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Une coalition d’associations de défense de l’environnement et de représentants amérindiens a déposé le 20 juillet une demande d’injonction en urgence devant un juge fédéral pour bloquer un échange de terrains entre SpaceX et l’administration américaine.
L’opération, conclue avec le Fish and Wildlife Service, transfère à l’entreprise d’Elon Musk 294 hectares appartenant à la réserve nationale de faune sauvage du Bas Rio Grande. En contrepartie, SpaceX cède 276 hectares de ses propres terrains dans la zone — non contigus, contrairement à ceux qu’elle reçoit.
Le champ de bataille de Palmito Ranch dans la corbeille
Les parcelles concernées jouxtent Starbase, le site de fabrication et de lancement du lanceur géant Starship, qui a effectué douze vols d’essai suborbitaux et prépare le treizième.
Une partie du terrain cédé relève du Palmito Ranch Battlefield, site historique national classé — le lieu de la dernière bataille de la guerre de Sécession. Les plaignants y voient une violation du National Historic Preservation Act, en plus de celle du National Wildlife Refuge System Improvement Act de 1997 invoquée dans leur recours de juin.
« Une fois transférées, ces terres seront perdues pour toujours »
Laiken Jordahl, du Center for Biological Diversity, ne mâche pas ses mots : « Des responsables fédéraux se dépêchent de livrer les terres publiques américaines à l’une des entreprises les plus riches de la planète avant même que les tribunaux ne puissent se prononcer. »
« Cette réserve est l’un des derniers endroits où le public peut profiter de la nature dans la vallée du Rio Grande », poursuit-il. « Pourquoi les Texans devraient-ils être contraints d’abandonner encore davantage de leurs terres publiques à une entreprise valorisée mille milliards de dollars ? Le tribunal doit intervenir maintenant, car une fois ces terres transférées à SpaceX, elles seront perdues pour toujours. »
Les nids détruits servent d’argument au transfert
L’organisation avance un point qui retourne l’argumentaire administratif.
Une étude de 2024 a montré qu’après un seul lancement, la totalité des nids d’oiseaux littoraux surveillés à proximité du site avait subi des dommages ou des pertes d’œufs. La réserve, qui s’étend sur plus de 36 000 hectares, a précisément été créée pour protéger cette faune.
« Au lieu d’engager la moindre action coercitive ou de travailler avec SpaceX pour réduire ou éliminer les dégâts causés à la réserve, le Service invoque aujourd’hui la dégradation qui en résulte pour justifier la remise de ces terres publiques à SpaceX », dénonce le Center for Biological Diversity.
Autrement dit : l’entreprise abîme le terrain, et l’administration lui en fait cadeau au motif qu’il est abîmé.
Un calendrier préparé un an à l’avance
Les documents obtenus au titre du Freedom of Information Act éclairent la méthode.
L’échange n’a été rendu public qu’en mars 2026. Les échanges internes montrent que la planification avait débuté dès avril 2025. Dans ces discussions avec le directeur régional du Service, l’administration a élaboré « le calendrier le plus accéléré possible » pour boucler le transfert et recommandé le recrutement de personnel supplémentaire afin de tenir ce qu’elle décrivait comme le « délai optimal ».
Les plaignants sont le Center for Biological Diversity, l’association locale Save RGV, la nation Carrizo/Comecrudo du Texas et le South Texas Environmental Justice Network.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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