AVC (Accident Vasculaire Cérébral). Le point sur les avancées de la recherche médicale française

Alors qu’un accident vasculaire cérébral survient toutes les 4 minutes en France, voici un point sur les avancées de la recherche clinique française sur les traitements préventifs et curatifs des AVC. 

Une interview réalisée par Strokelink avec la collaboration des Pr Charlotte Cordonnier (Neurologue CHU de Lille, coordinatrice StrokeLink), Pr Jean-Marc Olivot (Neurologue CHU de Toulouse, Co coordonateur StrokeLink), Pr Isabelle Bonan (Présidente de la SOFMER*, CHU de Rennes), Pr Karim TAZAROURTE (Président de la SFMU**, CHU de Lyon) et Pr Benjamin GORY (Neuroradiologue, CHRU de Nancy).

Qu’est-ce qu’un AVC ? Combien de patients sont touchés par les AVC en France et dans le monde ?

L’AVC (Accident Vasculaire Cérébral) est la première cause de handicap physique acquis de l’adulte et première cause de mortalité chez la femme en France. Chaque année en France, environ 150 000 personnes sont victimes d’un AVC, c’est-à-dire qu’un AVC survient toutes les 4 minutes ! Environ 30% des patients décèdent dans l’année suivant leur AVC, et 70% en garderont des séquelles invalidantes. C’est un véritable problème de santé publique.

Il existe deux grands types d’AVC : les AVC ischémiques ou infarctus du cerveau (80% des cas) consécutifs à l’obstruction d’une artère cérébrale ; et les AVC hémorragiques (20% des cas) dus à une rupture d’un vaisseau sanguin cérébral.

Véritable urgence médicale, l’AVC nécessité une prise en charge immédiate pour limiter les séquelles : CHAQUE MINUTE COMPTE !

En France, nous disposons d’une filière de prise en charge qui débute par l’appel à la régulation centre 15 afin d’amener le plus vite possible le patient dans une des 130 unités neurovasculaires, spécialisées dans la prise en charge des AVC, réparties sur l’ensemble du territoire et ouvertes 24h/24 et 7j/7.

Quels traitements ou solutions existe-t-il actuellement pour ces patients ?

Les traitements dépendent du type d’AVC, et la décision sera prise après une imagerie du cerveau (scanner ou IRM).

Dans le cas d’une obstruction d’une artère du cerveau (infarctus cérébral), un traitement pourra être injecté pour dissoudre le caillot (thrombolyse intraveineuse) et dans le cas de l’obstruction d‘une grosse artère, les neuroradiologues interventionnels iront attraper le caillot en circulant à l’intérieur des vaisseaux. Ces traitements ont révolutionné le pronostic des patients ayant un infarctus cérébral : 40% des patients traités par thrombolyse puis thrombectomie mécanique n’ont pas de séquelles de l’AVC à la sortie de l’hôpital.

Après la sortie de l’hôpital, des traitements seront prescrits afin d’éviter une récidive. Ils seront adaptés à la cause de l’AVC et des facteurs de risque vasculaires du patient (hypertension artérielle, excès de cholestérol, diabète, …).
Pour réapprendre à marcher, parler etc, les patients seront pris en charge en rééducation, élément essentiel pour limiter les séquelles. En 2022, l’AVC n’est plus une fatalité.

Comment prévenir le risque d’AVC ?

Il existe plusieurs facteurs de risque tels que l’obésité, le tabagisme, le cholestérol, … Le premier étant l’hypertension artérielle, il est conseillé de contrôler sa pression artérielle car plus de 50% des hypertendus ignorent qu’ils le sont. Globalement, il est conseillé d’adopter un mode de vie sain et de manger équilibré (fruits et légumes, poissons et viandes blanches, plats faits maisons), en limitant sa consommation d’alcool, en arrêtant de fumer et en pratiquant une activité physique régulière.

Quel est le rôle de STROKELINK ?

Le réseau StrokeLink est le réseau national multidisciplinaire de recherche clinique spécialisé dans l’Accident Vasculaire Cérébral. Labellisé F-CRIN en 2022, il a pour rôle de faciliter la conception, le financement et l’organisation d’études de recherche et d’essais cliniques sur le thème de l’AVC.

StrokeLink implique des unités de recherche fondamentales couplées à des services hospitaliers dans les domaines de la neurologie, de l’urgence, de la neuroradiologie interventionnelle et diagnostique, de la neurochirurgie, de la neuroanesthésie, et de la rééducation. Ce réseau multidisciplinaire offre l’infrastructure nécessaire pour initier et coordonner avec succès des essais cliniques industriels et académiques ambitieux.

Quels sont les essais cliniques en cours sur les AVC auxquels participe STROKELINK ?

En 2022, nous participons à plusieurs études dont une étude mondiale portant sur la prise en charge en urgence des hémorragies cérébrales (TICH3-Fr), et une étude visant à évaluer le bénéfice de la thrombectomie chez les patients victimes d’un infarctus cérébral étendu avec une pénombre ischémique significative*** (FRAME LP).

D’autres études débuteront dès 2023, notamment pour étudier des nouvelles molécules permettant de diminuer le risque de récidive des infarctus cérébraux en collaboration avec des partenaires industriels.
La recherche sur les AVC requière une collaboration au niveau international. Notre réseau intègre dès cette année le réseau européen de recherche sur les AVC (ESOTA), ce qui permettra aux patients français d’avoir rapidement accès aux thérapeutiques innovantes développées au sein des consortiums européens.

En quoi l’année 2022 est-elle stratégique pour les AVC ?

Faire émerger un réseau de recherche rassemblant tous les acteurs de la prise en charge des AVC est un formidable espoir pour les personnes victimes d’AVC. En collaboration avec les sociétés savantes, une sensibilisation de la population est indispensable. Chaque citoyen doit pouvoir reconnaitre les signes d’un AVC (les signes apparaissent soudainement, un seul signe suffit : V – visage déformé ; I – inertie d’un membre ; T = trouble de la parole ; E – En urgence, appeler le 15) car pour limiter les séquelles : chaque minute compte _ VITE le 15.

Quel est l’apport du réseau F-CRIN pour la maladie ?

Sur le plan de la recherche en pathologie neurovasculaire, notre réseau accompagne désormais toutes les étapes du développement de projets de recherche clinique sur les AVC. Ce label nous permet d’augmenter la visibilité des équipes de recherche sur le thème de l’AVC et place la France dans un riche écosystème international. L’intégration dans l’Infrastructure nationale F-CRIN a également ouvert des possibilités de collaboration avec les autres réseaux labélisés pour lesquels nous partageons des thématiques communes.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

2 réponses

  1. IL SUFFIT CET OBSTINATION A NOUS FAIRE CROIRE QUE NOUS SOMMES IMMORTELS !!!
    réseau, associations etc….. on vous ment car si DIEU LE VEUT vous avez le secours je vous relate un souvenir des années 80 OU SE METTAIT EN PLACE LA MEDECINE DE REANIMATIO LES SMUR
    QUI SONT PARTIS DE TOULOUSE GRENOBLE PARIS (cher dR MENTHONNEX)
    un monsieur nous appel pou son père 82 ans nous fonçons et sortons toute notre panoplie le monsieur a vécu 1/2 heure et s’est éteint je vous laisse imaginer ce sentiment de toute puissance que nous avons éprouvés !!! mais quand la route est terminée elle est terminée st AUGUSTIN le dit LUI SEUL VOUS CONNAIT !!! alors veiller a être meilleur
    AMITIES

  2. La mortalité par trombose a fait un bond suite aux caillots de sang provoqués par les injections de vaccins ARNm ( et non ARNm ). Les professeurs ne parlent pas de cette progression.

    Rappelons que la mise à pied des 15.000 médecins, infirmiers etc. a entraîné la fin de soins médicaux. D’où une hausse de la mortalité en France, par cette décision gouvernementale tyrannique et la complicité des dirigeants des ordres médicaux et des syndicats professionnels.

    https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/10/16/josee-soignante-suspendue-des-soignants-ont-pleure-avant-detre-vaccines-ils-navaient-pas-le-choix/

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