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Un membre de Saoradh, l’aile politique du New IRA, vient d’être condamné pour trafic de médicaments opioïdes. Ironie du sort : il avait été choisi pour prononcer le discours principal lors de la commémoration de Pâques 2025 de l’organisation.
Ian Cotter, 52 ans, résidant dans le quartier Saint-James de Belfast-Ouest, a plaidé coupable il y a deux semaines devant le tribunal de magistrats de Belfast de quatre chefs d’accusation de fourniture illégale de prégabaline — un puissant analgésique dont l’usage détourné est répandu chez les toxicomanes. Il a été condamné à deux mois de prison avec sursis pendant trois ans.
Son arrestation s’inscrit dans le cadre d’une opération menée par la brigade des crimes graves de la PSNI (police nord-irlandaise) ciblant, selon ses propres termes, « le trafic de drogue lié au New IRA ». Des perquisitions à son domicile avaient permis de saisir son téléphone portable, sur lequel les enquêteurs avaient découvert sa participation à un groupe de discussion dédié à la revente de médicaments, où la prégabaline s’échangeait à 50 livres sterling la plaquette.
Une hypocrisie flagrante
Ce qui rend l’affaire particulièrement explosive, c’est qu’au moment où Cotter faisait l’objet de poursuites pénales pour trafic de stupéfiants, Saoradh — l’aile politique du New IRA — l’avait désigné pour lire la Proclamation de la République irlandaise lors de la cérémonie commémorative de Pâques 2025 au cimetière de Milltown, à Belfast. L’organisation avait même vanté son rôle sur les réseaux sociaux.
Or, le New IRA a par le passé assassiné plusieurs hommes accusés de trafic de drogue, dont Kevin Kearney et Conor McKee à Belfast. Cette contradiction n’a pas manqué d’être relevée par des républicains irlandais eux-mêmes.
« Si quelqu’un avait encore besoin de preuves que Saoradh et le New IRA sont prêts à accueillir les rebuts de la société, en voilà », a déclaré un républicain vétéran au Sunday Life. « Je ne peux pas imaginer quelque chose de plus honteux que de laisser un dealer lire la Proclamation lors d’une commémoration du Soulèvement de Pâques. Saoradh ne fait-il pas de vérification sur ses membres ? Ces organisations sont tellement à court d’effectifs qu’elles acceptent n’importe qui. »
Contacté à son domicile par le Sunday Life, Ian Cotter a simplement répondu d’« aller se faire foutre ».
Une organisation déjà fragilisée
Cette révélation survient au plus mauvais moment pour le mouvement dissident. Vendredi dernier, le New IRA a revendiqué une tentative d’attentat ratée contre le commissariat de la PSNI à Lurgan, qualifiée d’« amateuriste » par les observateurs : un engin explosif artisanal avait été acheminé via un livreur de pizzas tenu en joue, déclenchant une vaste opération de sécurité avec fermetures de routes et évacuations de riverains.
La commémoration nationale de Saoradh doit se tenir ce lundi à Derry, avec un défilé depuis les commerces du Creggan jusqu’au cimetière municipal. Les années précédentes, ces rassemblements avaient été marqués par la présence d’hommes masqués en tenue paramilitaire et dégénéré en affrontements entre jeunes et forces de l’ordre.
Photo d’illustration : DR[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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