tavarès, directeur général de Stellantis (Peugeot, Fiat, Chrysler, Citroën…), atteint 66 millions d’euros (19 millions en 2021, plus 47 millions répartis sur les quatre années suivantes). En 2021, les bénéfices réalisés par les groupes du CAC 40 représentaient 174 milliards d’euros (L’Obs, 14 juillet 2022)

Bernard Morvan

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2 réponses à “Mélenchon, La Borderie, Ruffin, Cac 40…à part ça tout va bien !”

  1. Pschitt dit :

    Quand Ruffin envisage, parlant de LFI : « ou on acte, sans le dire, que nous devenons la gauche d’Ile-de-France et des métropoles ? », il parle « sans le dire » de la clientèle électorale originaire de l’immigration qui se concentre dans ces zones ! Ruffin ne ravage pas du tout la langue de bois : il choisit celle qu’il parle.

  2. patphil dit :

    les quelques votants mélanchonistes que je connais l’ont surtout fait pour éliminer les candidats macronistes , alors le vote d’adhésion, mon oeil! seul ruffin est épargné car lui croit en sa mission de défense du petit peuple français

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