Texas : le procureur général accuse des médecins d’avoir financé des traitements transgenres illégaux sur mineurs avec de l’argent public

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Au Texas, une affaire judiciaire relance le débat sur les traitements médicaux liés à la transidentité chez les mineurs. Le procureur général de l’État, Ken Paxton, a annoncé l’élargissement d’une plainte déposée en 2024 contre deux médecins, accusés d’avoir prescrit des traitements hormonaux à des adolescents en violation de la loi texane, tout en utilisant des fonds publics issus du système de santé.

De nouvelles accusations de fraude médicale

Selon le bureau du procureur général, de nouveaux éléments de preuve ont conduit à l’ajout de chefs d’accusation pour fraude au système de santé contre deux praticiens : May Lau et M. Brett Cooper. Tous deux sont soupçonnés d’avoir prescrit à des mineurs des traitements hormonaux liés à des procédures de transition de genre, malgré l’interdiction en vigueur dans l’État du Texas.

Ken Paxton affirme que ces prescriptions concernaient « des dizaines » de mineurs et qu’elles auraient été dissimulées aux pharmacies, aux assurances et aux autorités sanitaires par des pratiques jugées trompeuses. Le procureur général a déclaré vouloir utiliser « tous les moyens juridiques disponibles » pour faire cesser ces pratiques et obtenir réparation financière.

Les poursuites engagées reposent notamment sur le Texas Health Care Program Fraud Prevention Act. Selon le bureau du procureur général, il s’agirait des premières actions en justice de ce type visant des médecins accusés d’avoir pratiqué des traitements transgenres sur des mineurs tout en contournant les mécanismes de contrôle du système de santé.

L’État du Texas réclame le remboursement de trois fois le montant facturé pour ces actes médicaux, ainsi que l’imposition de sanctions civiles supplémentaires.

Des prescriptions dissimulées, selon l’accusation

Dans le cas de M. Brett Cooper, médecin basé à Dallas, la plainte affirme qu’il aurait prescrit de la testostérone à des adolescentes âgées d’à peine 14 ans. Les documents judiciaires soutiennent que ces prescriptions auraient été volontairement dissimulées sous d’autres diagnostics afin de masquer leur objectif réel, à savoir la transition de genre ou l’affirmation d’une identité de genre différente du sexe biologique.

Le texte de la plainte évoque des dossiers médicaux falsifiés, des codes de diagnostic modifiés et des informations de facturation trompeuses. Le praticien avait par ailleurs critiqué publiquement la loi texane interdisant ces traitements sur mineurs, la qualifiant de décision idéologique.

L’autre médecin visée, May Lau, est accusée de faits similaires, notamment d’avoir prescrit de la testostérone à des adolescentes et des œstrogènes à un mineur de sexe masculin. En octobre dernier, elle a renoncé à sa licence médicale dans le cadre de la procédure en cours.

Selon la plainte, ces prescriptions auraient mis « en danger la santé et la sécurité des mineurs » et enfreint la législation de l’État.

La défense conteste fermement les accusations

Par l’intermédiaire de ses avocats, May Lau conteste l’ensemble des accusations portées contre elle. Son équipe juridique affirme que les déclarations du procureur général sont « fausses sur tous les points essentiels » et dénonce une stratégie visant à influencer l’opinion publique et les futurs jurés.

La défense soutient que la médecin a respecté l’ensemble des lois fédérales et étatiques, qu’aucun traitement n’a été imposé aux patients et que les soins prodigués relevaient de la pratique médicale autorisée. Elle met également en avant la reconnaissance professionnelle dont bénéficiait la praticienne avant cette affaire.

L’affaire illustre les tensions persistantes aux États-Unis autour des traitements médicaux liés à la transidentité chez les mineurs, en particulier dans les États ayant adopté des législations restrictives. Elle pose également la question de l’utilisation des fonds publics, notamment ceux de Medicaid, dans un contexte de contrôle accru des dépenses de santé.

Les procédures judiciaires sont toujours en cours et aucune décision définitive n’a encore été rendue.

Illustration : DR
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