Les images du président américain Donald Trump en train de prier entouré des mains de pasteurs protestants dans le bureau ovale ont fait le tour du monde. Bien qu’elles puissent prêter à sourire un public français laïque, le sionisme évangélique a un réel poids électoral aux États-Unis et une influence significative sur la politique étrangère américaine. Il incarne la justification biblique et morale de la destruction de l’Iran.
Rupture au sein de la base MAGA
Les observateurs de la politique américaine de Donald Trump ont été surpris par la trahison d’un des points principaux de sa campagne, à savoir le promesse isolationniste. « America first » a en effet cédé la place à une certaine folie belliciste désavouée par de nombreux partisans du trublion, tel le fameux « Shaman » (Jacob Angeli-Chansley), symbole de l’assaut au Capitole.
We the people were loyal to the American cause, not to Trump as a man…
When he abandoned the cause we abandoned the man…That simple…
Deflation of egos is necessary for forward progress to be made…
America 1st = Israel Last
— Jake Angeli-Chansley (@AmericaShaman) March 15, 2026
Mais d’autres composants de la base MAGA se félicitent de ce revirement de politique étrangère : les chrétiens sionistes évangéliques. Bloc électoral influent, leur capacité à mobiliser des millions de voix pèse sur les décisions des élus et explique la théâtralisation de l’entrée en guerre.
Le sionisme chrétien évangélique
Né au XIXᵉ siècle, ce courant issu du protestantisme repose sur une vision eschatologique selon laquelle le retour des Juifs en Terre promise prépare la seconde venue du Christ. Dans ce cadre, le soutien à Israël, qu’il soit politique, diplomatique ou militaire, est total : les sionistes chrétiens évangéliques soutiennent même l’expansion des colonies en Cisjordanie, qu’ils perçoivent comme l’accomplissement de prophéties bibliques. Plaçant Israël et les Juifs au centre du plan divin, il s’oppose par nature au catholicisme qui rejette la chose comme étant anti-biblique et anti-chrétienne.
Et comme rien n’est facile avec les fous de dieu, ces sionistes évangéliques sont aussi antisémites, puisque leur théologie prévoit la conversion finale des Juifs au christianisme et donc la disparition du judaïsme : en dépit d’une alliance apparente, les Juifs sont vus non comme des partenaires spirituels, mais comme des acteurs nécessaires à l’accomplissement de la fin des temps, ce qui réduit leur dignité religieuse et humaine. De leur côté, les sionistes juifs acceptent cette alliance contradictoire avec le sionisme chrétien en raison des bénéfices politiques et financiers que cette dernière leur procure.
Paula White Cain, célèbre télévangéliste américaine, est la directrice du Bureau de la foi de la Maison-Blanche institué en février 2025 pour renforcer les liens entre le gouvernement et les organisations confessionnelles.
Si l’aspect messianiste des fondamentalismes religieux des trois camps en lice au Moyen-Orient – Israël, États-Unis, Iran – est souvent éclipsé de l’actualité dans les médias européens, il ne doit pas être sous-évalué. Derrière les considérations stratégiques, chacun y va de son plan divin. Et le combat contre les fanatiques religieux musulmans invoqué par les Américains et les Israéliens prend une toute autre saveur.
Audrey D’aguanno
Photo d’illustration : Capture Mediacorp
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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