Il y a aussi des « extrêmes » à La Baule

« On ne peut pas mettre au même niveau Emmanuel Macron et la droite extrême. Notre parti a toujours été étanche aux extrêmes », insiste Franck Louvrier, maire de La Baule et président de la fédération de Loire-Atlantique des LR (Ouest-France, Loire-Atlantique, mardi 13 décembre 2022). Pourtant, lorsqu’on examine les chiffres, on ne peut pas considérer que La Baule soit totalement « étanche aux extrêmes ». Au premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen y obtient 1945 voix (15,18 % des suffrages exprimés) et arrive en seconde position derrière Emmanuel Macron (4919 voix, 38,40 %). Au second tour, la candidate « extrême » monte à 3829 voix (31,72 %).

Au premier tour des élections législatives, la candidate du RN, Laurence Le Page, parvient à récupérer 1014 voix (11,28 %) à La Baule, ce qui la place derrière Véronique Mahé (PCF-Nupes) qui totalise 1147 voix (12,76 %). Conclusion : les électeurs « extrêmes » existent aussi dans la cité de Louvrier ; il n’y a pas que les familles aisées qui occupent le front de mer, en particulier du côté de la plage Benoit – là où se trouvent les deux villas de Valérie Pécresse. Il faut aussi compter avec celles et ceux qui travaillent dans l’hôtellerie, dans la restauration, dans les services, chez les artisans. Et même à la Ville où on voit les agents municipaux faire grève à l’appel de la CFTC ; ils sont 150 à se rassembler devant la mairie. Le mot d’ordre de la CFTC : « Dénoncer un mépris, un management autoritaire. Défendre le pouvoir d’achat. Demander le remplacement des arrêts maladie. Dénoncer la dégradation des outils de travail. Défendre l’expertise des agents. » (Ouest-France, Saint-Nazaire, mercredi 7 décembre 2022). A coup sûr, les employés et les ouvriers votent davantage pour les « extrêmes » que pour Macron. Même à La Baule…

Bernard Morvan

Crédit photo : DR

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5 réponses

  1. Pas du tout certain que le vote « extrême » à La Baule soit le fait d’employés et d’ouvriers. D’ailleurs, la grève d’agents municipaux que vous citez a été lancée par un syndicat « modéré ». En ce qui concerne le vote Nupes, il faudrait sans doute regarder du côté des nouveaux résidents « bobos » de la génération du « baby boom » (retraités sexagénaires aisés, pleins de compassion pour le « peuple » mais qui préfèrent habiter la plage Benoît plutôt que la Seine-Saint-Denis).

  2. Ces LR véritables moulins à vent et le vent souffle sur la côte, traitent tous ceux qui ne pensent pas comme eux d’extrêmes. Parce que eux justement sont insipides, sans couleurs et sans saveurs, au bout d’un moment ce sera le rejet complet de ces retourneurs de veste

  3. faite joujou avec les mots le REEL notre PAYS est en souffrance et ce depuis que l’on joue avec des promesses que l’on ne tient pas !!! l’ALTERNANCE comme cerise sur la gâteau pour nous faire gober que certains détiennent la solution même vous les hauts scientifiques NUL n’est a l’abri de se tromper !!!
    doite/gauche même bazare !!!
    n’entrez pas dans les systèmes !! quel’ils soient

  4. En réponse ( un peu ) à Pschitt ( orange ou citron ? ) je peux lui dire qu’en tant que boomer je n’ai voté ni pour la NUPES ni pour Macron comme pas mal de retraités aisés. De plus, ma retraite de professionnel libéral ne me permet guère de viser les plages bourgeoises de La Baule, Biarritz ou Cannes….je reconnais que notre époque ne connaissait ni le chômage ni l’insécurité mais 27 mois de service militaire en Allemagne, les 2 Bacs avec un niveau plus haut que les 90% de reçus et la méritocratie à tous les étages ! Ce qu’on regrette le plus, c’est cette formidable liberté qu’on a connu et qu’on enlève de plus en plus à la jeunesse d’aujourd’hui…..
    L’Etat des lieux du pays démontre qu’aucune ville ou région n’est épargnée par les extrèmes politiques ( ils sont légaux ) mais surtout par les trafficants de drogue, les islamistes, et les délinquants.

  5. Le réflexe macronard de disqualifier toute alternative à la politique désastreuse menée par le pouvoir actuel fonctionne de moins en moins. Face aux difficultés croissantes qu’ils rencontrent dans leur vie quotidienne, les électeurs sont de plus en plus difficiles à duper. M. Louvrier a raison de s’inquiéter pour sa sinécure : la crise atteint désormais même la plage Benoît et les beaux quartiers.

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