La balle de match était là. Après la sirène, le RC Vannes obtient une pénaltouche à 40 mètres de l’en-but palois, et toute la Rabine se lève, le président Olivier Cloarec en tête, debout devant le banc. Mais le lancer de Mills Sanerivi est contré par le deuxième ligne international Hugo Auradou. Samedi 3 octobre, pour la 5e journée de Top 14, Vannes s’est incliné 40-43 face à la Section Paloise, au terme d’un match fou où il était mené de 33 points à la pause.
Une 1re période cauchemardesque
Pendant 40 minutes, les Vannetais ont été dépassés. Peu efficaces sur les ballons hauts, ils ont laissé Pau, réputé pour son jeu de mouvement, déplacer le ballon et exploiter chaque ballon perdu. Après le 2e essai d’Axel Desperes, à la 39e minute, le tableau d’affichage indiquait 40-7. « Rien ne peut expliquer cette première période », a reconnu le manager Jean-Noël Spitzer. Il regrette que son équipe ait laissé respirer l’adversaire, alors que le plan de jeu prévoyait exactement l’inverse.
La Rabine en fusion
Juste avant la pause, l’essai de Ben Stevenson (14-40) a tout changé. Au retour des vestiaires, les Vannetais, décidés à mettre la pression sur les ballons hauts et à ne plus laisser d’espace aux Palois, ont étouffé leur adversaire. Le capitaine Francisco Gorrissen a ramené son équipe à 33-40 dès la 53e minute. Pau a ensuite repris un peu d’air, aidé par des fautes de main vannetaises, mais l’essai de Paul Surano à la 75e minute (40-43) a relancé l’espoir.
Le 3e ligne Joe Edwards, auteur de son 1er essai en Top 14 à 33 ans, a été l’un des grands artisans de cette remontée, avec 20 plaquages et 2 ballons grattés, dont la pénalité de la dernière action. Il dit n’avoir jamais connu une telle ferveur : « Je n’avais jamais connu une ambiance comme ça. Chapeau à notre peuple. »
La touche, point noir
Le dernier ballon perdu résume l’après-midi. La touche, habituellement l’un des points forts du RCV, 2e du championnat dans ce secteur derrière le Stade Toulousain, a cédé à 5 reprises sur 17 lancers. Le 1er ballon perdu l’a été dès la 4e minute, à 5 mètres de l’en-but palois. Joe Edwards a salué la qualité de l’alignement adverse, où évoluaient « des clients internationaux en face ». Il a aussi reconnu que le staff avait hésité à jouer la dernière pénalité à la main. Jean-Noël Spitzer, lui, se dit « pas inquiet » : les données de son équipe en touche restent bonnes, selon lui.
Déjà distancé
Vannes a frôlé la plus grosse remontée de son histoire, 2 ans après en avoir subi une face à l’UBB, qui était revenue de 29-7 à la pause pour l’emporter 37-29. Le promu décroche son 1er point de la saison grâce au bonus défensif, mais il reste dernier, sans victoire après 5 journées, et déjà distancé. Le match a en outre fait des blessés : Ugo Boniface, Matias Alemanno, Maxime Lafage et Hugo Djehi sont touchés.
Le RCV se déplace samedi prochain, 10 octobre, à Perpignan (16 h 35), pour un match qui ressemble déjà à un 1er tournant dans la course au maintien.
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