Contrairement aux recommandations nutritionnelles dominantes, une vaste étude internationale suggère que certains produits laitiers riches en matières grasses pourraient protéger le cerveau. Publiée dans la revue scientifique Neurology, cette recherche menée sur 25 ans remet en cause l’idée selon laquelle les produits allégés seraient systématiquement meilleurs pour la santé cognitive.
L’étude, menée par des chercheurs suédois, a suivi 27 670 adultes pendant un quart de siècle. Environ 10 % des participants ont développé une forme de démence au cours de cette période. Les résultats montrent que les personnes consommant régulièrement du fromage riche en matières grasses présentaient un risque légèrement plus faible de démence à long terme.
Selon Emily Sonestedt, co-auteure de l’étude, « ces résultats remettent en question l’idée selon laquelle les produits laitiers allégés seraient toujours le meilleur choix pour la santé du cerveau ».
Fromage et crème : un effet protecteur modéré
Les chercheurs ont observé que les personnes consommant au moins 50 grammes de fromage gras par jour avaient un risque plus faible de développer une démence que celles en consommant moins de 15 grammes. De même, une consommation quotidienne de 20 grammes ou plus de crème riche en matières grasses était associée à une réduction du risque de 16 %.
L’effet protecteur est particulièrement marqué contre la démence vasculaire, liée à une mauvaise irrigation sanguine du cerveau. Les grands consommateurs de fromage présentaient ainsi un risque réduit de 29 % pour cette forme spécifique de la maladie.
Les fromages étudiés sont ceux contenant plus de 20 % de matières grasses, comme le gouda, le brie ou le cheddar. Les crèmes analysées affichaient un taux de graisse supérieur à 30 %.
Toutes les graisses ne se valent pas
Alors que les autorités sanitaires déconseillent traditionnellement les produits riches en graisses saturées, cette étude montre que la source de ces graisses joue un rôle clé. Dans le fromage, les lipides sont intégrés dans une « matrice alimentaire » complexe associant protéines, calcium et composés bioactifs.
Cette structure ralentit la digestion des graisses, limitant les pics de cholestérol après les repas. Des essais cliniques cités dans l’étude montrent ainsi que le cholestérol augmente moins après consommation de fromage qu’après ingestion de beurre, même à quantité équivalente de graisses saturées.
Les chercheurs estiment que cette digestion progressive pourrait protéger les petits vaisseaux sanguins du cerveau, réduisant ainsi le risque de démence.
Produits allégés : une fausse bonne idée ?
Réduire la teneur en graisse modifie profondément la structure des aliments. Les versions allégées de fromage contiennent moins de vitamines liposolubles, comme la vitamine K, essentielle à la santé vasculaire. Les vitamines A et E, également liposolubles, sont aussi moins présentes.
Or, ces nutriments nécessitent des lipides pour être correctement absorbés par l’organisme. Autrement dit, en supprimant la graisse, on réduit aussi les bénéfices nutritionnels.
L’étude souligne également l’importance du degré de transformation des aliments. Les produits fermentés et peu transformés – comme certains fromages traditionnels – sont plus souvent associés à des effets neutres ou bénéfiques, contrairement aux aliments ultra-transformés, liés à une hausse du risque de diabète, de maladies cardiovasculaires et de mortalité.
Le rôle de la fermentation
En Suède, où s’est déroulée l’étude, les fromages sont généralement consommés crus et fermentés. La fermentation favorise la production de peptides bioactifs et la présence de vitamine K2, reconnue pour ses effets protecteurs sur le système cardiovasculaire.
À l’inverse, dans d’autres pays, le fromage est souvent consommé fondu ou associé à des plats riches en viande transformée, ce qui modifie sa structure et ses effets métaboliques.
Une question de contexte alimentaire
Les chercheurs insistent : il ne s’agit pas de faire du fromage un « aliment miracle ». La consommation de fromage semble bénéfique lorsqu’elle s’inscrit dans une alimentation équilibrée.
L’étude montre d’ailleurs que remplacer le fromage par du lait, des produits laitiers fermentés ou des viandes rouges transformées était associé à un risque accru de démence.
Pour le professeur Tian-Shin Yeh, épidémiologiste nutritionnel à l’université médicale de Taipei, il reste essentiel de limiter les graisses saturées, d’éviter les graisses trans et de privilégier les sources de bons lipides comme les noix, graines et poissons gras.
Pas de lien de causalité établi
Les auteurs rappellent que cette étude est observationnelle. Elle ne permet donc pas d’établir un lien de cause à effet direct. Emily Sonestedt précise que ces résultats doivent être vus comme « rassurants » : une consommation modérée de fromage gras ne semble pas nuire à la santé cérébrale et pourrait même s’intégrer dans un mode de vie protecteur.
Au final, le risque de démence dépend surtout des habitudes alimentaires et du mode de vie sur plusieurs décennies, bien plus que d’un aliment isolé.
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