Le fioul domestique recule nettement en Bretagne, mais reste encore très présent dans de nombreux foyers. Selon une étude publiée par l’Insee en janvier 2026, près de 185 000 résidences principales utilisaient encore ce mode de chauffage en 2022, soit 11,5 % du parc régional. Un chiffre qui place la Bretagne administrative au troisième rang national, derrière la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est.
Cette situation s’inscrit dans un contexte réglementaire nouveau : depuis juillet 2022, l’installation de nouvelles chaudières au fioul est interdite en France, dans le cadre de la stratégie nationale de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Une chute de plus de moitié en seize ans
Entre 2006 et 2022, la part des logements bretons chauffés au fioul est passée de 24,1 % à 11,5 %, soit une division par plus de deux. Cette baisse s’explique par deux phénomènes principaux :
- le remplacement progressif des anciennes chaudières grâce aux aides publiques à la rénovation énergétique
- l’évolution des constructions neuves, de plus en plus orientées vers des solutions alternatives (électricité, gaz, bois, solaire, géothermie)
Résultat : seules 0,8 % des habitations construites après 2006 utilisent encore le fioul. Le nombre total de logements concernés est ainsi passé de 325 000 à moins de 185 000 en seize ans.
Des maisons anciennes et spacieuses
Le chauffage au fioul reste très largement associé à l’habitat individuel. En Bretagne, 96,6 % des logements chauffés au fioul sont des maisons, un record national. Ces habitations sont souvent :
- anciennes : près de la moitié ont été construites avant 1970
- grandes : plus d’un logement sur deux dépasse les 100 m²
Cette configuration s’explique par l’histoire du bâti régional, marqué par un fort habitat pavillonnaire et par des installations héritées de la période d’avant le premier choc pétrolier.
Un phénomène avant tout rural
Le fioul reste surtout utilisé en milieu rural. Plus de 70 % des résidences concernées se situent dans des communes rurales, où 16,5 % des ménages y ont encore recours, contre seulement 6,4 % en zone urbaine.
Dans ces territoires dispersés, le gaz est peu présent, faute de réseaux rentables à déployer. Les ménages se tournent donc vers :
- l’électricité (plus de 40 %)
- les énergies alternatives, souvent renouvelables (près de 30 %)
- le fioul, encore très implanté
Des disparités territoriales marquées
Le recours au fioul varie fortement selon les zones bretonnes. Il est particulièrement élevé :
- dans le centre Bretagne
- dans l’ouest de la région
Dans certaines intercommunalités, comme le Kreiz-Breizh ou la Haute Cornouaille, plus d’un ménage sur quatre utilise encore ce combustible.
À l’inverse, dans les grandes agglomérations, la part chute fortement. À Rennes Métropole, seuls 3,2 % des ménages se chauffent au fioul.
Même dans les zones urbaines, le nombre de logements directement touchés par l’interdiction de remplacer une chaudière fioul défectueuse reste élevé :
- 9 500 logements à Saint-Brieuc Armor Agglomération
- 7 900 à Lorient Agglomération
- 7 400 à Rennes Métropole
- 7 200 à Brest Métropole
Autant de ménages confrontés à des choix parfois coûteux en matière de transition énergétique, dans un contexte de hausse générale des prix de l’énergie.
Une transition qui pose la question du pouvoir d’achat
Si le recul du fioul répond aux objectifs climatiques, il soulève aussi des enjeux sociaux. Dans les territoires ruraux, où les logements sont souvent anciens et mal isolés, le remplacement des installations représente un investissement lourd pour les ménages.
La transition énergétique ne se joue donc pas uniquement sur le plan écologique, mais aussi sur celui du pouvoir d’achat et de l’accompagnement des territoires périphériques, souvent laissés en première ligne face aux contraintes réglementaires.
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