Par une décision rendue le 31 décembre 2025, le Conseil d’État a validé l’utilisation de l’écriture dite inclusive sur des plaques commémoratives installées à l’Hôtel de Ville de Paris. Cette décision met un terme à un contentieux engagé par l’association Francophonie Avenir, qui demandait le retrait de deux plaques modifiées en 2021 lors d’un inventaire mené par la municipalité.
Les plaques concernées rendent hommage aux « président·e·s du Conseil de Paris » et aux « conseiller·e·s de Paris ayant accompli plus de vingt-cinq ans de mandat ». L’association requérante estimait que l’usage du point médian ne respectait pas les règles de la langue française et portait atteinte à son intégrité. Le tribunal administratif de Paris, puis la cour administrative d’appel, avaient rejeté cette demande, considérant qu’aucun texte n’interdisait explicitement ce type de graphie dans ce contexte.
Une validation juridique sans trancher le fond linguistique
Saisi en dernier ressort, le Conseil d’État a confirmé cette analyse. Dans sa décision, il a jugé que l’écriture inclusive ne constituait pas « l’usage d’une autre langue que le français », mais relevait d’une graphie particulière. Il a estimé que la cour administrative d’appel n’avait commis « aucune erreur de droit » en autorisant le maintien des plaques. La haute juridiction administrative n’a toutefois pas pris position sur le fond linguistique ou culturel du débat, se limitant à une appréciation strictement juridique.
Cette décision s’inscrit dans un cadre réglementaire déjà ambigu. Une circulaire publiée en novembre 2017 par le Premier ministre Édouard Philippe interdisait l’usage de l’écriture inclusive dans les actes administratifs officiels, en rappelant que « le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser ».
Cette circulaire précisait néanmoins que cette interdiction ne s’appliquait qu’aux textes réglementaires et administratifs, laissant en dehors de son champ les plaques commémoratives.

Source : CNews
L’Académie française dénonce une atteinte au patrimoine linguistique
La réaction de l’Académie française a été immédiate. Dans un communiqué publié le 9 janvier 2026, l’institution rappelle que « la langue française est un élément fondamental du patrimoine de la France », conformément à l’article 1er de la loi du 4 août 1994. Elle estime que l’écriture inclusive « institue arbitrairement des marqueurs orthographiques — dits “points médians” — contraires à la lisibilité et à l’esprit de notre langue » et qu’elle « porte une atteinte grave à cette dimension patrimoniale, qui mérite pourtant d’être protégée au même titre que nos monuments et nos paysages ». L’Académie souligne également que cette pratique « nuit à l’apprentissage de notre langue et à son usage national autant qu’international » et conclut en déclarant qu’elle « élève une protestation solennelle contre l’option retenue par cette décision ».
Sur le plan politique, le Sénat avait adopté en octobre 2023 une proposition de loi visant à protéger la langue française des dérives de l’écriture inclusive. Son rapporteur, le sénateur Cédric Vial, a annoncé vouloir saisir le ministre de la Culture, Rachida Dati. Emmanuel Macron avait pour sa part déclaré en 2023 que « la langue française n’a pas besoin de points au milieu des mots ».
Cette décision du Conseil d’État relance ainsi un débat ancien, opposant lecture juridique stricte et défense d’un héritage linguistique que l’Académie française juge menacé.
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