Les trotskistes sont des gens formidables ; ils sont capables de multiplier les listes aux élections municipales. On en compte cinq à Rennes avec La France insoumise. Il y a d’abord le NPA, en réalité aujourd’hui il y a deux NPA. En effet suite à une scission et à des démêlés judiciaires, deux groupes sont propriétaires de la marque NPA. L’un navigue dans les eaux de LFI (NPA anticapitaliste, Olivier Besancenot, Philippe Poutou…), l’autre demeure indépendant (NPA révolutionnaire). Initialement, le NPA anticapitaliste avait l’intention de présenter une liste. Les deux « chefs » (Juliette Dauver et Victor Darcissac) annonçaient que la constitution de leur liste était « en bonne voie. Nous pensons que les élections municipales ne vont pas changer le système, mais c’est une tribune pour faire entendre nos idées. » Ils veulent secouer les débats entre la droite et la « gauche institutionnelle » (du Parti socialiste à La France insoumise) (Ouest-France, Rennes, vendredi 16 janvier 2026). Changement de programme deux semaines plus tard, le NPA anticapitaliste décide de soutenir la campagne de Marie Mesmeur, la tête de liste de La France insoumise (« Faire mieux pour Rennes en 2026 »). Explication : elle « rassemble de nombreuses et nombreux acteurs des luttes rennaises avec qui nous partageons de nombreux combats ». Une petite sucette pour les « anticapitalistes » : quatre membres de leur comité figureront sur la liste LFI (Ouest-France, Rennes, jeudi 5 février 2026)
Sur la ligne de départ, on trouve donc Lutte ouvrière (Sandra Chirazi), le Parti des travailleurs (ex-POID, Morgane Pernot-Goarvot), Révolution permanente (NPA révolutionnaire, Erell Duclos), Rennes commune (Ulysse Rabaté, dissident de LFI) et La France insoumise (Marie Mesmeur). Cinq listes qui s’adressent grosso modo à la même clientèle.
A Rennes, une liste compte 61 candidats ; ce qui signifie 305 candidats pour l’extrême gauche. Bien entendu, il faut avoir les reins solides pour financer une campagne municipale à Rennes. Au premier tour de 2020, on comptait 116 461 inscrits, ce qui signifie 116 461 circulaires (« professions de foi »), 116 461 bulletins de vote, des affiches sur les panneaux officiels… D’où une belle facture chez l’imprimeur. Pour le remboursement, la règle est fixée par le Code électoral : « Il est remboursé aux candidats le coût du papier, l’impression des bulletins de vote, affiches et circulaires, ainsi que les frais d’affichage » (article L. 242). Mais l’article L. 243 se montre impitoyable avec les « petites » listes : « Les dépenses visées à l’article L. 242 ne sont remboursées qu’aux listes qui ont obtenu au moins 5 p. 100 des suffrages exprimés. » Le potentiel électoral de l’extrême gauche étant ce qu’il est, aucune de ces listes ne sera en mesure d’obtenir « au moins 5 p. 100 des suffrages exprimés ». C’est-à-dire que seule La France insoumise peut espérer être remboursée.
L’extrême gauche pourrait rendre service à Nathalie Appéré
Cette concurrence sévère sur son terrain de chasse (immigrés, bobos, mouvance CGT) pourrait empêcher la liste LFI d’être qualifiée pour le second tour : « Seules peuvent se présenter au second tour les listes ayant obtenu au premier tour un nombre de suffrages au moins égal à 10 p. 100 du total des suffrages exprimés. » (article L. 264). Ce qui arrangerait bien Nathalie Appéré… En effet la « bande des quatre » passera son temps à critiquer LFI – la « gauche institutionnelle » – pour lui piquer des électeurs, ce qui aura pour effet d’affaiblir Marie Mesmeur. L’absence de LFI au second tour serait une excellente affaire pour Nathalie Appéré (PS), elle pourrait ainsi récupérer une partie des électeurs insoumis du premier tour – il suffira de leur expliquer qu’il faut faire barrage à la droite… Ils s’empresseront de « bien voter »…
Bernard Morvan
Illustration : DR
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