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12/07/2015 – 08H00 Hennebont (Breizh-info.com) – Les naïfs, les amateurs, les rêveurs, ça existe en politique. A coup sûr, Philippe Noguès (ex PS) est du nombre.
Jeudi 25 juin : ce frondeur patenté annonce son départ du PS et du groupe SRC de l’Assemblée nationale. Depuis, il croit qu’il va jouer un rôle important, à tel point qu’il a lancé « un appel aux frondeurs et à tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la politique du gouvernement » en vue de le « rejoindre et de former un groupe à l’Assemblée représentant des millions de Français » ne s’estimant plus représentés par les partis traditionnels.
En d’autres temps, un certain Jean-Luc Mélenchon, alors sénateur PS, avait cru également qu’en quittant avec fracas l’usine de la rue de Solférino, il parviendrait à entraîner avec lui de gros bataillons.
Echec total. Seul un second couteau, l’économiste Jacques Généreux, le suivit. Tous ceux qui avaient une mairie à défendre, une circonscription à préserver, un mandat à défendre, se gardèrent bien de suivre M. Mélenchon dans l’aventure – petite – du Parti de gauche.
En Bretagne, il n y eut que François Verchère, maire et conseiller général de Bouguenais, à prendre ce risque. Ce faisant, Mme Verchère, femme courageuse et esprit indépendant, n’arrangera pas ses affaires. Se plaçant en marge du PS – et même contre avec le dossier Notre-Dame-des-Landes – elle ne peut prétendre à la carrière politique que son talent et son savoir faire méritaient.
A coup sûr, Philippe Noguès va droit dans le mur. Ses camarades frondeurs ne le suivront pas ; ils n’ont nulle envie d’abandonner le confort douillet de l’Assemblée nationale et du Sénat pour une entreprise incertaine.
Car faire scission signifie quitter une grande entreprise – le PS – disposant d’une force de frappe importante, pour rejoindre une petite boutique pauvre en moyens et sans clientèle électorale.
De toute manière, pour sauver les meubles aux législatives de juin 2017 , le PS « canal historique » et le PS « canal frondeur » seraient contraints de signer un accord électoral, scrutin majoritaire oblige, sinon c’est Waterloo ! Dans ces conditions, à quoi bon quitter la Rue de Solferino s’il faut demain négocier avec Cambadélis quelques strapontins. C’est pourquoi les camarades frondeurs n’ont nullement envie de monter dans la bateau Noguès. Leur argument : « il faut jouer collectif ». En réalité , il faut sauver les places.
Philippe Noguès oublie deux choses. D’abord il a été élu de justesse en 2012, ce qui ne lui accorde aucune marge de manoeuvre. Ensuite, en 2017, le team Le Drian s’empressera de mettre face à lui un socialiste « officiel ». Autant dire que ses chances de réélection sont très faibles.
« Nos efforts ont été relativement vains depuis deux ans » regrette-t-il. « Maintenant, il est préférable de provoquer un électrochoc » lance-t-il, proposant « d’être le détonateur de quelque chose de nouveau » après son départ. « J’espère rassembler et faire en sorte que toutes ces forces de gauche puissent se retrouver pour être unis aux législatives et bien avant », affirme-t-il encore dans Le Figaro (02/07/15).
En clair, il se propose de réussir la où Mélenchon avait échoué ! Sans impact médiatique, sans notoriété et sans charisme , Noguès veut donc « rassembler » , ce qui doit faire sourire rue de Solferino ; on ne doit pas manquer de lui souhaiter « bien du plaisir ».
Selon M. Noguès, qui avait rencontré François Hollande en mars lors d’un apéritif avec les frondeurs, le chef de l’Etat « espère beaucoup des éclaircies économiques mondiales . François Hollande a un certain optimisme. A l’inverse de Lionel Jospin qui a fait quatre ans magnifiques et une dernière calamiteuse, il pense que ce sera l’inverse pour lui » avant de préciser : « M. Hollande va avoir fait quatre années calamiteuses et il pense que la dernière année lui permettra d’arriver au second tour. »
Bernard Morvan
Crédit photo : DR
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