Il fallait oser, et elle l’a fait. La maire socialiste de Quimper, Isabelle Assih, vient de réussir un tour de force médiatique remarquable : transformer en cabale raciste une banale affaire de censure municipale et d’atteinte à la liberté d’entreprendre dont elle est seule responsable. L’enchaînement, étudié comme une partition, mérite qu’on s’y arrête — parce qu’il en dit long sur la manière dont une certaine élite politique locale traite désormais ceux qu’elle est censée représenter. Et accessoirement, parce qu’il fait totalement oublier la véritable victime de cette affaire : le Canon français lui-même, et avec lui la liberté d’expression, de réunion et d’entreprendre.
Rappel des faits, sans filtre
Un banquet du Canon français — entreprise festive créée il y a cinq ans, qui réunit des milliers de convives autour de cochons grillés, de vin rouge et d’un attachement assumé au terroir — devait se tenir début décembre 2026 au parc des expositions de Quimper. Soyons précis : un événement privé, payant, pacifique, qui n’a jamais donné lieu en cinq ans d’existence et des dizaines de rendez-vous similaires en France à un seul incident grave imputable à son organisation.
Le 18 avril dernier, à Caen, un banquet de la même entreprise s’est tenu sans incident interne, selon les déclarations du cofondateur Pierre-Alexandre de Boisse. Des signalements ont été déposés ensuite par des élus d’extrême gauche, dont l’eurodéputée LFI Emma Fourreau, obsédée par le Canon français, évoquant sans la moindre preuve concrète des « comportements racistes » et des « saluts nazis » qui se seraient produits — selon les organisateurs eux-mêmes — « des heures après le banquet et à plusieurs kilomètres », c’est-à-dire dans des conditions qui ne leur sont pas imputables. Le parquet de Caen a ouvert une enquête. À ce jour, aucune condamnation, aucune mise en cause judiciaire de l’entreprise elle-même n’a été prononcée.
Sur ces bases — des soupçons, des signalements, une enquête en cours — Isabelle Assih a décidé de « suspendre la tenue » du banquet quimpérois. Pas en s’appuyant sur un trouble à l’ordre public avéré (le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a lui-même reconnu devant le Sénat que les préfets n’avaient pas matière à interdire ces banquets), mais sur ses propres convictions politiques et celles, plus pressantes, de l’extrême gauche locale.
Voilà le point de départ. Le reste n’est que mise en scène.
La logique de la présomption de culpabilité
Madame Assih, on aimerait poser la question simplement : depuis quand, dans ce pays, peut-on interdire à des citoyens majeurs et consentants de se réunir paisiblement autour d’un repas, sous prétexte que, dans une autre ville, à des heures d’écart, des individus non identifiés auraient peut-être tenu des propos répréhensibles ? Depuis quand un soupçon non démontré justifie-t-il l’annulation préventive d’un rassemblement ? Depuis quand des menaces d’un camp politique devraient faire annuler une initiative économique ? Est-on en URSS ?
C’est exactement la logique inverse de ce qu’une République de droit est censée garantir. Présomption d’innocence, liberté de réunion, liberté d’association, liberté d’entreprendre : ces principes ne valent visiblement que pour ceux qui pensent comme vous. Pour les autres — les « franchouillards », les amateurs de cochon grillé et de vin rouge, les patriotes étiquetés un peu vite « d’extrême droite » par la presse subventionnée —, c’est un autre régime qui s’applique.
Le ministre de l’Intérieur lui-même, pourtant peu suspect de complaisance envers les organisateurs du Canon français, a été obligé de rappeler que « il n’y a pas de risque de trouble à l’ordre public » lorsque ce type de manifestation a lieu. Le préfet du Finistère, Louis Le Franc, n’a interdit aucun banquet. Personne, dans les rangs de l’État, n’a jugé nécessaire de bloquer juridiquement quoi que ce soit. C’est bien la maire de Quimper, et elle seule, qui a choisi de censurer cet événement. Pas au nom de la loi : au nom de ses préférences idéologiques.
La véritable victime : le Canon français et les libertés fondamentales
Au-delà du cas personnel de Madame Assih — sur lequel nous reviendrons —, c’est cela qu’il faut marteler : la véritable victime de cette affaire, c’est l’entreprise Canon français, ce sont ses adhérents, ses bénévoles, ses convives, et ce sont, à travers eux, les libertés fondamentales qui structurent une démocratie digne de ce nom.
Le Canon français a investi du temps, de l’argent, du travail dans l’organisation d’un événement légal, déclaré, payant, dont la programmation respectait tous les cadres administratifs en vigueur. Pierre-Alexandre de Boisse, son cofondateur, l’a rappelé : l’entreprise a été créée il y a cinq ans, bien avant que le milliardaire Pierre-Édouard Stérin n’y investisse — preuve que la structure préexiste largement aux raccourcis idéologiques qu’on tente de lui coller. Des milliers de personnes, dans plusieurs villes de France, ont assisté à ces banquets sans qu’aucun incident grave ne soit imputable à l’organisation elle-même.
En une décision arbitraire, Isabelle Assih a brisé le travail de cette entreprise à Quimper, sapé sa réputation, semé la suspicion, et envoyé un message glaçant à tout entrepreneur événementiel, à toute association culturelle, à tout collectif citoyen : si votre projet déplaît au maire en place, il sera annulé — sans débat, sans procédure, sans recours.
C’est cela, la véritable atteinte. Ce n’est pas un commentaire désagréable ou totalement idiot sur Facebook : c’est l’instauration, à l’échelle d’une commune française, d’un droit municipal à la censure politique. C’est l’idée terrifiante que la légalité d’un événement ne suffit plus — il faut désormais qu’il obtienne en plus la bénédiction idéologique de l’édile. Dans aucune démocratie sérieuse, en Europe, on n’accepte ce genre de glissement. En France, en 2026, on l’applaudit.
Le retour de bâton, et le passage en mode victime
Naturellement, sur les réseaux sociaux, des internautes ont réagi. Et oui, certains ont tenu des propos parfaitement inacceptables. Insultes, menaces personnelles, attaques à caractère racial ou sexiste visant l’édile et son époux. Ces propos, anonymes et lâches, méritent au minimum l’ignorance, au maximum une dénonciation publique (et une condamnation judiciaire si des menaces réelles sont avérées..). Mme Assih a annoncé qu’elle allait porter plainte : c’est son droit le plus strict – même si à la rédaction de Breizh-info.com, nous sommes farouchement opposés à toutes lois sur la « haine en ligne », comme sur toutes lois mémorielles, hormis si des menaces physiques sont réelles. Ce n’est pas aux tribunaux, déjà engorgés, de régler des affaires d’insultes de bac à sable sur Internet, quelle qu’en soit la teneur.
Mais — et c’est ici que le bât blesse — entre la condamnation des injures et la récupération politique d’une vague de critiques majoritairement légitimes, il y a un fossé que la maire de Quimper a franchi sans hésiter. Le 10 mai, lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage — moment grave, solennel, supposé universel —, elle a profité de la tribune pour régler ses comptes : « Pourquoi cette déferlante de haine ? Parce que j’ai dit non. Parce que je suis une femme. Et parce que mon époux est noir. »
C’est habile. C’est même très habile. En une phrase, elle transforme une décision politique contestée — l’interdiction d’un banquet privé — en agression raciste et sexiste personnelle. Quiconque osera désormais critiquer son arbitraire administratif sera renvoyé à son supposé racisme, à son supposé sexisme, à sa supposée « banalisation » du mal. La rhétorique est rodée, recyclée à l’envi par toute une frange de la gauche identitaire depuis quinze ans : tu n’es pas d’accord avec moi ? C’est que tu es raciste.
Et cette stratégie a un coût caché que personne ne mesure : elle écrase complètement l’autre victime de l’histoire, celle qui n’a ni tribune commémorative ni soutien du ministre de l’Intérieur ni couverture des grands médias. Le Canon français, qui est en passa de perdre un événement majeur, voit son honneur sali par association avec des faits non avérés, et n’a pour se défendre que les déclarations modestes de son cofondateur dans une dépêche AFP que la plupart des lecteurs ne liront jamais en entier.
Et la population, dans tout ça ?
Voilà le point que Mme Assih, le préfet, le ministre, le président de Région Loïg Chesnais-Girard, le premier secrétaire du PS Olivier Faure et tout le concert des bonnes consciences ont soigneusement évité d’aborder : et les Quimpérois, dans cette affaire ?
Ceux qui voulaient assister à ce banquet, par exemple. Ceux qui aiment, simplement, manger du cochon en chantant des refrains populaires, sans qu’on leur explique du haut d’une mairie qu’ils sont des fascistes en puissance. Ceux qui n’ont jamais fait de salut nazi, ni à Caen ni ailleurs, et qui se voient pourtant rangés en bloc, par association, dans la catégorie des suspects à neutraliser. Ceux qui paient leurs impôts locaux à Quimper pour y avoir des services publics, pas pour subir les leçons morales d’une édile qui les méprise.
À aucun moment Isabelle Assih ne s’est demandé si la population quimpéroise et aux alentours, elle, ne se sentait pas insultée par sa décision. Insultée, oui — quand on lui interdit jusqu’au droit de se réunir dans la fête. Calomniée, oui — quand on lui colle l’étiquette « extrême droite » sur le dos parce qu’elle veut manger un sanglier avec ses voisins. Bâillonnée, oui — quand on lui crache à la figure les mots « racisme » et « fascisme » à chaque fois qu’elle exprime un attachement à son pays, à son terroir, à ses traditions.
Madame le maire, vos administrés ne sont pas tous des nostalgiques de Vichy. Une bonne partie d’entre eux sont juste des Breton ou des Français ordinaires, fatigués, qui aimeraient bien qu’on leur foute la paix.
Le deux poids deux mesures, principe directeur de la gauche urbaine
Imaginons maintenant la situation inverse. Imaginons qu’un maire de droite, en 2026, refuse d’accueillir dans sa salle municipale un « banquet de la créolité », ou un dîner organisé par SOS Racisme, sous prétexte qu’à Lyon ou à Toulouse, quelques semaines plus tôt, des incidents auraient eu lieu en marge d’un événement similaire. Imaginez le tollé. Imaginez les unes des journaux. Imaginez l’union sacrée des élus de gauche pour dénoncer cette « atteinte aux libertés fondamentales ».
Là, en revanche, on interdit un banquet patriotique, et tout le monde applaudit. Le préfet, le ministre, le président de Région, le patron du PS. Aucun n’a un mot pour les centaines de Quimpérois privés de leur droit de se réunir. Aucun ne pose la question simple : sur quel fondement légal, exactement, peut-on annuler un événement privé qui n’a fait l’objet d’aucune mise en cause judiciaire ?
C’est cette asymétrie permanente qui rend la France de 2026 si difficilement respirable pour une partie croissante de sa population. Quand on est à gauche, on bénéficie d’une présomption de bonté qui rend toute critique suspecte. Quand on est à droite — ou simplement attaché à son pays et à ses traditions —, on bénéficie d’une présomption de mauvaiseté qui justifie toutes les censures.
Une maire, deux poids, et une démocratie qui s’érode
Soyons clairs : la critique d’Isabelle Assih qui s’exprime aujourd’hui sur les réseaux sociaux — quand elle reste verbale, argumentée, sans menaces personnelles ni insultes idiotes — est parfaitement légitime. C’est même un devoir citoyen, dans une démocratie qui se respecte, que de tenir comptable un élu de ses décisions, surtout quand ces décisions portent atteinte aux libertés fondamentales d’une partie de la population.
Confondre cette critique légitime avec les quelques propos haineux et lâches qui la souillent — propos que nous condamnons sans réserve —, c’est la stratégie classique de ceux qui veulent éviter le débat de fond. Madame Assih ne veut pas répondre à la question « avez-vous le droit d’interdire un événement sans base légale ? ». Alors elle déplace le terrain sur celui de la victimisation identitaire. C’est plus confortable, et ça mobilise immédiatement le ban et l’arrière-ban du PS, de LFI, des Verts, et des médias subventionnés.
Mais le procédé est cousu de fil blanc. Et les Français, de plus en plus, ne sont plus dupes. Ils voient bien que ceux qui crient le plus fort à la « haine » sont aussi ceux qui n’hésitent jamais à censurer, à humilier, à criminaliser leurs adversaires politiques. Ils voient bien que ceux qui prétendent défendre la « démocratie » sont aussi ceux qui interdisent les rassemblements festifs qui leur déplaisent. Ils voient bien que le mot « racisme », à force d’être brandi à tort et à travers, ne veut plus rien dire — ce qui est en soi une catastrophe pour les véritables victimes de racisme, qui méritent qu’on prenne leur situation au sérieux et non qu’on instrumentalise leur cause à des fins politiciennes.
Mot de la fin
Madame Assih, vous n’êtes pas la principale victime de cette affaire. Les insultes que vous avez reçues sont sans doute très méchantes et leurs auteurs anonymes méritent d’être dénoncés— sur ce point, il ne saurait y avoir aucune complaisance. Mais la principale victime, dans cette histoire, c’est le Canon français, ce sont ses adhérents privés d’un événement légal, ce sont les libertés d’expression, de réunion, d’association et d’entreprendre que vous avez piétinées en quelques lignes de communiqué.
Si vous voulez vraiment lutter contre la haine, commencez par rétablir le banquet du Canon français à Quimper. Faites confiance à la police, à la justice, aux mécanismes démocratiques ordinaires pour traiter les éventuels débordements lorsqu’ils se produisent, plutôt que de censurer préventivement au nom de soupçons non vérifiés.
Faites confiance, surtout, à vos administrés. Ils ne sont ni racistes, ni fascistes, ni dangereux. Ils sont fatigués qu’on les prenne pour des imbéciles, voilà tout. Et le jour où ils décideront de vous le faire savoir dans les urnes, vous comprendrez peut-être que la véritable haine, dans cette histoire, n’était pas du côté que vous croyez — mais du côté de celles et ceux qui, comme vous, refusent à leurs concitoyens jusqu’au droit le plus élémentaire de se réunir et de festoyer.
D’ici là, les Quimpérois — et les Bretons qui les regardent — continueront de réclamer le droit, élémentaire et non négociable, de manger du cochon en paix.
Yann V
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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12 réponses à “Le Canon Français à Quimper. Isabelle Assih ou l’art de censurer un banquet et de jouer ensuite les martyres”
Cette dame est mariée a un mari d’origine africaine.
En indre et loire le sénateur Ps dénonce au préfet un futur banquet du canon français et veut le faire interdire
Assish c est kasher ou Halal?
Avec les bretonnes de nos jours…leur préférence pour l exotisme …y survivra t on?
Promouvoir la culture de ce pays est honni par toute la gauche , maintenant le simple fait de manger un casse-croute jambon beurre cantal dans la rue risque de vous valoir un déferlement d’insulte voir de coup venant de personnes qui bien que née en France de parent français préfère le kebab , le couscous et le lait de chamelle ( cela fait plus écolo) .
Va t on devoir rentré en clandestinité au fond d’une cave en regardant en permanence autour de soit pour manger un aligot saucisse , un bon baeckeoffe , un saucisson Lyonnais ; même manger une simple galette oeuf gruyère avec un bol de cidre risque de devenir dangereux tant la haine des gauchistes est incommensurable envers la gastronomie française.
@vert : Il a toujours été dit que plus c’est gros , meilleur c’est pour la femme par contre pour l’homme blanc ………….sic
Qui se souciait, au loin, de Quimper à part les amateurs de crêpes ? Pourtant Quimper est en train de se faire une réputation nationale dans le monde religieux et politique. Paradoxalement des grands communicants de tolérance, d’accueil et de diversité y deviennent des symboles d’exclusion.
Dès lors une adaptation victimaire de communication s’impose.
Faut-il encore démonter les grosses ficelles devenues systématiques : Inversion de la chronologie action-réaction. Inversion de valeurs qui font d’un acte apparent d’autorité ce qui n’est qu’une faiblesse de soumission à ses troupes ou alliés extrémistes. Focalisation sur des actes marginaux ou externes pour qualifier la masse.
Tout ce qui peut rappeler » la France d’avant » fait vomir les gauchistes…critiques du spectacle d’ouverture de la coupe du monde Rugby avec Jean Dujardin, chansons de Sardou, femmes blondes élégantes, belles voitures, codes de politesse etc…..La charcuterie serait pour eux une insulte aux musulmans, le vin rouge pareil puisque le Coran interdit l’alcool alors le Canon français dérange pour 2 raisons 1/ Retour des traditions profondes de la France 2/ Pour des raisons anti Coran donc atteinte à leur électorat ! Cela dit je constate la disparition de nombreuses charcuteries et boucheries non halal…..je Canon est festif et l’extrême gauche a horreur de la joie et du bonheur.
L’attitude de Mme Assih n’est ni surprenante, ni originale : l’inversion accusatoire est devenue une tactique systématique de l’extrême-gauche (« quand j’attaque, c’est juste pour me défendre »). Ce n’est pas si étonnant puisque cette dérive imprègne aussi les relations internationales (« quand j’attaque l’Ukraine, c’est pour me défendre contre l’OTAN », dit Poutine — et les gogos de le croire : pourquoi Mme Assih se gênerait-elle ?).
BREIZH O MA BRO n’en déplaise aux etrangers envahisseurs destructeurs de ma culture ,de mon àme ,de ma mémoire ,de mes ancetres,; qu’ils rejoignent les leurs et respectent les miennes;ainsi la paix règnera
mais pourquoi les bretons ne cessent-ils de voter à gauche, depuis si longtemps ?
@Alex
Un Breton peut aussi être attiré par l’exotisme.
Je sens l’influence de BLL.
@PL44 : Surtout les Bretonnes pour certaines.
Mais que de mauvaise foi. L’idée n’a jamais été d’interdire les rassemblements de mangeurs de cochons et de buveurs de vin, franchement ! Grand bien leur fasse s’ils se régalent ! Tant mieux pour eux, vraiment. Non, ce qui pose problème c’est le discours caché derrière (et surtout certains actes et propos, là oui racistes, qui en découlent parfois). Faut pas avoir fait bac+5 pour tomber de l’armoire, il y a eu suffisamment de faits divers à cause de certains imbéciles incontrôlables sur ce sujet…