Crise énergétique. Une trentaine de piscines publiques ferment leurs portes en raison de l’inflation

piscines

La hausse spectaculaire des prix de l’énergie commence à impacter réellement le quotidien des Français. En début de semaine, une trentaine de piscines gérées par la société Vert Marine sont restées fermées, le délégataire de service public expliquant qu’il ne pouvait plus faire face à cette inflation.

Une trentaine de piscines fermées en raison du prix de l’énergie

La rentrée s’annonçait mouvementée en France : la promesse est d’ores et déjà tenue. Lundi 5 septembre, plusieurs dizaines de piscines publiques et de centres aquatiques de l’Hexagone ont ainsi maintenu leurs portes fermées en raison de l’explosion des prix de l’énergie.

En effet, le groupe Vert Marine a décidé de fermer « pour une durée temporaire » une trentaine de bassins représentant environ un tiers de ses établissements. La société a indiqué dans un communiqué que l’inflation en matière d’énergie rendait tout simplement impossible leur exploitation. Quant aux employés concernés, ils ont été placés en « chômage partiel » par Vert Marine, qui embauche au total environ 2 000 personnes.

Si la France compte quelques 4000 piscines publiques, environ 10 % d’entre elles ne sont pas gérées directement par la collectivité mais par une délégation de service public. Généralement chauffés au gaz, ces établissements consomment beaucoup d’énergie et figurent donc parmi les premiers impactés par la flambée des prix.

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©Vert Marine

Augmenter les tarifs : une solution (pour l’instant) écartée

Sur l’impact de cette inflation, le délégataire de service public précise que sa facture énergétique est passée de « 15 à 100 millions d’euros » avec un prix du mégawatt/heure qui a été multiplié par dix depuis le mois de janvier 2022. Une somme qui représente « la totalité du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise ». Dans ces conditions, la fermeture des piscines et centres aquatiques apparaît comme l’unique solution.

La seule option se présentant pour l’instant à Vert Marine consisterait à multiplier les tarifs au public par trois, ce que se refuse à faire la société. À savoir par ailleurs que, dans certains contrats de délégation passés entre cette dernière et les collectivités, le coût de l’énergie n’est pas compris.

Dans sa communication, Vert Marine en appelle ainsi « aux instances locales et gouvernementales afin de prendre les décisions nécessaires et inédites pour revenir à des coûts supportables de l’énergie et permettre d’assumer les obligations de service public, et en premier lieu l’apprentissage de la natation notamment en milieu scolaire ».

D’autres fermetures de piscines à venir ?

Suite à ces annonces de fermeture des piscines alors que le mois de septembre est tout juste entamé, à quoi peuvent s’attendre les Français au cours des prochains mois ? Après la récente mise en garde du président de la République Emmanuel Macron sur une énigmatique « fin de l’abondance », il y a fort à parier que d’autres établissements pourraient eux aussi garder porte close l’hiver prochain. Ce qu’a confirmé l’association France Urbaine, entité regroupant les métropoles et les grandes villes, en affirmant qu’environ 10 % de ces collectivités envisageraient des fermetures de piscines cet hiver.

D’autres établissements pourraient quant à eux opter pour des solutions intermédiaires consistant par exemple à réduire les plages horaires d’ouverture mais aussi à mettre en place des fermetures partielles ou encore à baisser la température de l’eau dans les bassins afin de réduire la facture énergétique.

Enfin, certaines collectivités comme Limoges Métropole envisagent des poursuites judiciaires à l’encontre du groupe Vert Marine en raison de la fermeture soudaine des piscines concernées afin de forcer la société à rouvrir les établissements. D’autres collectivités ambitionnent quant à elles de reprendre en charge la gestion de leur piscine, mettant fin à la délégation. Mais, quand bien même ces mesures à court terme pourraient permettre à certains bassins de reprendre une activité normale, la question de l’inflation énergétique devrait rapidement refaire surface dans les prochaines semaines…

Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
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Une réponse

  1. Pénuries énergétiques et enchérissement parfaitement planifiés et volontaires :

    -« L’Opep annonce une réduction cataclysmique de sa production en octobre
    L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), réunie le 5 septembre à Vienne, a annoncé qu’elle réduirait sa production de 100 000 barils par jour en octobre.
    Cette décision, prise avec par l’OPEP avec ses associés (dont la Russie), intervient alors qu’ils constatent une baisse des prix en juillet et août due à un ralentissement de l’économie mondiale. Il s’agit donc d’équilibrer l’offre à la demande.
    Cependant, le prix du gaz s’est subitement envolé avec l’arrêt pour maintenance du gazoduc Nord Stream. Bien sûr, si le pétrole et le gaz sont deux sources d’énergie, ils ne sont pas interchangeables. »

    Nos ultra-bourgeois font leur révolution comme en 1788-1789, à l’époque aussi ils organisaient des pénuries et famines volontaires !

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