Agression filmée à Loudéac : douze lycéens poursuivis, un dossier qui interroge sur la violence juvénile et l’effet des réseaux sociaux

L’agression d’un jeune élève près du lycée Fulgence-Bienvenüe, en septembre dernier, avait choqué Loudéac et bien au-delà. Douze mineurs seront jugés début 2026 pour violences en réunion, certains pour préméditation.

L’affaire avait bouleversé la Bretagne rurale. Le 17 septembre 2025, une violente agression, filmée puis largement diffusée sur les réseaux sociaux, s’était déroulée aux abords du lycée Fulgence-Bienvenüe, à Loudéac (Côtes-d’Armor). Sur la vidéo, un adolescent est roué de coups par plusieurs jeunes, sous les yeux de témoins impuissants.

Deux mois plus tard, le parquet de Saint-Brieuc a annoncé que douze mineurs âgés de 15 à 17 ans seront jugés pour ces faits en février et mars 2026. Tous étaient jusque-là inconnus de la justice.

Une expédition punitive sur fond de rumeur

Selon le procureur de la République, Julien Wattebled, les violences auraient été préméditées par une partie du groupe. Les adolescents mis en cause auraient organisé une véritable expédition punitive sur la base de “simples rumeurs non vérifiées”.
Les enquêteurs de la gendarmerie de Loudéac, saisis dès les premières heures après la diffusion des images, ont rapidement identifié les protagonistes. Le 3 novembre, les douze jeunes ont été placés en garde à vue. Tous ont reconnu leur participation, à divers degrés, aux faits reprochés.

Des comparutions dans deux juridictions

Six des prévenus, domiciliés dans les Côtes-d’Armor, comparaîtront devant le tribunal pour enfants de Saint-Brieuc le 4 février 2026.
Cinq autres, originaires du Morbihan, seront jugés à Lorient le 13 mars 2026.
Un dernier, âgé de 15 ans et considéré comme l’instigateur principal, a été déféré devant le procureur de la République. Il a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de paraître à Loudéac, d’entrer en contact avec la victime ou les autres mis en cause, et obligation de respecter un couvre-feu strict.

Les douze adolescents seront jugés pour violences volontaires en réunion ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, commises aux abords d’un établissement scolaire. Pour quatre d’entre eux, la circonstance aggravante de préméditation est retenue.
Ils encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement. Tous demeurent présumés innocents jusqu’à la décision du tribunal.

Une onde de choc à Loudéac

L’affaire a provoqué une forte émotion dans la commune. Dès octobre, les élèves impliqués ont été exclus définitivement de l’établissement à l’issue d’un conseil de discipline. Les enseignants comme les parents d’élèves ont dénoncé une escalade de la violence entre jeunes et la banalisation des humiliations filmées et relayées sur les réseaux.

Ce drame local s’ajoute à une série d’agressions scolaires survenues en France ces derniers mois, souvent filmées et partagées en ligne. Des faits qui posent à nouveau la question du rôle des réseaux sociaux dans la culture de la violence spectaculaire et la perte de repères chez certains adolescents.

Crédit photo : DR

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5 réponses à “Agression filmée à Loudéac : douze lycéens poursuivis, un dossier qui interroge sur la violence juvénile et l’effet des réseaux sociaux”

  1. petitjean dit :

    Quand va-t-on sanctionner les parents de ces crapules ?

  2. Jacques BRACQUEMONT dit :

    Comme c’ est étonnant…

  3. RAYMOND NEVEU dit :

    Mort de rire…interdiction de comparaître…d’accord mais…Justice seigneuriale, peu coûteuse, rapide, efficace…par d’appel devant les chiottes européens! Les parents marqués à vie par le bourreau
    biens confisqués ils deviendront des « klask e bara » Et tout le mode saura que la Justice existe!

  4. Jean-louis Garnier dit :

    Après lecture on ne sait rien ni des causes réelles ou virtuelles de cette agression, ni des agresseurs et de l’agressé. Article inutile car n’apporte rien à la compréhension des faits

  5. Rycart dit :

    Rien de neuf sous la pluie bretonne !
    Dans les années 1920, des jeunes de Concarneau « se tapaient sur la gueule » avec d’autres jeunes de Lorient ou de Quimper sans, parfois, savoir pourquoi !
    Seule différence : les smartphones !

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