Mars : une start-up américaine crée un microbe capable de vivre sur le sol martien

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Près de 50 missions ont été lancées vers Mars depuis 1960, toutes robotisées. Elles préparent, à terme, l’arrivée des premiers humains sur la planète rouge, objectif affiché des grandes agences spatiales comme des entreprises privées. Pour qu’une présence humaine durable y soit possible, les futurs colons ne pourront pas dépendre indéfiniment de cargaisons venues de la Terre : il faudra produire sur place l’air, la nourriture et les matériaux de construction. C’est dans cette perspective qu’une start-up californienne de biotechnologie, Pioneer Labs, a mis au point un microbe génétiquement modifié capable de se développer dans des conditions martiennes, rapporte le site spécialisé Space.com.

Un sol martien toxique

Le principal obstacle est connu : le sol martien est toxique. Il contient en abondance les éléments utiles à la vie terrestre, mais mélangés à des composés nocifs comme les perchlorates et à des sels qui empêchent la plupart des organismes de croître. Jusqu’ici, les pistes envisagées consistaient à rincer le sol, à importer des engrais depuis la Terre ou à se passer du sol martien grâce à la culture hydroponique. Pour Pioneer Labs, ces méthodes seraient trop longues et trop coûteuses à grande échelle.

« Mars a toutes les matières premières de la vie en abondance », estime Erika DeBenedictis, directrice de la société, basée à Emeryville, près de San Francisco. Elle souligne une différence avec la Lune, dont le sol ne contient pas les nutriments nécessaires.

Du plastique fabriqué sur place

Baptisé sPL.001, le microbe parvient à vivre à partir de reproductions chimiquement fidèles du sol, de l’eau et de l’air martiens, sans retrait préalable des substances toxiques ni ajout d’engrais. Il produit en outre des bioplastiques, une famille de matériaux utilisée sur Terre pour des gobelets compostables ou des filaments d’impression 3D, qui pourraient servir à construire des habitats.

Pour l’obtenir, les chercheurs ont exposé progressivement des microbes terrestres producteurs de bioplastiques à des conditions de plus en plus proches de celles de Mars, jusqu’à ce qu’ils tolèrent les toxines du sol. Les premiers essais ont pourtant échoué : aucun des organismes testés n’a d’abord poussé, et il a fallu en éprouver beaucoup d’autres avant d’obtenir des résultats.

Aucun risque de contamination, selon ses concepteurs

Le microbe ne pourrait pas survivre à l’air libre sur Mars. Il doit être cultivé dans un bioréacteur chauffé et brassé, qui le protège du froid extrême, des radiations et de l’atmosphère très ténue. Il a aussi besoin d’un air traité pour lui fournir l’azote, trop dilué dans l’atmosphère martienne, et il ne pratique pas la photosynthèse, ce qui l’empêche de produire sa propre nourriture.

Selon une 2e étude de l’équipe, ces limites garantissent qu’il ne pourrait pas se répandre accidentellement sur la planète, une précaution importante si une forme de vie martienne existe encore dans des nappes souterraines ou dans d’anciens cristaux de sel. Samuel McKee, spécialiste de la réparation de l’ADN à l’université de Reading, en Angleterre, qui n’a pas participé aux travaux, juge l’argument crédible : de nombreux microbes modifiés ne survivent pas hors d’un environnement contrôlé.

Une 3e étude affirme même que, grâce à ce microbe, tout le nécessaire pour bâtir une ville sur Mars pourrait tenir dans une seule fusée.

Un test encore à mener sur le vrai sol martien

Erika DeBenedictis reconnaît la principale limite de ces travaux : la chimie du sol a été reconstituée en laboratoire à partir des données des rovers, mais aucun essai n’a été mené sur du véritable régolithe martien. Samuel McKee voit aussi dans ces recherches des applications possibles sur Terre, dans la lutte contre le réchauffement ou pour vivre en milieu extrême.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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