À Saint-Nazaire, un vote au conseil municipal a tourné au bras de fer entre le Rassemblement national et les syndicats de la ville. Dans une déclaration publiée fin septembre, plusieurs organisations syndicales ont accusé le RN de vouloir leur disparition, à la suite d’un vote du groupe RN lors de la séance du 25 septembre. Le conseiller municipal Adam Chauvel-Huz leur a répondu le 3 octobre par un communiqué au titre sans détour : « Les syndicats nazairiens mentent sur le RN ».
Une abstention au nom de la charte d’Amiens
Le groupe d’élus RN, Renouvelle-toi Saint-Nazaire !, dit s’être abstenu sur la délibération en question. Adam Chauvel-Huz invite les syndicats à écouter son intervention en entier. Il assure y avoir défendu un syndicalisme libre et indépendant des partis, et plaidé pour qu’il soit plus facile de créer de nouvelles organisations syndicales. Il s’appuie sur la charte d’Amiens de 1906, texte fondateur du syndicalisme français, qui affirme l’indépendance des syndicats à l’égard des partis politiques. Présenter cette position comme une volonté de supprimer les syndicats relève selon lui du « procès d’intention ».
L’élu retourne l’accusation. En combattant le RN, les syndicats combattraient en réalité les millions de travailleurs qui votent pour lui. Ils ne défendraient le syndicalisme que lorsque cela les arrange, et sortiraient eux-mêmes de leur rôle en faisant de la politique.
Le maire visé
Le communiqué s’en prend aussi au maire de Saint-Nazaire, accusé de dénoncer une « prétendue agression antisyndicale » plutôt que de répondre sur le fond. « L’indignation ne dispense pas d’argumenter », tranche Adam Chauvel-Huz, qui demande en quoi défendre le pluralisme syndical serait une attaque contre les salariés.
Il invite enfin le maire à plus de retenue lorsqu’il donne des leçons de défense des travailleurs. Selon lui, le maire soutient un candidat à la présidentielle dont l’équipe de campagne aurait classé, dans une note, les Français gagnant moins de 1 500 euros par mois parmi les « cibles à éviter ».
Adam Chauvel-Huz conclut que le conseil municipal mérite mieux que des « mises en scène » : les salaires, les conditions de travail et les droits des salariés sont, selon lui, trop sérieux pour être réduits à un « concours de postures ».
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