La formule revient à chaque discussion budgétaire, dans la bouche d’élus de tous bords : la France serait le pays le plus taxé du monde. Elle est fausse. Ce qui ne veut pas dire que la situation soit bonne, ni que le débat soit clos. Il est simplement mal posé.
Ce que disent les chiffres
L’Insee mesure les prélèvements obligatoires à 43,6 % du PIB en 2025, soit 1 305 milliards d’euros, après 1 254 milliards et 42,7 % en 2024. Eurostat, dont la définition diffère légèrement, retient 45,3 % pour la France en 2024.
Cet écart n’a rien d’anecdotique. L’Insee déduit les crédits d’impôt du produit brut des impôts, une vingtaine de milliards d’euros en 2025, là où Eurostat et l’OCDE ne le font pas. Selon la source retenue, le taux français bouge de près de 2 points, ce qui explique la valse des chiffres dans le débat public et permet à chacun d’y trouver la statistique qui l’arrange.
Sur le périmètre Eurostat, en 2024, la France arrivait deuxième de l’Union européenne. Devant elle, le Danemark, à 45,8 %. Juste derrière, la Belgique, à 45,1 %. La moyenne de la zone euro s’établissait à 40,9 %, celle de l’Union à 40,4 %.
La France est donc un pays très fortement prélevé, nettement au-dessus de ses voisins, mais pas le champion du monde. La nuance compte, parce qu’un argument faux discrédite la cause qu’il prétend servir. Le vrai constat suffit largement.
348 lignes de prélèvement
Un travail publié fin mai par le cabinet britannique Tax Policy Associates éclaire un aspect que les comparaisons de taux ne montrent pas : non pas combien on prélève, mais de combien de façons différentes.
Le décompte donne 348 prélèvements distincts en France, contre 132 au Danemark, 90 au Royaume-Uni et 60 en Allemagne. La méthodologie mérite d’être connue avant d’être brandie : sur ces 348, le cabinet identifie un rendement chiffré pour 253 d’entre eux, les 95 autres correspondant à des prélèvements pour lesquels aucune donnée n’a été trouvée. La classification est celle du cabinet, et la comparaison avec l’Allemagne est en partie faussée par une architecture fédérale où plusieurs impôts sont partagés entre niveaux plutôt que multipliés.
L’ordre de grandeur reste néanmoins parlant, et il rejoint un constat français. La Cour des comptes recense de son côté 243 taxes à faible rendement. La fondation iFRAP, en incluant l’ensemble des contributions sociales, arrive à 438 prélèvements.
Le problème n’est pas seulement esthétique. Un prélèvement dont le produit est marginal coûte à collecter, à déclarer, à contrôler et à contester. Ces coûts de conformité pèsent proportionnellement plus lourd sur les petites entreprises que sur les grandes, qui disposent de directions fiscales. Certains de ces prélèvements coûtent davantage à gérer qu’ils ne rapportent.
L’inventaire relève parfois du musée : imposition forfaitaire sur les pylônes électriques, redevance de balayage devant les immeubles, taxe sur les flippers et baby-foots exploités dans les cafés, prélèvement sur les friches commerciales inoccupées depuis plus de deux ans, taxe sur les passagers maritimes desservant certains espaces protégés, dont les îles bretonnes.
Le décrochage du consentement
C’est sur le rapport entre ce qui est payé et ce qui est reçu que la situation s’est le plus dégradée.
Un baromètre Ifop réalisé pour Contribuables associés donne 66 % de Français jugeant le niveau de leurs impôts et taxes trop important, près d’un tiers le qualifiant d’excessif. Surtout, 59 % se déclarent mécontents de la qualité des services publics au regard des sommes versées, contre 30 % de satisfaits.
Le détail est sévère pour les fonctions les plus régaliennes ou les plus attendues : 81 % des sondés estiment que l’hôpital public s’est dégradé, 74 % l’éducation, 68 % la sécurité, 67 % la justice, 57 % les transports publics. La critique est particulièrement marquée chez les 35-64 ans, c’est-à-dire dans la tranche d’âge qui finance le système.
Interrogés sur ce qui devrait être prioritaire, les Français citent la santé et l’assurance maladie à 54 %, l’éducation à 46 %, la sécurité et la défense à 30 %. Autrement dit, ils ne réclament pas la fin de l’impôt. Ils réclament une hiérarchie.
La question que le débat évite
Il reste un point que la dénonciation de l’enfer fiscal permet commodément de contourner.
La France a prélevé 1 305 milliards d’euros en 2025 et a tout de même terminé l’exercice avec un déficit public de 5,1 % du PIB et une dette de 3 460 milliards, soit 115,6 % de la richesse produite. Aucun taux de prélèvement, si élevé soit-il, ne rattrape un tel écart. Le problème n’est donc pas seulement combien l’État prend, mais ce qu’il fait de ce qu’il a déjà pris.
Plusieurs pays européens obtiennent des services publics mieux évalués avec des prélèvements sensiblement inférieurs. Leur avantage tient rarement à un secret budgétaire : ciblage des dispositifs, superposition administrative moindre, évaluation systématique des politiques publiques, et surtout capacité à fermer un programme dont les résultats ne sont pas au rendez-vous. C’est précisément l’exercice que la France ne parvient pas à conduire depuis des décennies.
Des débats parlementaires s’orientent vers une loi de simplification, avec l’idée de supprimer les prélèvements rapportant moins de 150 millions d’euros. Ce serait un début utile, à condition de ne pas confondre le geste et la réforme : rayer 200 lignes du Code général des impôts ne réduira ni la dépense, ni le déficit, ni la dette.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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8 réponses à “348 taxes en France, 60 en Allemagne : anatomie d’un maquis fiscal”
Je crois me rappeler que c’est un certain Giscard d’Estaing qui a dit qu’à 45% de prélèvements obligatoires le régime d’un pays serait comparable à un régime communiste
La France est devenue pauvre, endettée les français souffrent mais l’ Etat ne se prive de rien, son train de vie augmente sans cesse et les privilégiés de l’argent public ne se refusent rien…voir la suite royale à Cannes de le Présidente de France Télé, le fauteuil du Président du Sénat et autres babioles n’étant que la partie visible de l’iceberg dispendieux !
Voilà bien encore une étude de plus dans l’enchevêtrement des taxes et taxes sur taxes impôts sur impôts de la France profonde, appelée bien souvent république bananière depuis le 16ème siècle et pourquoi donc cette dénomination ? Parce que chaque élections à tous les niveaux, les élus sans aucunes compétences de gestion financière d’un pays, mentent ouvertement sur leurs projets, dépenses et recettes, se gardant bien de dire les vérités. La France avec 30% de moins en populations dépense 220 milliards de plus que l’Allemagne. Les français se laissent berner alors que la vérité budgétaire est devant leurs yeux sans rien donner mais imposer. Je jeux consiste à promettre pour ne pas voir pourquoi sommes-nous tombés si bas en 20 à 30 ans surtout.
Si encore avec tous ces impôts et taxes la France respirait l’économie productive et le plein emploi. Mais non chaque année c’est pire, chômage, inflations, dettes, éducations hôpitaux immigration avec 44 milliards de charges le tout en lambeaux on n’en peut plus.
Les 10 dernières années sont absolument catastrophiques avec
plus de 1200 milliards de dettes en plus. puis autant avec les engagements et déficits. Chaque législature promet qu’ils feront des nouvelles taxes impôts compensés par les recettes miraculeuses, alors que cela est un mensonge utopique économique flagrant et pourquoi ? Parce que la géo politique mondiale de concurrence en coût de revient dont nous dépendons, n’est absolument pas aux normes des rêves des élus ou présidents incompétents, qui sont au gré des lobbies internationaux pour satisfaire leur projet électoral et se faire glousser leur égo avec des chaussures percées.
Il faire un ménage comme Mirel en Argentine à la tronçonneuse
Il faire un ménage comme Mirel en Argentine à la tronçonneuse
On préfère toucher aux retraités , moi qui ai travaillé 48 ans ,que de baisser le salaire de ses bons a rien du Sénat et du conseil constitutionnel et le plus amusant c est qu’ils ne servent à rien , pardon juste a dormir a partir de 15h a la cantine avec des mets de qualité et du bon vin , pendant que des millions de français ne font qu un repas par jour . J ai voté pour Macron à chaque fois , pensant qu un président jeune et dynamique allait faire du ménage dans tout cela . Quelle déception c est le pire de tous .Il faut que cela change vite , très vite car cela va vraiment exploser . Quand je pense que le gaz et l électricité vont encore augmenter mais à quoi pense t il . J ai honte d être français et de me faire racketter par ces personnes qui se moquent de nous et osent nous faire payer leurs ERREURS !!!!! .
Bonjour, en fait il avait donne 40% et non 45% de taux de prelevements obligatoires.
Il avait dit au dela de 45% c est le socialisme et plus de 50% ca serait la faillite de la France .
Nous en sommes la !
Je vends tout mon immobilier. Taxes foncières, prélèvements sociaux, IS report IR, des locataires qui payent quand bon leur semble, des dégradations que les juges de proximité estime de l’usure normale, le dernier loyer impayé, servez vous sur le dépôt de garantie, taxe logement vacant entre deux locations. Le fisc estime que vous avez la jouissance du bien durant la vacance. Appelle-moi, con. etc….