Immigration : seulement deux habitants de Bretagne sur trois sont nés dans notre région administrative

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Une étude de l’Insee révèle qu’un tiers des résidents de la Bretagne administrative sont nés dans une autre région française ou à l’étranger. Une proportion qui a triplé en un demi-siècle, témoignant d’une transformation démographique majeure de la région. Attention toutefois : ces chiffres ne portent que sur les quatre départements de la Bretagne administrative, excluant la Loire-Atlantique (4,4% des habitants de Bretagne administrative sont nés en Pays de la Loire, donc une partie…en Bretagne historique).

En 2022, sur les 3,42 millions de personnes résidant dans la Bretagne administrative (quatre départements), seulement 2,3 millions sont nées dans la région, soit 67,3% de la population. À l’inverse, 1,12 million d’habitants sont nés en dehors de ces quatre départements, dont 192 500 à l’étranger.

 

 

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Une dilution démographique spectaculaire depuis 1968

L’évolution est frappante : en 1968, près de neuf habitants de Bretagne sur dix (89,7%) étaient nés dans la région. Ce chiffre est tombé à 82,4% en 1990, 75% en 2006, 70,7% en 2016 et 67,3% en 2022. En un demi-siècle, la part des Bretons de souche dans la population régionale a ainsi chuté de plus de 20 points.

Parallèlement, la proportion d’habitants nés dans une autre région française est passée de 8,7% en 1968 à 27,1% en 2022, soit plus d’un quart de la population. Quant aux personnes nées à l’étranger, leur part est passée de 1,6% à 5,6% sur la même période.

Toutefois, la Bretagne reste la région métropolitaine où la proportion de personnes nées à l’étranger est la plus faible.

Le Finistère, bastion de la population d’origine

À l’échelle des quatre départements, les écarts sont révélateurs. Le Finistère, situé à la pointe ouest de la région, résiste davantage avec 71,7% d’habitants nés en Bretagne, contre 69,1% dans les Côtes-d’Armor, 64,7% en Ille-et-Vilaine et 64,1% dans le Morbihan.

Le Finistère se classe ainsi au 13ème rang des départements métropolitains ayant conservé la plus forte proportion d’habitants nés sur leur territoire.

D’où viennent ces nouveaux arrivants ?

Parmi l’ensemble de la population bretonne, 8,7% sont nés en Île-de-France (soit 296 700 personnes), ce qui en fait la première région d’origine des habitants nés hors de Bretagne. Cela ne veut pas dire grand chose, l’île de France étant aujourd’hui un des territoires possédant le plus fort taux de naissances extra-européennes en France.

Viennent ensuite les régions limitrophes : 4,4% sont originaires des Pays de la Loire (151 900 personnes) et 3,1% de Normandie (104 700 personnes). Concernant les Pays de la Loire, il convient de souligner que cette région administrative comprend la Loire-Atlantique, département historiquement breton séparé administrativement de la Bretagne depuis 1941. Une partie significative de ces 4,4% sont donc en réalité des Bretons de Loire-Atlantique, notamment des Nantais, venus s’installer dans les quatre départements de la région administrative.

Si l’on considère la Bretagne historique à cinq départements, les chiffres de mobilité entre départements bretons seraient donc sensiblement différents, une part de cette migration « inter-régionale » relevant en réalité d’une migration intra-bretonne.

Une population étrangère en progression

Concernant les 192 500 personnes nées à l’étranger (5,6% de la population de la Bretagne administrative), 44% sont originaires d’Afrique, dont près de la moitié du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie). Viennent ensuite l’Europe (33,6%, dont 21,7% de l’Union européenne), l’Asie (15,9%) et l’Amérique ou l’Océanie (6,5%).

Les principales nationalités représentées sont le Royaume-Uni (13 000 personnes), le Portugal (8 200), l’Allemagne (7 000), la Roumanie (6 800), la Turquie (6 200) et le Vietnam (3 900).

Près d’un quart (23,3%) des habitants de Bretagne nés à l’étranger sont français de naissance, un autre quart ont acquis la nationalité française, et un peu plus de la moitié sont d’une autre nationalité.

Des populations aux profils socio-économiques contrastés

L’étude de l’Insee révèle des différences marquées entre Bretons de souche et nouveaux arrivants.

Structure par âge : Les habitants nés hors de Bretagne sont nettement plus jeunes. Si 45,5% des Bretons de naissance ont entre 18 et 59 ans, cette proportion grimpe à 57,5% pour ceux venus d’autres régions françaises et à 62,5% pour les natifs de l’étranger.

Emploi et catégories sociales : Les personnes venues d’autres régions françaises occupent massivement des postes de cadres (23,4% contre 13,4% pour les Bretons de souche), avec un niveau de diplôme nettement supérieur : 36,3% détiennent un bac+3 ou plus, contre 24,3% pour les natifs.

Ces cadres venus d’ailleurs se concentrent dans les grandes villes comme Rennes ou Brest, occupant des fonctions dans la recherche, les prestations intellectuelles, le commerce inter-entreprises ou la gestion.

À l’inverse, les personnes nées à l’étranger sont surreprésentées parmi les ouvriers (33% contre 24% pour les Bretons de naissance).

Les Bretons de souche restent par ailleurs très majoritaires parmi les agriculteurs : 2,9% d’entre eux exercent cette profession, représentant près de 90% des agriculteurs de la région.

Les conditions de logement varient fortement selon l’origine. Si 75,5% des Bretons nés en Bretagne sont propriétaires de leur logement, cette proportion tombe à 64,1% pour ceux venus d’autres régions françaises et à seulement 45,8% pour les natifs de l’étranger.

Le contraste est encore plus net pour le logement social : 26,7% des habitants nés à l’étranger vivent en HLM, contre seulement 8,7% des Bretons de souche et 8,2% de ceux venus d’autres régions.

L’exode des Bretons diplômés

L’étude révèle un phénomène préoccupant : l’hémorragie des Bretons les plus qualifiés. Parmi les 358 700 personnes nées dans la Bretagne administrative mais résidant désormais dans une autre région française, 35% occupent des fonctions de cadres, soit près de trois fois plus que ceux restés au pays (13,4%).

Ces Bretons expatriés sont massivement diplômés : près de la moitié (49,8%) détiennent un bac+3 ou plus, contre un quart (24,3%) pour ceux demeurés en Bretagne.

Plus de la moitié résident en Île-de-France (26,4%) ou dans les Pays de la Loire (25,1%) — cette dernière région comprenant, rappelons-le, la Loire-Atlantique bretonne. En Île-de-France notamment, 50,7% des Bretons d’origine sont cadres et 63,9% hautement diplômés.

Une double dynamique démographique

Cette étude de l’Insee met en lumière une double transformation de la Bretagne administrative : D’une part, un phénomène migratoire qui voit arriver des cadres diplômés d’autres régions, notamment d’Île-de-France, ainsi qu’une population étrangère économiquement moins favorisée, concentrée dans le logement social et les emplois ouvriers.

D’autre part, un exode des Bretons les plus qualifiés vers les grandes métropoles, particulièrement Paris, drainant les talents formés dans la région.

Cette double dynamique contribue à diluer progressivement la population bretonne d’origine, qui ne représente plus que deux habitants sur trois, contre neuf sur dix il y a cinquante ans.

Il convient toutefois de rappeler que ces chiffres ne concernent que la Bretagne administrative à quatre départements. Les données pour la Bretagne historique à cinq départements, incluant la Loire-Atlantique et ses 1,4 million d’habitants, ne sont pas fournies par l’Insee en raison du découpage administratif actuel.

Source : Insee Flash Bretagne n°122, mars 2026

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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5 réponses à “Immigration : seulement deux habitants de Bretagne sur trois sont nés dans notre région administrative”

  1. Tal Al Louarn dit :

    Triste évolution : suicidaire « Aujourd’hui des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils Bretons ? Nul ne le sait : A chacun l’âge venu la Découverte ou l’ignorance »

  2. 沼畑 宏 Numahata Hiroshi dit :

    « La Bretagne n’a pas de papiers.
    Elle n’existe que si à chaque génération,
    Des hommes se reconnaissent Bretons.
    À cette heure, des enfants naissent en Bretagne.
    Seront-ils Bretons?
    Nul ne le sait
    À chacun, l’âge venu, la découverte ou l’ignorance. »
    Un texte de Morvan Lebesque, une chanson de Tri Yann, un rappel de Tal al Louarn !

  3. Maurice dit :

    Et bien au moins on évite la consanguinité vendéenne 😂

  4. Hadrien Lemur dit :

    Cela ce traduit aussi dans les urnes. Les grandes villes comme Nantes ou Renne sont investies de nombreux parisiens qui « importent » leur tendances de vote soit, à gauche toute ! Exemple contraire pour Brest où là les parisiens sont moins nombreux et qui passe à droite. Après avoir déglingué Paris et constaté que la capitale devient invivable, les parisiens immigrent vers d’autres grandes villes pour appliquer les mêmes recettes. Quand la situation deviendra intenable comme à Nantes (insécurité, narco-trafic) il partirons vers d’autres plus petites villes à formater.

  5. Mieke dit :

    Ce sont aussi tous les comportements que se modifient: plus égoïstes, moins courtois..les nouveaux venus apprécient la société bretonne polossee et l environnement préservé mais se hatent de les détruire

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