Il y a un an, les milices islamistes d’Ahmed al-Sharaa entraient dans Damas et mettaient fin à un demi-siècle de pouvoir baasiste. La presse occidentale a parlé de « chute du régime », certains ont parlé de « printemps syrien tardif ». Dans les faits, un pouvoir autoritaire a été remplacé par un pouvoir islamiste, adossé à une galaxie jihadiste héritière d’Al-Qaïda.
Cette victoire, célébrée comme une libération par une partie de la diaspora syrienne, aurait dû – si l’on en croit tous les discours officiels tenus en Europe depuis dix ans – ouvrir la voie à un retour massif des « réfugiés ». Le tyran est tombé, le pays est « libéré », la révolution a gagné : la logique la plus élémentaire voudrait que les exilés rentrent participer à la reconstruction de leur patrie.
Ce n’est pas ce qui se passe. Et c’est là que commence le scandale.
Question simple, que personne n’ose poser : si la Syrie est enfin devenue ce qu’ils souhaitaient, qu’est-ce qu’ils font encore ici ?
Pendant des années, les gouvernements européens ont expliqué à leurs peuples que ces Syriens ne pouvaient absolument pas rentrer chez eux parce que le pays était un enfer de barils d’explosifs, de torture et de répression. On nous a répété que « dès que la paix reviendra, ils repartiront ».
La paix, du moins une forme de cessez-le-feu sous bannière islamiste, est revenue à Damas. Ce n’est plus le régime honni qui tient la capitale, ce sont les « révolutionnaires » dont beaucoup des exilés se réclamaient déjà sur les réseaux sociaux. Et pourtant, les chiffres montrent que les retours sont dérisoires, alors que les arrivées continuent.
Il faut avoir le courage de le dire : pour une fraction non négligeable de cette immigration, la Syrie n’était pas un refuge impossible, c’est l’Europe qui était un jackpot.
Vrais réfugiés, faux exilés et lâcheté européenne
Soyons clairs : il existe de vrais réfugiés syriens. Les chrétiens du « Vallon des chrétiens », les minorités non sunnites, les familles directement ciblées par les factions islamistes au pouvoir à Damas vivent un cauchemar. Le nouveau régime a laissé derrière lui des églises profanées, des enlèvements, des massacres ciblés. Ceux-là ont toutes les raisons du monde de ne pas remettre un pied en Syrie tant que l’emprise islamiste n’aura pas reculé.
Mais ce ne sont pas ceux que l’on a pu voir parfois manifester dans nos rues, drapeaux de l’« émancipation » à la main.
L’Europe a un devoir évident envers les chrétiens d’Orient, envers ceux qui sont persécutés parce qu’ils résistent à la loi des milices. Elle n’a aucune obligation morale d’héberger à perpétuité des supporters de la chariatisation de la Syrie. Ceux qui acclament le nouveau pouvoir islamiste ont désormais un État à leur image : qu’ils aillent y vivre, qu’ils en assument les conséquences, mais qu’ils cessent de transformer le continent européen en base arrière confortable.
Ce que nous révèle ce premier anniversaire, c’est la lâcheté d’une classe politique européenne qui refuse de trancher. Elle continue, mécaniquement, à renouveler les titres de séjour, à fermer les yeux sur une présence qui n’a plus aucune justification au regard du discours compassionnel utilisé pendant des années.
L’asile n’est pas un aller simple pour la colonisation silencieuse
L’asile, historiquement, c’est un refuge temporaire, accordé à des personnes persécutées, jusqu’à ce que la situation se stabilise dans leur pays d’origine. Ce que nous avons créé avec le dossier syrien, c’est tout autre chose : un mécanisme de remplacement démographique à sens unique, maquillé en devoir humanitaire.
Lorsque ceux qui se disaient « contraints » de fuir un dictateur refusent de rentrer après la chute du dictateur, la conclusion est sans appel : leur projet n’est pas la survie, c’est l’installation. Ce n’est plus un refuge, c’est une conquête.
Et il faut le dire sans trembler : cette installation se fait au détriment des peuples européens, de leurs identités, de leurs droits, de leur sécurité.
L’asile ne doit pas devenir un billet aller simple vers une colonisation silencieuse. Ce n’est ni de la haine, ni de la vengeance : c’est de l’hygiène civilisationnelle. Un peuple qui n’est plus capable de dire « tu n’as rien à faire ici » à ceux qui parfois le méprisent a déjà commencé à mourir.
Nous devons rompre avec la religion des droits-de-l’hommistes qui prétend que toute frontière est un crime et que toute exigence de loyauté est une dérive autoritaire. Un continent qui n’ose plus choisir ses hôtes est un continent en train de devenir une zone.
Soit l’Europe redevient une civilisation, soit elle reste un dortoir
Le cas syrien, un an après la chute de Damas, est un test décisif. Si, même dans ce cas-là, les gouvernements européens n’osent pas organiser le retour de ceux qui fuyaient un régime qui n’existe plus, alors plus personne ne croira à la fable du « refuge temporaire ». Tout le monde aura compris qu’il s’agit en réalité d’une recomposition démographique programmée, assumée en coulisses, niée en public.
L’Europe doit choisir ce qu’elle veut être.
Une civilisation consciente de ses racines, capable de dire oui à ceux qui la rejoignent pour la défendre, et non à ceux qui viennent la transformer contre sa volonté. Ou un simple dortoir mondialisé, ouvert à tous les vents, où des foules issues de conflits lointains rejouent leurs guerres entre deux bureaux de la CAF et une manif pro-emirat sur la place centrale.
La Syrie d’Ahmed al-Sharaa est devenue la patrie idéale des syriens ? Très bien. Alors le temps est venu, pour une bonne partie des Syriens d’Europe, de retourner au pays.
Illustration : DR
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2 réponses à “Syrie « libérée », un an après : et si les migrants Syriens retournaient enfin dans leur pays ? [L’Agora]”
La remigration doit être rendue désirable par des incitations de toutes sortes .
Dites vous même dans les pays du golfe .
Ils ne veulent pas de ces pseudo réfugiés
Pour redevenir ce que nous étions hier, il faudra être intransigeant et savoir être cassant comme le Général de Gaulle à la Libération …..qui sera capable de cette tâche surhumaine ??