Libéré la semaine dernière de la prison de haute sécurité de Wakefield, en Angleterre, Mark Haddock, ancien chef de l’UVF de Mount Vernon à Belfast-Nord et informateur de la Special Branch, aurait repris contact avec d’anciens proches en vue d’un éventuel retour en Irlande du Nord. Selon plusieurs sources loyalistes, Haddock, 56 ans, aurait échangé avec Darren Moore, son ancien bras droit, aujourd’hui installé à Ballymena.
Initialement, l’ex-paramilitaire devait se réinstaller dans la région de Coventry, où vit une partie de sa famille. Mais Ballymena apparaîtrait désormais comme une option sérieuse. Moore, 55 ans, y réside depuis plusieurs années, après avoir été contraint de quitter la grande région de Belfast à la suite de menaces et de passages à tabac infligés par l’UVF elle-même. Devenu toxicomane, régulièrement poursuivi pour des vols à l’étalage, il aurait maintenu une correspondance avec Haddock durant son incarcération à Wakefield Prison, lui indiquant qu’il pourrait l’y accueillir.
Un passé lourd de meurtres et de collusion
Dans les années 1990 et 2000, Mark Haddock dirigeait la branche Mount Vernon de l’UVF à Belfast-Nord. Cette période est associée à une série de meurtres, tentatives de meurtres et agressions graves. Une enquête du Police Ombudsman a établi que la Special Branch avait entravé des poursuites à son encontre, alors même qu’il était impliqué dans jusqu’à une douzaine d’affaires criminelles.
Parmi les crimes qui lui sont attribués figure l’assassinat de Sharon McKenna, abattue en 1993 alors qu’elle venait en aide à une voisine âgée sur la Shore Road de Belfast. En 1996, Haddock aurait personnellement exécuté Tommy Sheppard dans un pub de Ballymena. Sheppard, cadre de l’UVF à Coleraine, s’opposait au trafic de drogue, activité que le groupe de Mount Vernon cherchait à développer dans les discothèques de la côte nord de l’Antrim.
Le meurtre de Sheppard fait aujourd’hui l’objet d’un nouvel examen par le Police Service of Northern Ireland, notamment en raison de témoignages indiquant que Haddock avait été vu à visage découvert dans le pub peu avant les faits.
Protection policière et craintes locales
Ancien informateur clé de la Royal Ulster Constabulary Special Branch, Haddock aurait perçu environ 80 000 livres sterling entre 1993 et 2003. À ce titre, il peut prétendre à une protection policière renforcée, dont le coût serait assumé par les finances publiques. Des sources loyalistes estiment toutefois qu’il pourrait y renoncer, cette surveillance étant incompatible avec toute tentative de reprise d’activités criminelles.
Si l’UVF ne disposerait plus d’une présence structurée à Ballymena, et ne chercherait pas activement à éliminer Haddock, des risques subsistent. D’anciens jeunes hommes qu’il avait fait tabasser ou mutiler lors de son ascension au sein de l’UVF sont aujourd’hui adultes, parfois impliqués dans la criminalité organisée, et pourraient représenter une menace directe.
Drogue, règlements de comptes et zones d’ombre
Les liens renoués avec Darren Moore alimentent également les inquiétudes. Selon des sources internes à l’UVF, Haddock chercherait à utiliser les contacts de Moore dans le milieu de la drogue locale afin de relancer des circuits d’approvisionnement depuis l’Angleterre. L’Operation Ballast, menée en 2007 par le Police Ombudsman, avait déjà documenté l’implication massive de Haddock dans le trafic de stupéfiants au sein de clubs contrôlés par des paramilitaires loyalistes dans le comté d’Antrim.
Moore lui-même reste une figure associée à de nombreuses affaires criminelles non élucidées. Récemment cité par le supergrass Gary Haggarty dans des dossiers remontant aux années 1990, il a aussi été grièvement blessé l’été dernier lors d’une soirée liée à la drogue à Ballymena, touché au visage par un carreau d’arbalète. Un homme de 42 ans, Matthew Allison, est actuellement poursuivi dans cette affaire.
Le possible retour de Mark Haddock en Irlande du Nord, et plus précisément à Ballymena, ravive ainsi les souvenirs d’une période marquée par la violence paramilitaire, la collusion et le trafic de drogue. Trente ans après certains des faits les plus sanglants qui lui sont attribués, son nom continue de susciter craintes et tensions dans les milieux loyalistes comme au sein des communautés locales.
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