La grande majorité des plaintes pour viols ne sont pas traitées par la justice, principalement en raison de difficultés probatoires : se produisant le plus souvent à huis clos, en fournir la preuve est extrêmement complexe et se réduit souvent à la parole de l’un contre l’autre. Moins de 10 % des plaintes aboutissent à une condamnation. Au milieu de ces affaires déjà difficiles, les fausses plaintes pour viol, bien que rares, nuisent à la crédibilité des véritables victimes d’agressions sexuelles. En Grande-Bretagne, une femme vient d’être condamnée à quatre ans de réclusion pour avoir faussement accusé dix hommes de viols brutaux.
Stacey Sharples, une mère britannique de 31 ans, a été condamnée le 11 mars dernier à quatre ans de prison ferme à la suite d’une série « persistante » de dénonciations calomnieuses : entre 2013 et 2019, elle a accusé dix hommes de viol.
Modus operandi
Rencontrés via des applications de rencontre ou sur Facebook, Stacey Sharples entamait des conversations avec ces utilisateurs, flirtait ou envoyait des photos intimes, puis organisait des rendez-vous où des relations sexuelles consenties étaient consommées. Les allégations de viol survenaient lorsque ces hommes refusaient d’établir une relation amoureuse avec elle, ou qu’ils arrêtaient simplement de répondre à ses messages.
Épinglée
Les messages envoyés aux hommes accusés par Stacey Sharples après les fausses accusations, dans lesquels elle évoquait positivement leurs relations sexuelles, demandait à se revoir ou exprimait de l’affection, ainsi qu’une vidéo d’ébats clairement consentis, ont amené les enquêteurs à confirmer les déclarations des victimes.
Les examens médicaux réalisés sur la jeune femme n’ont, de plus, révélé aucune trace de violence ou de traumatisme, contredisant ses récits détaillés de viols brutaux.
Si la femme a plaidé coupable lors de son procès, l’innocence des accusés n’a été prouvée que de longues années après les plaintes, produisant une série d’effets désastreuse sur les calomniés.
Conséquences désastreuses pour les accusés
Les conséquences ont été extrêmement lourdes pour les hommes mis en cause. Une des victimes, Connor Austen, a déclaré que Sharples avait « gâché sept années de sa vie ». Un autre a déclaré que sa vie était brisée, se retrouvant sans abri après avoir perdu son emploi et sa nouvelle réputation de violeur l’empêchant de retrouver un poste. Andrew Jackson, lui aussi faussement accusé, n’a pas été autorisé à voir sa fille pendant plusieurs années, ajoutant qu’il avait manqué des « étapes clés » de sa croissance. Un autre à perdu sa maison. Tous déplorent des relations ruinées avec leurs proches.
La police a déclaré que Stacey connaissait « parfaitement les conséquences pour chacun des hommes impliqués » et le juge Nicholas Clarke KC a souligné que ses mensonges avaient détourné des ressources essentielles des enquêtes réelles et pouvaient décourager les victimes authentiques de porter plainte. La police a estimé que les coûts liés à l’enquête s’élevaient à 120 000 livres sterling.
Il faut bien faire la différence entre les plaintes classées sans suite en raison d’un manque de preuve ou des pressions exercées sur les victimes qui finissent par se rétracter et les fausses allégations (avouées ou prouvées par l’enquête). Ces dernières, en plus des conséquences terribles auxquelles elles exposent les hommes injustement accusés, jettent une ombre indélébile sur la crédibilité des véritables victimes d’agressions sexuelles.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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