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Après cinq années d’existence, le dispositif des conseillers numériques pourrait être presque entièrement démantelé. Dans son projet de budget pour 2027, le gouvernement prévoit de réduire drastiquement les financements consacrés à l’inclusion numérique, menaçant de nombreux emplois et l’accompagnement des Français les moins à l’aise avec les outils informatiques.
Créé en 2021 dans le cadre du plan France Relance, ce programme visait à former les citoyens aux usages numériques. Présents dans les mairies, médiathèques, centres sociaux ou maisons France services, ces conseillers apprennent notamment aux usagers à utiliser Internet, gérer leurs courriels ou se protéger des arnaques en ligne. Selon les données gouvernementales, plus de 6,5 millions d’accompagnements ont été réalisés depuis le lancement du dispositif.
Des milliers d’emplois menacés
Mais les crédits consacrés à l’inclusion numérique doivent passer de 14 millions d’euros en 2026 à seulement 3 millions en 2027, soit une baisse de près de 79 %. Selon les associations réunies au sein du collectif La Belle Alliance, le retrait progressif des financements de l’État menace à terme quelque 3 000 des 4 000 postes initialement déployés, dont une partie a déjà disparu.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, le centre social de Monein a par exemple licencié sa conseillère numérique, faute de moyens suffisants. Quelque 120 habitants bénéficiaient chaque année de ses ateliers, rapporte UFC-Que Choisir.
Le gouvernement envisage désormais une intégration des conseillers numériques au réseau France services, sans avoir encore défini de modèle de financement pérenne.
Le paradoxe de la dématérialisation administrative
Cette réduction des moyens soulève toutefois une question plus large : faut-il multiplier les dispositifs d’accompagnement ou commencer par simplifier les démarches administratives ?
Dans un article publié en mars, le journal libéral Contrepoints défendait la suppression du financement national, dénonçant une organisation coûteuse et complexe. Selon cette analyse, les difficultés rencontrées par les Français tiennent aussi à la multiplication des formulaires et à la complexité des procédures administratives, même dématérialisées.
Le besoin d’accompagnement reste néanmoins important. Selon une enquête du Défenseur des droits, 51 % des personnes interrogées ne parviennent pas à effectuer seules leurs démarches administratives en ligne ou évitent le numérique administratif.
Pour les associations mobilisées, le désengagement de l’État risque donc d’aggraver l’exclusion numérique. Une contradiction demeure : tandis que l’administration poursuit la dématérialisation de ses démarches, elle réduit les moyens destinés à aider les citoyens à les maîtriser.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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