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L’Italie réaffirme son non à l’éducation sexuelle à l’école. Victoire en demi-teinte

La ruse n’aura pas suffi. Même en ayant camouflé le projet sous le titre d'”éducation à la sentimentalité”, en Italie, l’enseignement de la sexualité sur les bancs de l’école ne passe pas : le gouvernement de centre droit s’y est de nouveau opposé. Le bruit des dérives qui ont eu lieu dans les 10 pays sur 25 qui, en Europe, l’ont adopté aurait-t-il traversé les Alpes ? Une décision à saluer, mais qui ne résout hélas pas un problème criant.

Tant qu’il y aura la Lega au gouvernement, la propagande gender dans les écoles, ne passera pas !” avait déclaré Rossano Sasso, député du gouvernement Meloni. C’était quelques jours avant que le pays ne soit encore une fois secoué par un glaçant fait divers, celui de l’énième jeune fille assassinée par son ex-petit ami qui ne supportait pas leur séparation. Le sujet de l’éducation sexuelle à l’école revenait en force, la frange progressiste politico-médiatique jouant sur l’amalgame et établissant un lien de causalité entre la “culture patriarcale” et le meurtre de la jeune fille, Giulia Cecchetti.

Et de réclamer “une éducation aux émotions, au respect et au consensus” autour des relations amoureuses, ce qui passerait nécessairement par…. une une loi d’apprentissage de la sexualité à l’école ! On comprend bien qu’encore une fois, on joue sur l’émotion qu’entraîne un abominable fait divers pour imposer un agenda. Le Mouvement 5 étoiles avait quant à lui demandé l’introduction de l’éducation sexuelle dans les classes dès 6 ans. Pour les progressistes, la mesure doit passer, la sexualisation d’enfants toujours plus jeunes est une “question de civilisation”. Certains ont même osé prétendre que quiconque s’oppose à l’éducation sexuelle obligatoire en classe défend le “patriarcat” et justifie par là le meurtre de Giulia Cecchetti. Et malheureusement cela fonctionne : pour les étudiants des classes supérieures, les deux choses sont intrinsèquement liées. Selon un sondage Durex (sic) reprit par le Huffington Post, 94% d’entre eux appellent de leurs vœux de tels cours. Tant pis si l’éducation est dans l’ensemble aux mains de professeurs femmes, que l’on peut difficilement accuser de perpétuer la culture patriarcale, et tant pis pour les dérives et les bambins traumatisés… qu’ils ignorent probablement.

Les dérives des cours d’éducation à la sexualité sont une réalité

On peut donc parler d’une victoire en demi-teinte. D’une part, car le thème semble en Italie plus qu’ailleurs polariser le corps social sur un schéma qui, sur le long terme, ne pourra avoir l’avantage : de “vieux” réactionnaires et l’église d’un côté, de l’autre les forces du “progrès” et de “l’ouverture d’esprit”… qui détiennent les médias et l’enseignement, donc la jeunesse. D’autre part, car il n’y a pas que l’intromission de la propagande LGBT et la sexualisation trop précoce des enfants dans cette affaire. Si nous sommes d’accord pour affirmer que ce n’est pas à l’État d’aborder un sujet aussi sensible qui relève exclusivement du cadre familial, force est de constater qu’avec la démission de parents qui ont renoncé à toute forme d’éducation et l’accès illimité à la pornographie, le problème se pose. Les cas de géniteurs laissant un smartphone à leur rejeton de 10 ans sans jamais en limiter, orienter ou vérifier le contenu sont, hélas bien réels. Tout comme les mineurs accrocs à la pornographie… dès l’école élémentaire. La porte d’entrée vers la sexualité est désormais l’écran. Dès lors, les questions restent : quand les parents sont démissionnaires, que faire ? Et surtout : pourquoi ne pas restreindre l’accès aux sites X ?

Le rapport sur la pornographie rendu par le Sénat français en janvier 2023 est pourtant sans ambages :”la délégation s’alarme tout particulièrement de l’accès facilité, démultiplié et massif des mineurs et des adultes à des contenus pornographiques de plus en plus violents et toxiques.” Or, absolument rien n’est fait pour en borner concrètement l’accès aux seuls adultes, et ce alors que des mesures existent. Or, un simple clic sur “j’affirme avoir plus de 18 ans” suffi encore pour pouvoir visionner le sexe le plus déviant, violent, irréel, sexiste… Si ce n’était gravissime, c’en serait risible.

Audrey D’Aguanno

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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3 réponses à “L’Italie réaffirme son non à l’éducation sexuelle à l’école. Victoire en demi-teinte”

  1. TIGRE dit :

    Avant de faire mine d’être scandalisé et de faire semblant de vouloir veiller sur l’enfance et les adolescents, que l’Etat BLOQUE, car il en a tous les moyens informatiques , absolument TOUS LES SITES PORNOGRAPHIQUES, et le problème sera définitivement résolu. Les déséquilibrés pourront toujours aller dans quelques cinémas spécialisés …. pour éviter qu’ils ne se défoulent sur la population .
    Mais, 1 question se pose, et là se situe le vrai problème, certains de nos élites politiques ne seraient – ils pas accros eux- mèmes, sournoisement et en toute discrétion ?

    • Vincent dit :

      Vous avez raison, d’autant que quand il s’agit de bloquer des médias qui dérangent, tout d’un coup c’est très facile.

      Il n’y a donc AUCUNE volonté de faire cesser les ravages que provoque la pornographie, aucune.

  2. VORONINE dit :

    Je me souviens d’avoir vu une vidéo de l’assemblée dite “nationale “, ou , en séance un député visionnait le site PORN UB…. que peut on espérer de telles créatures ?

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