Sénatoriales dans les Côtes-d’Armor : Camille Favre (RN) veut porter au Sénat « la voix des communes »

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À quelques semaines des élections sénatoriales, Camille Favre conduit la liste du Rassemblement National dans les Côtes-d’Armor. Docteur en pharmacie industrielle, née en 1995, cette candidate qui revendique un engagement « enraciné dans le terrain » a choisi de sillonner le département à la rencontre des maires et conseillers municipaux plutôt que de mener, selon ses mots, une « campagne de bureau ». Santé et désertification médicale, défense de l’agriculture et de l’élevage, loi Littoral, ruralité abandonnée, identité bretonne, implantation du RN parmi les grands électeurs à moins d’un an de la présidentielle de 2027 : elle a répondu à nos questions, dossier par dossier, dans un entretien où elle détaille sa méthode et ses priorités pour les communes costarmoricaines.

Breizh-info.com : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis docteur en pharmacie industrielle, avec un attachement particulier à l’entrepreneuriat, qu’il s’agisse de l’entrepreneuriat classique ou de l’intrapreneuriat au sein des organisations.

Comme Jordan Bardella, je suis née en 1995, et je conduis aujourd’hui la liste du Rassemblement National aux élections sénatoriales dans les Côtes-d’Armor.

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Ce qui m’a conduite à m’engager en politique, c’est d’abord une volonté d’agir. Comme beaucoup de Français, j’ai ressenti le besoin de ne plus seulement constater les difficultés que traverse notre pays, mais de prendre ma part, à mon niveau, à une évolution positive.

Je viens d’un univers professionnel où les décisions doivent produire des effets concrets. Cette exigence m’accompagne aussi dans mon engagement politique : je crois au sérieux, au travail, à la clarté et à la responsabilité.

Je souhaite mener une campagne locale et utile, avec une volonté simple : aller vers les élus des Côtes-d’Armor, comprendre leurs priorités et porter au Sénat une voix fidèle à notre département.

Breizh-info.com : Les sénatoriales restent un scrutin méconnu du grand public, car indirect. Pouvez-vous expliquer aux lecteurs ce que représente concrètement le rôle d’un sénateur pour une commune des Côtes-d’Armor, et pourquoi vous avez choisi de vous engager dans cette élection plutôt qu’une autre ?

Le Sénat est la chambre qui représente les collectivités territoriales. Concrètement, cela signifie qu’un sénateur doit être un relais entre les communes et l’État. Il vote la loi, contrôle l’action du Gouvernement, peut interpeller les ministres, déposer des amendements et défendre des propositions de loi.

Pour une commune des Côtes-d’Armor, cela concerne des sujets très concrets : les dotations, les normes, l’urbanisme, la santé, les mobilités, l’agriculture, le logement, la sécurité, les services publics ou encore les contraintes administratives qui pèsent sur les maires.

J’ai choisi cette élection parce qu’elle correspond à ma manière de voir l’engagement politique. Les sénatoriales obligent à parler aux élus locaux, à écouter les communes, à comprendre les réalités du terrain. Je ne veux pas mener une campagne de bureau. Je veux construire une parole enracinée dans le département, fidèle à ce que vivent les communes costarmoricaines.

Breizh-info.com : Vous insistez sur le refus d’une « campagne de bureau » et sur votre tournée auprès des maires et conseillers municipaux. Après plusieurs semaines de rencontres, quelles sont les trois attentes qui reviennent le plus souvent dans la bouche des élus locaux du département ?

Ce qui ressort très fortement des échanges engagés avec les élus locaux, ce sont d’abord des attentes très concrètes.

La première, c’est le besoin de pouvoir agir. Beaucoup de maires ont des projets pour leur commune, mais ils se heurtent à des règles mouvantes, à des financements difficiles à anticiper et à des procédures trop lourdes. Ce qu’ils attendent, ce n’est pas qu’on décide à leur place, c’est qu’on leur redonne les moyens d’avancer.

La deuxième, c’est la simplification. Les élus municipaux sont confrontés à une accumulation de normes, de dossiers et de contraintes qui ralentissent les projets et découragent parfois les bonnes volontés. À force de complexifier l’action locale, on finit par empêcher les communes d’agir. Je veux que les maires puissent refaire pleinement leur métier de maire, et non passer leur temps à se battre contre des procédures.

La troisième, ce sont les services essentiels : santé, mobilité, sécurité, école, accès aux services publics. Dans beaucoup de communes, notamment rurales, le sujet n’est pas idéologique. Il est très concret : comment attirer un médecin ? Comment maintenir une école ? Comment permettre à une personne âgée de se déplacer ? Comment préserver une vie communale quand tout s’éloigne ?

Breizh-info.com : Les Côtes-d’Armor rassemblent des réalités très différentes : littoral du Trégor et de la côte de Granit rose, bassins agricoles du centre-Bretagne, villes moyennes comme Saint-Brieuc ou Lannion, communes rurales isolées sous la RN12, zone souvent ignorée des élus. Comment une même candidature peut-elle porter au Sénat des intérêts aussi divers sans en sacrifier certains ?

Défendre les Côtes-d’Armor, ce n’est pas choisir entre le littoral, l’agriculture, les villes moyennes et le centre-Bretagne. C’est refuser qu’un territoire soit oublié parce qu’il est moins visible, moins touristique ou moins proche des grands axes.

Notre département ne se résume pas à une seule réalité. Il y a les communes littorales confrontées à la pression foncière, les bassins agricoles confrontés aux normes et à la crise des revenus, les villes moyennes confrontées aux enjeux de sécurité, de commerce et de services publics, et les communes rurales qui se sentent parfois reléguées.

Mon rôle n’est pas d’opposer ces territoires. Il est de rappeler qu’ils ont tous besoin d’être défendus dans leurs spécificités. On ne peut pas appliquer la même grille de lecture à une commune touristique du littoral, à une commune agricole du centre-Bretagne et à une ville comme Saint-Brieuc ou Lannion.

Je défends donc une méthode : partir du concret, différencier les réponses et porter une même exigence au Sénat. Cette exigence, c’est la défense des communes, de la proximité et du bon sens contre les décisions uniformes qui ne tiennent pas compte de la diversité de notre département.

Breizh-info.com : La désertification médicale, la fermeture de services publics et les difficultés de mobilité frappent durement le centre-Bretagne. Quelles mesures concrètes défendriez-vous au Sénat pour enrayer ce sentiment d’abandon des communes rurales costarmoricaines ?

Il faut d’abord arrêter de considérer les communes rurales comme une variable d’ajustement. Lorsqu’un service ferme, lorsqu’un médecin part sans être remplacé, lorsqu’une ligne de transport disparaît, ce n’est pas seulement un équipement qui s’en va : c’est une part de la vie quotidienne qui devient plus difficile.

Sur la santé, le sujet me tient particulièrement à cœur. Je participe justement à la rédaction du volet santé du programme en vue des futures échéances présidentielles. Je défendrai une politique beaucoup plus volontariste : augmenter durablement le nombre de médecins formés, faciliter l’installation dans les zones sous-dotées, alléger les contraintes administratives qui pèsent sur les soignants et mieux reconnaître le rôle des professionnels de santé de proximité.

Mais il faut aussi être lucide : on ne résoudra pas la désertification médicale avec des annonces symboliques. Il faut former davantage, libérer du temps médical, simplifier l’exercice, soutenir les élus qui investissent localement et redonner de l’attractivité aux territoires qui manquent aujourd’hui de médecins.

Sur les services publics, je défendrai un principe simple : aucune fermeture ne devrait être décidée sans évaluation réelle de son impact sur la commune et les habitants. L’État ne peut pas demander toujours plus aux maires tout en retirant progressivement ses propres moyens du terrain.

Sur les mobilités, il faut sortir d’une vision pensée uniquement pour les métropoles. Dans nos territoires, la voiture reste souvent indispensable. Il faut donc défendre des politiques adaptées : entretien des routes, solutions de transport à la demande, soutien aux mobilités du quotidien et refus des mesures punitives qui frappent d’abord les habitants des zones rurales.

Breizh-info.com : La Bretagne est la première région agricole de France, et les Côtes-d’Armor en sont un pilier, notamment pour l’élevage. Entre normes environnementales, accords de libre-échange et crise des revenus, comment comptez-vous porter la voix des agriculteurs du département face à Paris et à Bruxelles ?

Les agriculteurs des Côtes-d’Armor ne demandent pas des discours de compassion. Ils demandent de pouvoir vivre dignement de leur travail, transmettre leurs exploitations et produire sans être sans cesse montrés du doigt.

La première urgence, c’est la rémunération. On ne peut pas continuer avec un système dans lequel ceux qui produisent sont souvent les moins bien rémunérés de la chaîne. Je défendrai des prix qui tiennent réellement compte des coûts de production et une lutte beaucoup plus ferme contre les marges abusives lorsqu’elles écrasent les producteurs.

La deuxième urgence, c’est la concurrence déloyale. Il est inacceptable d’imposer à nos agriculteurs des normes toujours plus lourdes tout en laissant entrer des produits qui ne respectent pas les mêmes exigences. C’est une question de justice pour nos agriculteurs et de qualité pour les consommateurs.

La troisième urgence, c’est la simplification. Les normes doivent protéger, pas empêcher de travailler. Aujourd’hui, trop d’agriculteurs ont le sentiment de passer davantage de temps à se justifier qu’à exercer leur métier. Ce n’est pas acceptable.

La ligne que je défends est claire : souveraineté alimentaire, juste échange, réciprocité dans les échanges commerciaux et défense de nos productions françaises. Dans les Côtes-d’Armor, cela concerne directement l’élevage, l’agroalimentaire, les exploitations familiales et tout un tissu économique local.

Breizh-info.com : Les communes littorales font face à des enjeux spécifiques : loi Littoral, pression foncière, résidences secondaires qui pèsent sur l’accès au logement des autochtones, économie touristique saisonnière. Quelles réponses portez-vous pour ces territoires côtiers ?

Les communes littorales ont des contraintes très particulières. Elles doivent protéger leur environnement, préserver leur identité, accueillir une activité touristique indispensable à leur économie, tout en permettant aux habitants du territoire de continuer à se loger et à vivre sur place.

Sur la loi Littoral, il ne s’agit pas de remettre en cause la protection de nos côtes, mais d’introduire davantage de souplesse et d’intelligence locale. Les élus connaissent leur commune. Ils doivent pouvoir adapter les règles aux réalités du terrain, sans être enfermés dans des blocages administratifs systématiques.

Sur le logement, il faut regarder la situation en face : dans certaines communes, les jeunes actifs, les familles, les saisonniers et même les enfants du pays ne peuvent plus se loger. Il faut donner aux communes davantage de marges de manœuvre pour favoriser le logement permanent et réguler les excès lorsqu’ils déséquilibrent la vie locale.

Enfin, l’économie touristique doit être soutenue sans transformer nos communes en décors saisonniers. Le littoral doit rester un lieu de vie, pas seulement un lieu de passage. Cela suppose de défendre les commerces, les services, les écoles, les professionnels de santé et l’activité à l’année.

L’enjeu est simple : protéger nos côtes, oui, mais sans empêcher ceux qui y vivent, y travaillent et y sont nés de pouvoir continuer à y construire leur avenir.

Breizh-info.com : Beaucoup d’élus et d’habitants restent attachés à l’identité bretonne, à la langue, à la culture, voire à la question de l’autonomie bretonne ou de la réunification avec la Loire-Atlantique. Quelle est votre position sur la place de la Bretagne et de ses spécificités dans l’organisation institutionnelle française ?

Je suis profondément attachée à l’identité bretonne, à sa culture, à son patrimoine, à ses traditions, à sa gastronomie, à ses paysages et à tout ce qui fait la singularité de notre région. La Bretagne a une histoire forte, une identité vivante et une culture qui doivent être respectées.

Sur la langue bretonne, je veux être claire : il y a parfois eu un amalgame. Défendre le français comme langue officielle de la République ne signifie pas vouloir effacer les langues régionales. La langue bretonne fait partie de notre patrimoine. À titre personnel, je ne vois aucune difficulté à ce qu’elle puisse être transmise et proposée à ceux qui souhaitent l’apprendre, comme d’autres enseignements culturels ou linguistiques peuvent l’être.

Pour moi, il n’y a aucune contradiction entre aimer profondément la Bretagne et être attachée à l’unité nationale. Au contraire, la France est forte de ses provinces, de ses enracinements, de ses cultures locales et de ses identités régionales. La Bretagne n’a pas besoin d’être opposée à la France pour être respectée.

Concernant la Loire-Atlantique, c’est un sujet qui doit être abordé avec sérieux, respect et consultation des populations concernées, sans instrumentalisation ni posture politicienne.

Breizh-info.com : Le RN reste historiquement peu implanté parmi les grands électeurs, un corps plutôt marqué à droite classique ou au centre. Comment abordez-vous cette réalité, et percevez-vous une évolution dans la façon dont les maires vous reçoivent aujourd’hui par rapport à il y a quelques années ?

Je l’aborde avec lucidité et avec humilité. Les grands électeurs ne se gagnent pas avec des slogans. Ils se respectent, ils s’écoutent, ils se rencontrent.

Il est vrai que le Rassemblement National est historiquement moins implanté dans les réseaux d’élus locaux que d’autres formations. Mais les choses évoluent. D’abord parce que le RN occupe désormais une place majeure dans la vie politique nationale. Ensuite parce que beaucoup d’élus locaux voient que les préoccupations que nous portons depuis longtemps — sécurité, pouvoir d’achat, ruralité, services publics, agriculture, maîtrise des normes — sont devenues centrales dans la vie quotidienne de leurs administrés.

Je crois aussi que beaucoup d’élus locaux font la différence entre les caricatures et la réalité. Lorsqu’on échange sérieusement, commune par commune, sujet par sujet, on sort des postures. C’est exactement l’esprit dans lequel je veux mener cette campagne.

Tous les élus ne partagent pas forcément nos positions, et c’est normal. Mais beaucoup souhaitent pouvoir parler librement de l’avenir de leur commune et du département. Je leur propose de me juger sur mon sérieux, sur ma disponibilité et sur ma volonté de défendre les communes des Côtes-d’Armor.

Breizh-info.com : Votre candidature s’inscrit dans un contexte où le RN occupe désormais une place majeure sur la scène nationale, à moins d’un an de la présidentielle de 2027. En quoi votre campagne locale participe-t-elle, selon vous, à cette dynamique nationale, et comment articulez-vous le local et le national ?

Le Rassemblement National progresse parce qu’il parle de ce que les Français vivent réellement : la sécurité, le pouvoir d’achat, l’immigration, les services publics, la ruralité, l’agriculture, la souveraineté.

Dans les Côtes-d’Armor, je veux montrer que le RN n’est pas seulement une force politique nationale, mais aussi une force capable de dialoguer avec les élus locaux, de comprendre les contraintes communales et de défendre des dossiers concrets.

Le local et le national ne s’opposent pas. Une norme votée à Paris peut bloquer un projet communal. Une politique agricole décidée à Bruxelles peut fragiliser une exploitation costarmoricaine. Une baisse de dotation peut empêcher une commune d’investir. Le rôle d’un sénateur est précisément de faire le lien entre ces niveaux de décision, et je souhaite pouvoir être demain ce partenaire de confiance pour nos communes des Côtes-d’Armor.

Breizh-info.com : Pour finir, une question plus personnelle : qu’est-ce qui vous a conduite à vous engager en politique, et pourquoi dans les Côtes-d’Armor ? Quel message adressez-vous aux grands électeurs encore indécis qui hésiteraient à vous rencontrer ?

Je me suis engagée en politique parce que je ne voulais pas rester spectatrice. Comme beaucoup de Français, j’ai ressenti un ras-le-bol face à la situation de notre pays, mais j’ai surtout voulu transformer ce constat en engagement utile. À mon niveau, j’ai choisi d’agir pour contribuer à une évolution positive, au service de nos territoires et de nos compatriotes.

Les Côtes-d’Armor sont mon département de cœur, le département où je vis, et celui que je souhaite défendre avec sérieux et constance.

Aux grands électeurs encore indécis, je veux dire une chose simple : rencontrons-nous. Une rencontre n’engage à rien, mais elle permet d’échanger franchement. Je ne prétends pas arriver avec des réponses toutes faites. Je veux écouter, comprendre et porter une parole fidèle aux réalités de nos communes.

Je souhaite mener cette campagne dans un esprit de dialogue, au-delà des étiquettes et des habitudes politiques. Les communes ont besoin d’élus disponibles, sérieux et capables de faire remonter leurs difficultés comme leurs réussites.

Mon engagement tient en une ligne : être utile à nos communes et fidèle aux Côtes-d’Armor.

Propos recueillis par YV

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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