Vigiles clandestins, salariés pas déclarés : six semaines de fermeture administrative pour une boîte de nuit à Nantes

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La discothèque le Royal, au pied de la butte de Chantenay, va avoir le temps de se mettre aux normes – six semaines de fermeture administrative lui ont été notifiées le 22 avril dernier par la préfecture de Loire-Atlantique.

Il faut reconnaître que l’établissement a fait fort – lors d’un contrôle des Douanes, de l’URSSAF et du groupe interministériel de recherches le 28 janvier dernier à 2h30, les agents ont trouvé cinq salariés non déclarés – que des policiers en tenue ont retrouvé dans le même établissement la nuit suivante.

Par ailleurs lors du contrôle nocturne, un membre du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) était sur place pour vérifier la situation des vigiles – certains établissements sont tentés de prendre des vigiles musclés, qu’ils aient ou non le droit d’exercer, en les payant au noir. Visiblement, ceux qui ont été trouvés sur place, sans carte professionnelle du CNAPS, n’avaient pas le droit d’exercer. Cerise sur la bouteille de champ’ – deux étaient en situation irrégulière.

Des avis éloquents sur le web

Sur le web, les avis laissés par des clients sont tout à fait édifiants. « Prix d’entrée et des bouteilles à la tête du client. Ne rend jamais la monnaie. Propos déplacés », écrit une cliente en février dernier. En octobre dernier, « remarques déplacées envers les femmes […] patron bourré à chaque fin de soirée […] et je ne parle même pas des rumeurs internes… paient pas leurs dettes, arnaquent les orga[nisations] sur les entrées […] A dénoncer ». Le même mois, une autre cliente témoigne : « juste une catastrophe, le patron toujours alcoolisé qui se bat avec la clientèle, coup de pied dans la tête ».

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A propos des videurs, en juillet 2021 : « je suis choqué par l’agressivité et la violence du personnel qui plus est sans raison et face à des filles qui n’ont forcément pas la même force physique […] elles ont été giflées et étranglées par le videur à lunettes, il a aussi cassé volontairement le téléphone de l’une d’entre elles ».

Au moins une plainte d’une cliente tabassée ?

Un autre avis de novembre 2019 d’un client ne laisse pas indifférent : « videur super violent ! Pour une suspicion de vols moi et ma copine nous avons été roués de coups (hématome, gazés, lunettes cassées, insulte ma copine de tous les noms) ». Sa copine aurait porté plainte et lui a fait une main courante.

Quelques mois plus tard, en février 2020, juste avant Covid – preuve que les problèmes ne datent pas d’hier : « quelle expérience ! Déjà dans la file d’attente très très jeune on s’étonne du nombre de personnes dédiées à la sécurité de l’établissement […] avant d’entrer on observe de nouveau les hommes de la sécurité fouiller les hommes qui entrent. C’est étonnant et pas très légal tout ça […] et vu l’odeur de drogue qui se diffuse à l’extérieur, on ne doute plus de ce qui se passe à l’intérieur ».

Une tentative d’incendie criminel en janvier 2020

L’ambiance dedans avait fait parler d’elle – dans la nuit du 21 au 22 janvier 2020, dans une ville de Nantes encore loin de se douter qu’elle serait confinée à peine deux mois plus tard, plusieurs individus vêtus de noir ont jeté un engin incendiaire à l’entrée de la discothèque, fermée. Les flammes se sont rapidement propagées au toit du préau et devant l’entrée, mais les pompiers avaient réussi à éteindre rapidement le feu. Les incendiaires étaient partis en courant – et ils courent toujours.

Un client tabassé par les videurs en décembre 2015

Le Royal avait fait honneur à nos colonnes le 24 décembre 2015 – un petit cadeau de Noël pour expliquer qu’un client affirmait avoir été « lourdement tabassé par les videurs de l’établissement samedi matin [le 19 décembre] Au point de perdre plusieurs dents, et d’obtenir, en premier lieu, plus de 15 jours d’ITT ».

La victime explique dans nos colonnes qu’un videur s’est énervé qu’une fille aille malencontreusement aux toilettes hommes, vers cinq heures du matin, et a bousculé des gens. Alors qu’il s’en étonne auprès d’un videur, il subit un déchaînement de violence : « j’ai tout de suite pris énormément de coups, j’ai été jeté dans le sas d’entrée. Mes amis étaient bloqués à l’intérieur, pendant que moi, mis dehors, ils m’ont gazé avec une grenade lacrymogène. Puis j’ai continué à prendre des coups, mais j’ai réussi à partir. Pourtant un peu plus loin, alors que je n’y voyais pas grand chose, j’ai commencé à reprendre des coups, et à nouveau de la bombe lacrymogène ».

Selon la victime, « les videurs auraient fait usage d’une bombe lacrymogène de type Goliath (300 ml) et pis encore, de matraques télescopiques pour le frapper ». Sur les réseaux sociaux, de nombreux clients révèlent la violence toute particulière – et visiblement habituelle – des videurs alors.

Reste à savoir où étaient les pouvoirs publics depuis 2015…

Emilie Lambert

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 réponses à “Vigiles clandestins, salariés pas déclarés : six semaines de fermeture administrative pour une boîte de nuit à Nantes”

  1. @lincho dit :

    Et vous continuez à fréquenter ce haut lieu de la diversité ??? mdr …

  2. Francis dit :

    Qu’allaient-t-Ils faire dans cette galère.?

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