Le déclenchement d’une guerre est toujours censé répondre à un objectif: C’est ce que les polémologues nomment le « but de guerre ».
La France n’est pas en guerre contre la Russie, mais elle fait tout pour provoquer ce pays. Un peu comme les Étatsuniens l’ont fait sciemment à partir de 2014, en inspirant et soutenant un coup d’État à Kiev, puis en encourageant indirectement les exactions dans le Donbass, alors pleinement ukrainien, mais peuplé de Russes.
J’ai beau réfléchir, je ne vois pas ce que la Russie a pu nous faire pour que ceux qui parlent en notre nom, aient une attitude aussi hostile à l’égard de ce pays. Non, je ne vois pas…
Nous n’avons strictement aucun intérêt en Ukraine où la place est prise par les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Mais comme les principales richesses se situent dans le Donbass, il est compréhensible, sinon défendable, que ces pays aient eu, ou aient encore, quelques intérêts dans cet affrontement qu’ils dissimulent sous une bannière otanienne utilement globalisante.
L’Ukraine n’est pas notre alliée, ce qui aurait pu justifier, si elle l’avait été, un engagement à ses côtés. Mais surtout ce pays présente tous les aspects qui normalement devraient rebuter l’aide de la France. L’OCDE le situe parmi les pays les plus corrompus; ses dirigeants, véritables oligarques, ont détourné à leur profit des sommes considérables venant de l’aide des pays occidentaux. Qui plus est les références idéologiques du gouvernement ukrainien sont en contradiction absolue avec l’éthique de notre Nation. Le passé nazi et la contribution militaire de quelques chefs ukrainiens de l’époque de la seconde guerre mondiale, est regardé comme de l’héroïsme. Le gouvernement de Kiev a rapatrié et mis en terre, avec les honneurs nationaux, la dépouille d’Andry Melnyk, pourtant criminel de guerre pour le compte de Hitler. De même Stepan Bandera, proche de la Wehrmacht, est encensé et une statue à son effigie occupe la place principale de Lviv et des rues portent son nom. Ce n’est pas une détail…Tout cela rappelle quelques mauvais souvenirs en Pologne, de l’autre côté de la frontière, où la diète a voté une loi qualifiant les massacres de Volhynie, en 1943, imputables à ces deux personnages, de « nettoyage ethnique » et de « génocide ». Ils firent entre 40 000 et 100 000 morts Polonais dont beaucoup de Juifs.
Au début de ce conflit je me suis demandé quelle lubie poursuivait Poutine en voulant, dans ses « buts de guerre », ou dans ce qui a toujours été dénommé « opération militaire spéciale », « dénazifier » l’Ukraine. Le nazisme était une idéologie périmée depuis longtemps. À l’analyse, j’ai constaté que cet objectif pouvait revêtir une certaine pertinence. Le bataillon Azov, engagé à côté de l’armée régulière, dans les opérations contre la population du Donbass en 2014, se référait ouvertement au nazisme. Il est aujourd’hui, devenu une brigade, incluse dans la « garde nationale offensive », après avoir recruté parmi les partisans de la même idéologie. Ce sont des faits.
Enfin, même si ce n’est pas déterminant dans les relations internationales, l’Ukraine n’est pas une démocratie.
Je n’ai toujours pas trouvé de raisons objectives pour soutenir ce pays et provoquer la Russie par toutes sortes de comportements, pour le moins surprenants.
J’ai creusé davantage en me disant que si la France était en pointe avec l’Allemagne et le Royaume-Uni dans le soutien à cette Ukraine corrompue, c’était que quelques raisons m’échappaient.
Il est aisé de constater que les États-Unis se retirent de cette affaire après l’avoir initiée sous l’administration précédente. La rencontre d’Anchorage, en Alaska anciennement russe, a montré la convergence entre Trump et Poutine. Les deux présidents ont tous deux admis la nécessité d’assurer la sécurité de l’Ukraine. Poutine a émis l’idée que la guerre n’aurait pas débuté si Trump « avait été président en 2022 ». Puis il a espéré que les « Européens n’essaieront pas de saper les progrès escomptés par des provocations ou des intrigues en coulisses ».
Il faut insister sur l’attitude de la Russie à l’égard de l’Europe. Elle ne la menace pas et n’a aucunement l’intention de l’envahir. La CIA affirme clairement que Moscou n’a aucun plan d’invasion de l’ensemble UE-Royaume-Uni. Tulsi Gabbard, ex-directrice du renseignement, dit la même chose, tout comme John Mearsheimer, politologue étasunien reconnu et respecté . Mearsheimer ajoute que « Poutine, n’a jamais pensé envahir toute l’Ukraine ». En toute objectivité, une attaque contre l’Europe occidentale, virerait à la catastrophe pour tous les belligérants. Poutine, le sait. Il sait aussi que la population russe, à la démographie affaiblie comme ailleurs en Europe, aspire à vivre à l’occidentale. Il sait aussi que l’avenir de la Russie est avec l’Europe occidentale et non pas dans un rapprochement confirmé avec l’écrasante Chine. Poutine comme Trump est un réaliste.
Il n’y a donc aucune raison objective pour la France de soutenir l’Ukraine. Alors pourquoi certains s’agitent?
Tout au long de l’histoire, le Royaume-Uni s’est toujours méfié de la Russie. Londres, a constamment craint un rapprochement entre Paris et la Moscou qui aurait changé radicalement la géopolitique sur le continent européen. Il y aurait d’ailleurs là une raison supplémentaire pour la France de rester discrète dans cette guerre. Mais bien davantage que cette position ancienne, apparaissent les intérêts de la City, donc des banquiers actionnaires de la Banque d’Angleterre. Ils sont les opérateurs sournois du chaos avec la FED, où nous retrouvons les mêmes banquiers et financiers. La guerre rapporte des sommes considérables qui tôt ou tard abondent la richesse déjà énorme de cette ploutocratie à la tête du système.
La raison de la poursuite de cette confrontation pourrait se trouver dans cette ambition vorace de quelques uns. Les morts indifférent ces gens là. Ce qui leur importe est bien la vente des matériels aux normes OTAN, donc produits par le lobby militaro-industriel étatsunien, membre éminent de l’État profond. S’y ajoutent les emprunts faits pour les acheter, simples lignes d’écritures qui asservissent toujours plus les États. Ils en remboursent le service avec les impôts payés par les ménages et les sociétés. Je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement avec la guerre contre l’Iran où des sommes faramineuses sont en jeu, aussi bien pour la reconstruction que le remplacement des armes détruites, ou encore pour la défense du petrodollar.
Quant à l’Allemagne, outre le fait que son chancelier soit un ancien dirigeant du fond de pension BlackRock, le « but de guerre » est aisé à trouver. Il est historique. La zone de l’Europe centrale a toujours été le lieu de confrontation entre Slaves et Germains. Un effondrement de la Russie laisserait le champ libre aux ambitions de Berlin qui a déjà investi en Ukraine.
Mais je ne vois toujours pas le « but de guerre » que pourrait avoir la France…Tout au contraire de son attitude actuelle, qui ne lui offre aucun retour, elle devrait faire preuve de modération et préparer la fin de la fâcherie avec Moscou. Ses investissements en Russie étaient énormes. Ils n’étaient pas du côté ukrainien où les Anglo-saxons et les Allemands protègent leurs seuls investissements en s’appuyant, de manière subtile sur l’Europe et la France en particulier.
Enfin, je vois une dernière hypothèse. Elle concerne les responsables des trois pays montrant le plus d’hostilité à la Russie. Il est vrai que Keir Starmer vient d’être amené à la démission, mais l’hypothèse ci-dessous pourrait toujours s’appliquer, car son successeur défendra la même politique. Les dirigeants de ces pays sont très contestés par les populations respectives. Ils sont les représentants de la finance internationale qui les a mis en place. Il leur faut poursuivre leur mission. Aussi imaginent-ils – peut-être- pouvoir rassembler les peuples endoctrinés contre un ennemi fabriqué et ainsi pouvoir poursuivre leur action…Le fédéralisme européen et la finance internationale seraient donc à la manœuvre.
Décidément comme en Afrique, la France possède l’art de la naïveté et de l’absence de vision; à moins que ses dirigeants actuels agissent de manière parfaitement consciente au détriment des intérêts vraies de la Patrie. Il est temps que la France retrouve sa souveraineté. Elle la conduira naturellement à regarder le monde de manière réaliste et dans son seul intérêt.
Henri ROURE
Cercle Patria
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11 réponses à “À quoi joue la France ? [L’Agora]”
Bonjour Mr Toure, désolé de vous l’écrire vertement: mais quelle naïveté, feinte je l’espère! Les initiés savent comment sont »distribuées » les étoiles et qu’un arrêt de l’abandon politique de notre Pays à la dérive n’arrivera jamais pas par cette voie. Mais de là à continuer de feindre d’ignorer les responsabilités de nos responsables politiques de ce désastre avec autant d’avilissement est pitoyable ! Bonne journée monsieur.
Il faut soutenir l’Ukraine parce qu’elle a été victime d’une agression brutale de la part d’un pays impérialiste et d’un régime encore plus corrompu et encore moins démocratique que le sien. Et parce qu’elle a courageusement résisté, faisant tomber le masque d’un Poutine soi-disant défenseur des valeurs traditionnelles de la chrétienté.
L’Ukraine est sans doute un pays corrompu au passé trouble pendant la 2ème guerre mondiale mais actuellement c’est le pays agressé et le passé de la Russie et de l’URSS n’inspire pas plus confiance depuis le pacte germano soviétique jusqu’à ses actions « démocratiques » armées à Budapest et Prague…J’en passe.
Très bon article , clair et réaliste
Comment B.I. peut-elle passer cette propagande immédiatement reprise du discours de l’Ambassade de Poutinie. Cet ancien militaire se déshonore.
Totalement ok avec M. Henri ROURE ; sa conclusion est limpide car la France éternelle doit retrouver sa souveraineté. Tout peut être fait pour stopper cette guerre voulue par la Macronie, l’UERSS, l’OTAN ! France libre = PAIX. En plus, c’est vrai que celle-ci n’aurait pas du avoir lieu et elle nous coûte la peau des fesses (en plus des civils ukrainiens et russes sont morts) ; plus un euro à l’Ukraine ; en outre, sortie de l’OTAN puis, une fois la paix retrouvée soutien au peuple ukrainien pour se reconstruire dans une vraie démocratie.
l’Ukraine ne fait partie ni de l’UE, ni de l’OTAN. En outre aucun accord de défense ne lie la France à ce pays.
Par ailleurs, la fédération de Russie ne menace pas notre pays tout simplement parce qu’elle n’y a aucun intérêt.
Partant de ces constats, la politique française dans ce domaine est proprement incompréhensible sauf à considérer que l’UE et la France ont le devoir commun de jouer les redresseurs de tort dans la zone géographique européenne (?). Mais le pragmatisme et l’objectivité les plus élémentaires nous contraignent à reconnaître que ni l’une ni l’autre n’en ont les moyens !
Enfin, si l’intervention de la Russie dans le Donbass peut être considérée comme une agression, la vérité géopolitique montre que l’administration Biden, l’UE et la France macroniste se sont mises d’accord pour avancer les pion de l’OTAN sur l’échiquier européen vers la frontière Russe et qu’ils n’ont jamais eu l’intention de respecter les accords de Minsk I et II dont l’utilité pour l’occident était de gagner du temps pour armer l’Ukraine (Officiellement reconnu par l’ex-président François Hollande).
Les états qui progressent cherchent avant tout l’ intérêt de leur peuple, il est clair que cela n’est pas le cas de nos états européens.
Ce que certains appellent l’Europe, qui n’est qu’un conglomérat sans âme ni identité et vassalisé par les USA, est bien éloignée de la véritable Europe dont les racines sont ancrées dans les millénaires de notre continent. Bien sur, ni Bruxelles ni les états européens ne peuvent assumer les défis de l’Histoire.
Après parler de l’Ukraine en réduisant au conflit agresseur/agressé est très simpliste et puis il faut regarder un peu l’histoire de cette région, ce qui revient à se pencher sur la Russie tsariste,l’URSS,la Pologne mais aussi le Duché de Lithuanie. etc…
Un dernier mot: Merci à B.I. de donner la parole à des avis moins conformes.
Voici le grand copain du président français, le phénomène Zelenski. Un amusiur de tréteaux qui s’était illustré en jouant du piano sur scène, de façon euh comment dire ? quelque peu particulière (cF. vidéo si après). Et c’est cet olibrius, ce branquigole, ce zygomyr, qui dirige l’Ukraine, pour son plus grand malheur. C’est cet arsouille que les Ukrainiens ont élu président. Et est-ce-qu’ils en ont honte ? Même pas. https://www.youtube.com/watch?v=oua0Puihrkc
Enfin du bon sens dans cet article. Les Anglais ont toujours souhaité s’opposer à un axe européen Paris-Moscou, et avant la Grande Guerre, le jeune élu Clemenceau avait déjà reçu des subsides de Grande-Bretagne pour torpiller l’alliance franco-russe de 1892 (qui, si elle n’avait pas existé, aurait permis aux Allemands d’arriver jusqu’à Paris…) ce n’est pas du complotisme « poutinolâtre », mais la réalité historique !
Mes Respects Mon Général. Vos propos rappellent les principes d’honneurs des officiers de l’armée française depuis la Monarchie. Le verbiage ne suffit plus l’Armée doit agir…Tout repose sur le glaive de St Michel. Merci mon général!