Assurance habitation : en 2026, la facture s’alourdit, avec de fortes inégalités territoriales

L’année 2026 s’ouvre sur une nouvelle hausse des tarifs de l’assurance habitation. Selon une étude nationale ACHEEL fondée sur plus de 200 000 contrats analysés sur plusieurs années, les ménages français devront faire face à une augmentation moyenne comprise entre 6 % et 8 %, soit environ 25 euros supplémentaires par foyer et par an. Une progression significative, d’autant plus marquante que l’inflation générale a, elle, ralenti.

Cette évolution tarifaire s’explique principalement par la multiplication des sinistres liés aux événements climatiques. Tempêtes, inondations, épisodes de sécheresse ou fortes pluies pèsent de plus en plus lourdement sur les coûts supportés par les assureurs. En quelques décennies, le coût annuel des catastrophes naturelles est passé d’environ 5 milliards d’euros dans les années 1980 à près de 6 milliards d’euros aujourd’hui, une tendance qui ne montre aucun signe de ralentissement

Des écarts de prix du simple au double selon les villes

Au-delà de la hausse générale, l’étude met surtout en lumière de profondes disparités territoriales. À garanties équivalentes, le coût d’une assurance habitation peut varier du simple au double selon la ville de résidence. Les grandes métropoles concentrent les primes les plus élevées, en raison d’une exposition accrue aux cambriolages, aux actes de vandalisme et à la densité urbaine.

Paris arrive en tête du classement avec une prime annuelle moyenne dépassant 188 euros, suivie de communes de la petite couronne comme Montreuil ou Boulogne-Billancourt. Marseille, Nice ou Nîmes figurent également parmi les villes les plus chères, combinant risques climatiques et forte sinistralité urbaine.

À l’inverse, plusieurs villes de l’Ouest et du Centre affichent des tarifs nettement plus contenus. Rennes, Angers ou Brest figurent parmi les grandes villes où l’assurance habitation reste la plus abordable, avec des primes annuelles avoisinant ou légèrement supérieures à 100 euros. Une différence qui représente, sur une année, l’équivalent de plusieurs mois de factures d’énergie ou de télécommunications pour un foyer.

La Bretagne parmi les régions les moins chères

L’analyse régionale confirme ces contrastes. Pour les appartements, la Bretagne apparaît comme la région la moins chère, avec une prime annuelle moyenne autour de 107 euros, contre plus de 166 euros en Île-de-France. Pour les maisons, l’écart reste marqué : environ 190 euros en Bretagne, contre plus de 280 euros en Provence-Alpes-Côte d’Azur, soit près de 50 % de différence

Ces écarts s’expliquent par une combinaison de facteurs : exposition aux risques climatiques, densité de population, niveau de sinistralité, mais aussi inflation du coût des réparations. Le renchérissement des matériaux de construction et de la main-d’œuvre alourdit mécaniquement chaque sinistre, même mineur, et se répercute sur les primes.

Un nouvel enjeu de pouvoir d’achat

Derrière la question assurantielle se dessine un enjeu plus large de pouvoir d’achat et d’inégalités territoriales. Selon l’étude, certains ménages paient presque deux fois plus cher leur assurance habitation simplement en raison de leur lieu de résidence. Une réalité qui pèse davantage sur les foyers urbains et sur les régions déjà confrontées à une forte pression fiscale et immobilière.

Face à cette situation, la question n’est plus seulement celle du prix, mais aussi celle de l’adaptation des garanties et de la prévention face aux risques climatiques. L’assurance habitation tend ainsi à devenir un indicateur discret mais révélateur des fractures territoriales françaises, entre zones densément urbanisées, fortement exposées, et territoires plus préservés, comme l’Ouest du pays

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5 réponses à “Assurance habitation : en 2026, la facture s’alourdit, avec de fortes inégalités territoriales”

  1. T. Gwilhmod dit :

    Il est bon de rappeler que si vous êtes propriétaire et pas en co-propriété, vous n’êtes pas obligé d’assurer votre bien immobilier. Si vous le louez il est quand même sage de le faire et c’est déductible.

  2. guillemot dit :

    Est ce que dans l augmentation du coût des assurances pour dérèglement climatique entrent les milliards de dépenses pour réparer les multiples dégradations faites par les « sauvageons » comme disait Chevènement?

  3. Coup Franc dit :

    Pour une fois la Province a un avantage sur les très grandes villes villes…Les assurances des indépendants augmentent aussi, 500€ de plus pour une assurance pro d’avocat ! Les RCP des médecins anesthésistes et obstétriciens explosent…assurances auto idem…Electricité pareil, taxe foncière au plus haut, denrées alimentaires en hausse permanente…Les Mutuelles suivent le mouvement, les honoraires médicaux et dépassements aussi, seule baisse au programme : Le niveau de vie et pouvoir d’achat des français.

  4. Yvette dit :

    @guillemot : c’est marqué dans l’article… Mais c’est surtout les dégâts liés au réchauffement climatique qui coûtent le plus cher.

  5. RAYMOND NEVEU dit :

    Jadis (au XVIIe) un fonds d’assurances était créé par des armateurs, des négociants des nobles du lieu pour assurer un navire de commerce qui filait aux Indes, Occidentales ou Orientales ou vers les côtes d’Afrique peuplées de féroces cannibales qui en ces temps-là restaient chez eux et cette assurance dédommageait les armateurs et…la famille de l’équipage car …solidarité des gens de mer!!! On ne laisse pas les humbles si utiles de côté! Aujourd’hui sous l’influence de la City les compagnies d’assurances sont d’abord des pompes à fric à la sauce puritano-protestante de Wall Street!

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