Pays-Bas. Pour réduire les émissions d’azote, le gouvernement veut fermer 3 000 exploitations agricoles, y compris par des « rachats obligatoires » [Vidéo]

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, pour réduire les émissions d’oxydes d’azote, l’État veut imposer la fermeture de près de 3 000 exploitations agricoles. Pour cela, il propose notamment de racheter ces dernières, et ce, de façon obligatoire s’il le faut.

Des rachats forcés d’exportations agricoles par l’État hollandais

Le gouvernement néerlandais propose de racheter jusqu’à 3 000 exploitations agricoles « polluantes » afin de réduire les émissions d’ammoniac et d’oxyde d’azote, présentées comme illégales au regard de la législation européenne. L’objectif étant de diviser par deux ces émissions d’azote d’ici 2030. Dans le pays, l’agriculture serait responsable de près de la moitié des volumes d’azote émis.

Le ministre de l’Environnement et de la Politique de l’azote, Christianne van der Wal, a déclaré devant les députés néerlandais le 25 novembre dernier que certains agriculteurs se verraient proposer par l’État des offres de rachat de leur exploitation agricole d’un montant « largement supérieur » à la valeur de ces dernières.

Ainsi, les propriétaires de ces près de 3 000 exploitations agricoles vont donc se voir imposer un ultimatum les contraignant à choisir entre plusieurs options : innover pour réduire radicalement les émissions, passer à un nouveau type d’activité, s’étendre de manière à réduire leur impact, se délocaliser ou « arrêter volontairement ».

Si cette chasse aux installations « polluantes » n’est pas nouvelle dans le pays, la révolte des agriculteurs hollandais ayant marqué l’été 2022, le gouvernement de centre-droit de Mark Rutte a déclaré pour la première fois que des rachats forcés suivraient l’année prochaine si les mesures volontaires échouaient.

Pays-Bas : et si la colère des fermiers ne s’achetait pas ?

Si d’autres entreprises décrites comme « polluantes » sont également dans le viseur des autorités, ce sont principalement les agriculteurs qui sont la cible de cette charge environnementale.

Concernant ces potentiels achats obligatoires d’exploitations agricoles, Christianne van der Wal a déclaré qu’il n’y aurait pas de « meilleure offre à venir » de la part du gouvernement aux propriétaires de ces entreprises. Et le ministre d’ajouter que ces achats contraints seraient effectués avec « de la douleur dans le cœur », si nécessaire.

Les exploitations agricoles susceptibles d’être rachetées par l’État néerlandais sont situées à proximité de réserves naturelles tandis que le ministère de l’Environnement et de la Politique de l’azote dispose d’une enveloppe d’un peu plus de 24 milliards d’euros pour financer ces acquisitions.

Mais, après plusieurs mois de tensions et de manifestations en Hollande suite à l’annonce, en juin dernier, du premier plan de réduction des émissions, il n’est absolument pas certain que ces nouvelles déclarations au sujet d’une indemnisation potentiellement « forcée » des agriculteurs néerlandais moyennant un rachat de leur exploitation permettent d’apaiser la situation.

Dans un pays comptant environ 53 000 exploitations agricoles, ces 3 000 fermes supprimées conduiraient alors à réduire le nombre d’exploitations de 5 %. Les fermes visées par cette politique de lutte contre les émissions d’azote sont essentiellement des élevages laitiers et porcins. Le gouvernement hollandais envisage de réduire à terme le cheptel de 30 à 50 %.

Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
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