Les Français et l’Histoire, un intérêt toujours aussi important ?

À la demande du magazine L’Histoire, Harris Interactive a interrogé un échantillon représentatif de la population française sur leur rapport à l’Histoire. Quel est le rapport des Français à l’Histoire ? Quelles sont les personnalités historiques qui suscitent le plus d’intérêt ?

Le rapport complet à télécharger ici

Les principaux enseignements de l’enquête

De manière générale, les Français font part d’un intérêt prononcé pour l’Histoire, en particulier pour l’Histoire de France (83%), du monde (78%) ou de leur ville ou région (75%). Un intérêt pour ces différents pans de l’Histoire en hausse depuis 2019. D’ailleurs, 93% des Français déclarent s’intéresser à au moins une des facettes de l’Histoire et la moitié d’entre eux indiquent s’intéresser à toutes (49%).

Pour s’informer sur l’Histoire, les Français placent surtout leur confiance dans des sources institutionnelles : les musées (94% leur font confiance), les livres d’histoire (91%) et les médias spécialisés (87% pour les chaines télévisées spécialisées, 84% pour la presse spécialisée). En revanche, les canaux digitaux comme les podcasts (47%), les vidéos de vulgarisation sur Youtube (37%) ou les comptes spécialisés sur les réseaux sociaux (31%) suscitent plus de défiance de la part des Français. Des niveaux de confiance qui varient selon l’âge, les plus jeunes faisant état de davantage de confiance envers les outils numériques que leurs ainés.

Lorsqu’on interroge les Français sur leur période historique favorite, on constate que le niveau d’intérêt croit avec la récence de la période : plus de 8 Français sur 10 déclarent être intéressés par les époques contemporaine (82%) et moderne (81%), et plus de 7 sur 10 par le Moyen-Âge (76%) et l’Antiquité (71%). 63% des Français font tout de même état d’un intérêt pour la Préhistoire.

Parmi le peu de personnages proposés aux sondés, les Français privilégieraient des entretiens avec des figures politiques comme le Général De Gaulle (18%), Simone Veil (16%) ou Napoléon Bonaparte (16%). Relevons que si les hommes souhaiteraient davantage échanger avec des figures masculines comme le Général De Gaulle (22%) ou Napoléon Bonaparte (21%), les femmes privilégieraient des figures féminines comme Simone Veil (24%) ou Marie Curie (19%). Des résultats qui varient également selon l’âge car si les Français âgés de 50 ans et plus font part d’un intérêt plus important pour les hommes d’Etat (Général De Gaulle : 21%, Napoléon Bonaparte : 18%), les moins de 35 ans souhaiteraient davantage converser avec des personnalités féminines (Simone Veil : 19%, Jeanne d’Arc : 16%).

Concernant les évènements marquants de l’Histoire de France, ceux survenus pendant l’époque contemporaine sont les plus cités : la Révolution française (53%), la Seconde Guerre Mondiale (50%) et la Première Guerre Mondiale (36%) sont les 3 évènements les plus mis en avant par les Français. Des évènements dont le caractère marquant est perçu différemment selon le sexe, les femmes accordant davantage d’importance que les hommes à la Première Guerre Mondiale (39% vs 33%), à Mai 1968 (17% vs 12%), à l’abolition de l’esclavage (19% vs 10%) ou aux lois Jules Ferry (15% vs 9%). Des différences qui s’observent également selon l’âge ou le niveau de diplôme. Par exemple, les plus jeunes et ceux disposant d’un niveau de diplôme supérieur à Bac+2 mettent davantage en avant l’importance de l’abolition de l’esclavage que les autres.

Cet intérêt des Français pour l’Histoire se traduit par l’importance que ces derniers lui accordent : plus de 9 sur 10 déclarent que l’Histoire est nécessaire pour appréhender le monde contemporain, que ce soit pour comprendre les racines culturelles des sociétés (94%) ou disposer d’une bonne culture générale (94%). Une importance accordée à l’Histoire en hausse depuis 2019 et encore plus prononcée chez les Français les plus âgés et ceux disposant d’un niveau de diplôme supérieur à Bac+2.

Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 15 au 20 juillet 2022 auprès d’un échantillon de 1 120 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et taille d’agglomération de l’interviewé(e).

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

3 réponses

  1. C’est vrai apprendre l’Histoire et la comprendre c’est formidable mais il faut se méfier du « roman national » qui fait l’impasse sur beaucoup de pans de l’histoire nationale ; En plus impasse sur l’histoire des régions et leur rattachement « voulu » au centralisme français. L’enseignement de ces histoires a toujours été négligée voire interdite.
    Breton et revendiqué comme tel, je me suis intéressé à l’histoire de mon pays quand j’ai décrypté et compris ce que voulait dire un écriteau à l’arrière d’un voiture : « SOUVENEZ-VOUS DE 1488″ qui faisait allusion à la bataille de St Aubin du Cormier » et donc à la fin de la liberté pour la Bretagne.
    La révolution française n’a pas amélioré l’Histoire….

  2. L’ histoire n’est plus enseignée dans l’ enseignement piblic, et les champions rapportés dans ce sondage doivent leur notoriété au bourrage de crâne politique qui est effectué : de Gaulle, Simone Weil, l’esclavage, la révolution francaise, Jules Ferry etc.
    Autrement, Vercingétorix, Clovis, Henry IV, Louis XIV, etc. et aussi Cugnot, Champolion, Victor Hugo, Louis Renault, Latécoère etc. figureraient au palmarès.
    La réalité est que seuls les Français les plus âgés connaissent encore l’histoire de France et que la jeunesse est très ignorante.

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