Mauvaise note pour un État fragile [L’Agora]

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Aucun État au monde ne se juge et ne se condamne lui-même en critiquant ses propres méthodes, ses propres règlements et en s’accusant de mener des actions indignes contre ceux qui le contestent. S’il le faisait, il se condamnerait lui-même; ce serait suicidaire…

C’est pourtant ce qui se produit en France, où la Police, institution étatique, reconnue partout dans les démocraties, comme indispensable au maintien de la paix civile, à la protection et à la sécurité des personnes, se voit accusée par le gouvernement de faire son travail et de réagir professionnellement avec les moyens de dotation nécessaires pour affronter la violence d’émeutiers. Le gouvernement, en charge du fonctionnement de l’État, lui ôte des moyens que l’expérience et la sagesse ont reconnus comme adaptés face à l’usage de véritables armes et à l’agressivité de perturbateurs terroristes, détournant systématiquement l’objet des manifestations. Pire, il accepte l’idée que la Police de la Nation, entraînée et contrôlée, provoque et abuse d’une force que nous savons, pourtant, toujours adaptée aux circonstances. Il se désavoue lui-même et en son sein quelques-uns contredisent les autres aggravant ainsi l’impression de vacuité du pouvoir.

Les revendications, souvent légitimes, de citoyens sont ainsi devenues, pour une dangereuse minorité activiste anarcho-écolo-islamo-trotskyste, le prétexte à la destruction de biens et à la démonstration de la faiblesse de l’État. Il y a là, au-delà du paradoxe, le signe avant-coureur d’une désagrégation de l’ossature du pays. Un État qui refuse de se faire respecter et condamne ses propres agents dans l’exercice de leurs fonctions confirme sa mollesse et encourage l’irrespect. Il atteste par ailleurs sa faiblesse en sanctionnant plus durement les étourderies de bons citoyens que les dégradations de biens publics ou privés et, surtout, en ne punissant pas l’agression physique de ses agents. Un tel régime court inéluctablement à son effondrement. Ce collapsus prévisible laissera le peuple dans un désarroi tel qu’il sera amené à trouver une nouvelle organisation. Il le fera nécessairement par la révolte.

J’ajoute que, si nous regardons de près les demandes des seuls lycéens, nous ne pouvons que nous étonner à la fois de leur justesse et, surtout, du fait que l’État, dans toutes ses formes et ses services, ait laissé s’établir de telles carences : non-remplacement de professeurs en absence prolongée, manque d’enseignants dans des matières essentielles, maintien des aberrantes dérives de Parcours-sup, bâtiments dégradés, absence de protection face aux excès de température, toilettes à l’abandon… Il y a là, de toute évidence, la démonstration d’une démission ou d’une indifférence du gouvernement de l’État.

Les petites gens prétentieuses que les circonstances ont portées au pouvoir sont incapables d’en assumer la charge. Elles ont peur de leur ombre et demandent l’approbation extérieure de ceux qui sont les ennemis de la France. Elles ne comprennent pas — il est vrai que cela demanderait une étincelle d’intelligence et surtout de courage — que ces manifestations, dites des lycéens, s’inscrivent dans une phase préalable à la décomposition générale souhaitée par l’extrême gauche associée à la radicalité musulmane. En conséquence, la démocratie française devient insidieusement la dictature des minorités, tout en restant aux ordres d’une l’UE sans doute satisfaite de la perspective de décomposition de la nation française..

En vérité, ce que nous subissons, en tant que majorité réprimée du peuple français, est bien la conséquence brutale de tous les abandons de responsabilité gouvernementale au profit de cette organisation ambitieuse que l’on nomme Union européenne.

L’État français, ou ce qu’il en reste, cherche à éviter le courroux de Bruxelles et, en l’occurrence, celui de la Cour de justice de l’Union européenne, voire celui de la Cour européenne des droits de l’homme, dépendant du Conseil de l’Europe. Le droit français est soumis à l’étranger et les grands conseils et cours sont devenus les relais vigilants et dictatoriaux de principes autres que les nôtres. Vis-à-vis des maîtres de Bruxelles, de Francfort, de Luxembourg ou de Strasbourg, l’État français est soumis. Il n’est plus la Nation organisée, mais un système séparé du peuple. Il est lié mécaniquement à des méthodes allogènes, foncièrement différentes de celles de la civilisation française. Cet État, malgré les apparences résiduelles, n’est plus celui du peuple français. La nation, certes, dispose toujours de ses structures. Elle possède son administration, son Armée, sa Police, ses écoles… mais la part élective du système, celle qui devrait diriger dans l’intérêt commun, n’œuvre plus pour l’ensemble. C’est désormais patent. Les meneurs politiques et leurs complices de la haute administration se sont constitués, au fil des ans, en une caste peu sensible au désarroi des citoyens. Ils ont fini par s’en dissocier et agissent pour eux-mêmes. Il s’agit d’un détournement choquant de leur mission. Ils l’ont fait, encouragés par leur carence de patriotisme qui les a mené à leur adhésion, sans l’aval du peuple, à une utopie mondialiste où la haute finance se voudrait reine.

L’expérimentation en est tentée dans l’UE. Ces gens se comportent comme s’ils étaient devenus, en lieu et place du peuple, les propriétaires de la France.

La question, face à l’urgence et la proximité d’élections déterminantes, est bien : que devons-nous faire ? Que doit faire le peuple ?

Henri ROURE
Cercle Patria

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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