Nantes. Un viol, deux Soudanais et Johanna Rolland (PS)…

Le mot-clé des élites nantaises s’appelle attractivité. « Très prisée et réputée pour sa douceur de vivre, son dynamisme économique et culturel, Nantes continue d’attirer chaque année une foule de nouveaux arrivants. Entre 2013 et 2018, la ville a gagné plus de 47 000 habitants dont la majorité a choisi de résider en plein centre-ville. La crise du Covid n’a fait que renforcer cette attractivité. » (Challenges, 4 novembre 2021). « Nantes, tout un art ! Qualité de vie, esprit jeune, festif… et alternatif. Quelle ville peut se targuer d’avoir organisé la première conférence nationale de la vie nocturne ? Nantes. Ici on fait des barbecues collectifs sur les quais, des potagers urbains sur les ronds-points, des nuits électroniques dans des friches… Et, surtout, on crée. Beaucoup. Partout. » (L’Obs, 6 juin 2017). « Nantes. Régulièrement classée parmi les villes où il fait bon vivre en France. » (M Le magazine du Monde, 17 février 2018). Mais ce n’est pas tout : « Nantes est la métropole la plus attractive pour les entreprises » (Challenges, 10 novembre 2021). Selon le site internet spécialisé Atabula, la cité des ducs de Bretagne est la ville la plus agréable en termes d’offre culinaire en Bretagne (Presse Océan, dimanche 23 juin 2019). Pour Arthur Loyd, premier réseau national de conseil en immobilier d’entreprise, Nantes est la ville la plus attractive dans la catégorie « grandes métropoles » devant Rennes et Grenoble (Ouest-France, Bretagne, jeudi 7 novembre 2019). Situation merveilleuse, à tel point que « Nantes Saint-Nazaire Développement, qui accompagne 80 projets « exogènes » par an, a cessé de prospecter tous azimuts afin de cibler cinq secteurs clés : le numérique, les secteurs culturels et créatifs, la santé, le nautisme et les énergies marines. » (Les Echos, jeudi 17 octobre 2019).

C’est donc le Paradis sur terre chez Johanna Rolland, maire de Nantes. « La métropole nantaise gagne, en moyenne, 8 700 habitants supplémentaires chaque année. Une croissance démographique portée à 57 % par l’apport migratoire. Sur ces 8 700 nouveaux Nantais, 5 000 proviennent donc de l’extérieur, principalement pour y occuper un emploi ou poursuivre des études supérieures. » (Ouest-France, Nantes, vendredi 21 février 2020). Mais il y a une ombre au tableau : « Les jeunes, eux aussi, placent la sécurité au premier rang dans leurs choix, insiste le Nantais Loïc Cantin, président adjoint de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). A quoi cela sert-il de vivre en ville si vous ne pouvez pas profiter d’elle ? » Et de poursuivre : « L’insécurité est dans la bouche de tous les Nantais. Le phénomène est né il y a dix à quinze ans. Il s’accélère. Cela aura un impact sur l’immobilier. » (Presse Océan, lundi 31 janvier 2022).

Le 38 rue Watteau est très recherché

Une question mérite d’être posée : les « 8 700 habitants supplémentaires » qui arrivent chaque année à Nantes viennent-ils tous pour occuper un emploi ou pour poursuivre des études supérieures ? Il suffit d’effectuer un tour dans le quartier des Dervallières, par exemple, pour comprendre que la population locale ne fréquente pas l’Université. Là, les plus malins des étrangers-migrants-réfugiés ont créé leur « petite entreprise » qui « ne craint pas la crise » : le trafic de drogue. Et c’est la guerre entre les différentes bandes pour le contrôle des meilleurs points de deal – par exemple le 38 rue Watteau. On utilise donc les grands moyens et la kalachnikov devient de plus en plus l’« ultima ratio regis ». Quant aux habitants, ils finissent par s’habituer aux fusillades.

Mais l’immigration ne nourrit pas seulement les trafics et les affrontements qui fleurissent dans les « quartiers populaires » – langage politiquement correct -, elle se manifeste également dans le centre-ville – en particulier dans deux quartiers (Commerce et l’Île de Nantes) – où la vie est devenue intenable pour les employés des bars et des restaurants qui quittent leur lieu de travail tard le soir ; les agressions y sont devenues la règle. Par souci d’« apaisement » (sic), la municipalité et la presse locale ont pour habitude de minimiser la délinquance, même pour des faits graves. Par exemple, on évite d’indiquer la nationalité de l’homme arrêté par la police, on ne dévoile pas son identité ; on appelle cela le « service minimum ». De toute manière, pour Johanna Rolland, les problèmes proviennent exclusivement du trafic de stupéfiants, pas de l’immigration… Deux patrons de bar (Bouffay et Graslin) pointent du doigt les jeunes migrants – mineurs ou non – qui zonent jour et nuit. « S’il y a un lien entre immigration et violence ? Il n’y a que dans le monde des bisounours que l’on pose la question », s’insurge l’un d’eux. « Ils n’ont plus rien à perdre, ils sont alcoolisés ou drogués. Et ils n’ont pas peur car ils ne risquent rien. » (Le Télégramme, samedi 1er octobre 2022). Les policiers complètent volontiers cette constatation : « Nantes est une ville bien pensante qui accueille beaucoup d’associations et de personnes favorables à l’accueil de migrants, mais sans mettre les moyens qui vont en face pour les accueillir » (Le Télégramme, samedi 1er octobre 2022).

Pour les Nantais, cette situation relevait de la routine jusqu’à ce que survienne la goutte qui fait déborder le vase. Samedi 24 septembre, sur l’esplanade dite des Machines de l’île, une femme de 40 ans est agressée puis violée par deux immigrés de 17 et 27 ans. La victime se rendait chez une amie, les deux individus « la rattrapent, semblent vouloir lui voler son téléphone, la frappent, la mettent au sol et commencent à la dénuder ». « Il s’agit de deux hommes de nationalité soudanaise en situation régulière », poursuit le procureur. Les deux hommes arrivés en France il y a plusieurs années sont des « réfugiés ». Ils ont été mis en examen pour « viol aggravé par deux circonstances (en réunion et en état d’ivresse manifeste), agression sexuelle aggravée, vol en réunion avec violences, violences aggravées » (Presse Océan, mardi 27 septembre 2022). Il paraît qu’ils risquent vingt ans de réclusion criminelle. On fait confiance aux associations qui soutiennent les immigrés pour leur trouver de bons avocats – grâce à l’aide judiciaire – qui s’empresseront d’expliquer que ce sont des victimes… L’air breton ne leur convient pas et ils ont le mal du pays !

Rolland le dit : « La situation est grave »

Johanna Rolland a la phrase qui convient pour décrire cette affaire et les autres qui marquent la vie nantaise (fusillades, meurtre, rapt…) : « La situation est grave. L’Etat doit prendre la mesure de ce qu’il se passe à Nantes » (Ouest-France, Loire-Atlantique, jeudi 29 septembre 2022). Le procureur de la République, Renaud Gaudeul, résume avec des chiffres la situation : depuis janvier, l’agglomération a subi « trente-neuf usages d’armes à feu qui n’ont pas toujours donné lieu à des blessés ». En 2019, les armes avaient parlé soixante-quatre fois (Ouest-France, vendredi 30 septembre 2022).

Après cette semaine agitée, l’association « Sécurité nocturne Nantes » (S2N) a organisé une manifestation contre l’insécurité (samedi 1er octobre). Des commerçants du centre-ville, des conducteurs de la Semitan, des riverains ont témoigné des agressions dont ils ont été victimes. Dans le cortège, on ne voit pas les banderoles habituelles « CGT, FO, FSU, Solidaires… ». Absence des éco-féministes du conseil municipal, absence des militants de gauche qui luttent « contre toutes les discriminations », absence de Catherine Libault (présidente de l’association « Accompagnement migrants intégration »), absence d’Andy Kerbrat (député de la circonscription), absence de Ségolène Amiot (LGBTI+), absence de Pascal Bolo (adjoint à la sécurité)… Il est vrai que le monde du petit commerce n’appartient pas à la clientèle électorale de la gauche. Les revendications de S2N sont présentées par Guillaume, l’animateur de l’association : « Nous ne lâcherons pas. Nous demandons plus de policiers municipaux, sept jours sur sept et 24 heures sur 24, on ne peut pas dire que la police municipale ne sert à rien. Nous demandons plus de caméras et un éclairage public pour certaines rues. » (Presse Océan, dimanche 2 octobre 2022).

Bollo le reconnaît : « Une rentrée un peu difficile »

Certains manifestants ne se contentent pas de scander « Johanna, bouge-toi !», ils développent un discours plus radical : « J’habite dans le quartier du Jardin des Fonderies depuis douze ans, raconte une dame d’une soixantaine d’années. Depuis cinq ans, il y a plein de migrants qui se battent, insultent les habitants… Je n’ose plus sortir le soir. C’est la faute de Johanna Rolland. C’est elle qui leur a dit de venir… » (Dimanche Ouest-France, Loire-Atlantique, 2 octobre 2022). Autre message adressé au maire par Fayçal, ancien conducteur de bus : « Il faut en finir avec le déni. Et arrêter avec la politique cosmétique » (Dimanche Ouest-France, Loire-Atlantique, 2 octobre 2022). Avec Pascal Bolo, nous avons droit à un discours foireux comme savent le faire les élus de gauche dès qu’ils sont confrontés au problème de la délinquance engendrée par l’immigration : « Il y a une réalité de l’insécurité le soir à Nantes. On ne peut pas sortir de manière aussi paisible qu’il y a quelques années. Avec, dans un contexte d’amélioration globale, une rentrée un peu difficile » (Le Télégramme, mercredi 28 septembre 2022). Mais Bolo est capable de se surpasser à propos de l’armement des policiers municipaux : « L’affichage d’un armement létal n’est pas une bonne chose pour la fonction d’apaisement allouée aux policiers municipaux » (Le Télégramme, mercredi 28 septembre 2022).

Alors chacun se débrouille comme il peut. C’est le cas d’Agathe Samson, venue de Perros-Guirec, pour suivre des études de LEA à Nantes : « J’habite en plein centre depuis un an et j’ai pris un boulot dans un restaurant cet été. Je rentre à pied après 23 heures et j’adapte mon trajet pour ne pas passer par la place du Commerce. Même en journée, je privilégie les petites rues et j’évite les axes près du tramway, où on se fait facilement accoster. Ma patronne m’a proposé une bombe à poivre tout récemment. Pour l’instant, j’ai refusé. » (Le Télégramme, lundi 3 octobre 2022). Mais il faut aussi lire les journalistes extérieurs qui sont capables de distiller quelques vérités. Ainsi Philippe Créhange qui commence par constater que « la cité des ducs de Bretagne qui, à grands coups de plan de communication, s’est façonné ce style hype, branché, numérique, ouvert sur le monde (…) est malade depuis déjà plusieurs années ». Parmi les responsables, il voit « la gauche locale qui, verrouillée dans des alliances pour certaines contre-nature, mettra par exemple neuf ans (2014-2023) pour péniblement doubler ses effectifs de police municipale, soit une moyenne de dix recrutements … par an » (Le Télégramme, samedi 1er octobre 2022)

Evidemment, les « acteurs économiques » pleurnichent ; ils redoutent que la ville sorte de cette « séquence compliquée » avec une image durablement altérée. « Cela risque de mettre à bas tout le travail que l’on fait depuis des années pour renforcer son attractivité », craint Hugues Frioux, vice-président de la CCI (Presse Océan, samedi 1er octobre 2022). Tant qu’il n’est pas agressé et une femme de sa famille ou de son entourage violée, tout va bien ! L’« attractivité » d’abord… La bourgeoisie d’affaires et le « petit peuple » n’ont pas les mêmes soucis…

Bernard Morvan

Johanna Rolland déconne

Lors d’un point de presse improvisé sur un coin de trottoir des Dervallières où un mineur de 17 ans venait d’être fauché par une salve tirée en pleine poitrine, le maire de Nantes avait eu cette phrase formidable : « Jamais la police municipale, parce que ce n’est pas son travail, ne pourra empêcher un viol de rue aussi terrible, insoutenable et dramatique soit-il. » Donc, si on comprend bien, les policiers municipaux restent spectateurs car ce n’est pas leur « travail »… Propos qui mettent ces derniers en colère. « Bien entendu, intervenir pour empêcher un viol fait partie de nos missions, souligne Laurent Desgens, secrétaire général de la section FO police municipale à Nantes. En cas d’agression en flagrance, c’est notre devoir de nous interposer pour stopper l’infraction. » C’est même celui de n’importe quel citoyen en vertu du code de procédure pénale. « Nous sommes des professionnels, poursuit-il. Nous sommes formés pour neutraliser l’agresseur. » (Presse Océan, samedi 1eroctobre 2022). Et comme la police municipale nantaise n’est pas armée, Johanna Rolland ne peut pas reprendre à son compte l’affirmation de Jean-Luc Mélenchon : « La police tue ».

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4 réponses

  1. La ville de Nantes à certes de nombreux atouts, ce qui l’a évidemment fait prospérer depuis quelques décennies. Mais que lui manque-t-il pour poursuivre cette embellie?
    Il lui faut un maire digne de ce nom , et non pas un ersatz de type Mme Rolland sans charisme ni envergure se conformant aux dogmes gauchistes prônant l’immigration massive sans en mesurer les conséquences. Ce maire est une calamité pour qui l’argent n’est jamais un soucis! (Il tombe du ciel!) Elle n’est pas non plus une rareté, car pour tout bon citoyen; est un bon maire celui qui distribue des subventions et favorise tout projet somptueux ,bénéfique ou non! Je suis Nantais depuis plus de 30ans, je ne reconnais plus ma ville! Oui le remplacement est en cours! Il faut être aveugle pour ne pas constater. J’ai eu vingt ans dans cette ville ,personne n’urinait ou crachait dans les rues. C’est un spectacle permanent aujourd’hui, cela me rappelle mes séjours studieux à Tunis ou Bamako, ou j’ai même vu une femme déféquer sur un boulevard. C’est pour bientôt chez nous!

  2. Ce n’est pas nécessaire de demander davantage de policiers et de caméras: il faut surtout diminuer les arrivées d’éléments indésirables et EXPULSER les étrangers délinquants! La ville de Nice, qui possède beaucoup de caméras ,n’a pas empêché un terroriste musulman de faire un carnage un 14 juillet! Quant aux policiers: ils sont la cible des tirs de mortiers d’artifice, de tirs à la kalachnikovs parce qu’ils n’ont pas le pouvoir d’agir!

  3. ben quoi ? le haut commissaire au plan, Bayrou, réclamait l’importation de 10 millions de migrants, virils, pour faire remonter le taux de natalité en europe! c’est le cas, non?

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