Irlande du Nord : huit fois plus de poursuites contre les républicains que contre les loyalistes pour affichage paramilitaire

De nouvelles données judiciaires relancent le débat sur l’application des lois relatives aux symboles paramilitaires en Irlande du Nord. Entre 2015 et 2025, les poursuites engagées pour affichage ou port de symboles liés à des organisations interdites ont visé très majoritairement des groupes républicains.

Sur 94 poursuites engagées au titre de la Section 13 du Terrorism Act sur cette période, 83 concernaient des organisations républicaines contre 11 liées à des groupes loyalistes.

Une application controversée de la Section 13

La Section 13 du Terrorism Act érige en infraction le fait de porter, d’exhiber ou de diffuser en public un objet laissant raisonnablement penser qu’une personne soutient une organisation proscrite. La peine maximale encourue est de six mois d’emprisonnement.

Ces chiffres apparaissent alors que le Service de police d’Irlande du Nord (PSNI) est régulièrement critiqué sur sa gestion des drapeaux, fresques et défilés commémoratifs liés aux organisations paramilitaires.

Dans le même laps de temps, la police a transmis 215 dossiers au Public Prosecution Service (PPS). Celui-ci indique qu’environ la moitié ont débouché sur une décision de poursuite, après examen des preuves et de l’intérêt public.

Des symboles omniprésents mais peu sanctionnés

Malgré la présence récurrente de drapeaux et d’emblèmes liés à l’UVF (Ulster Volunteer Force) ou à l’UDA (Ulster Defence Association) dans certaines zones d’Irlande du Nord, les poursuites restent limitées.

Plusieurs défilés récents ont vu des centaines de participants brandir des couronnes mortuaires ou des symboles associés à l’UVF, notamment à Belfast et à Portadown. Selon Jonathan Hall KC, expert indépendant en législation antiterroriste au Royaume-Uni, l’affichage explicite de sigles comme « UVF » est susceptible d’entrer clairement dans le champ d’application de la Section 13.

Pourtant, les dossiers transmis au parquet concerneraient majoritairement le port de vêtements paramilitaires, tandis que les cas liés aux drapeaux et emblèmes publics seraient moins fréquents.

Face aux critiques, le PSNI prépare un changement de doctrine. Lors d’une récente réunion du Policing Board, le vice-chef de la police, Bobby Singleton, a annoncé une nouvelle instruction interne destinée à renforcer l’action contre les affichages paramilitaires. Le principe affiché : ne plus laisser l’inaction devenir une option.

Dans le même temps, le chef de la police Jon Boutcher a plaidé pour un renforcement des pouvoirs. Un amendement en discussion au Parlement britannique permettrait aux forces de l’ordre de saisir drapeaux et objets litigieux même en l’absence d’identification d’un responsable direct.

Ces évolutions suscitent déjà des interrogations politiques. Plusieurs élus unionistes ont insisté sur la nécessité d’une application cohérente et équilibrée de la loi, redoutant toute perception de traitement différencié entre communautés.

De son côté, le PSNI rappelle que les décisions de poursuite relèvent du PPS et qu’elles sont soumises à un double examen : solidité des preuves et intérêt public. La police affirme agir dans le respect des obligations légales et des droits humains, tout en reconnaissant que la question des symboles paramilitaires demeure particulièrement sensible dans une société encore marquée par les Troubles.

Ces chiffres ravivent ainsi une question persistante : la loi est-elle appliquée de manière équitable dans un contexte où les mémoires, les identités et les appartenances restent profondément polarisées ?

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

International

Langue irlandaise en Irlande du Nord : affrontement judiciaire et politique entre le commissaire et les unionistes

Découvrir l'article

International

L’ex-chef de l’UVF Mark Haddock envisage un retour en Irlande du Nord, via Ballymena

Découvrir l'article

International

Irlande du Nord. Ancien chef loyaliste et agent de l’État, Mark Haddock contraint à la clandestinité après sa libération

Découvrir l'article

International

Irlande du Nord. Un dealer prend une balle dans les jambes à Belfast, une faction de l’INLA mise en cause

Découvrir l'article

International

Irlande du Nord : la mort soudaine d’un ancien détenu ravive les craintes d’une vendetta criminelle dans le comté d’Armagh

Découvrir l'article

International

Irlande du Nord : un cadre présumé de la New IRA poursuivi pour pédopornographie en attendant son procès pour tentative d’assassinat

Découvrir l'article

International

Pédophilie à Belfast : un ancien chef paramilitaire loyaliste arrêté après un piège en ligne, puis remis en liberté sous caution

Découvrir l'article

Histoire, International

Irlande – Les attentats de Dublin et Monaghan (1974) n’auraient pas impliqué l’État britannique selon le rapport Kenova

Découvrir l'article

Histoire, International

Stakeknife — L’agent double qui a infiltré l’IRA pendant plus de dix ans : le rapport Kenova révèle un scandale d’État

Découvrir l'article

International

Unionisme nord-irlandais : dix ans de reflux et de désillusions

Découvrir l'article

PARTICIPEZ AU COMBAT POUR LA RÉINFORMATION !

Faites un don et soutenez la diversité journalistique.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.