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23/10/2015 – 15H00 Nantes (Breizh-info.com) – Un blessé atteint dans la région du cœur à la Bottière, des tirs toutes les nuits à Malakoff, la gurre des gangs version nantaise a repris en force, après s’être calmée pendant l’été et le début de l’automne. La nouvelle flambée de violence – qui se traduit par des tirs – a déjà fait deux blessés, dont un grave.
Lundi 19 octobre vers 23 h 30, un jeune majeur de 18 ans a été blessé par trois balles qui l’ont touché dans la région du cœur. Rapidement secouru, il a été transporté à l’hôpital et ses jours ne sont pas en danger. Le surlendemain, le 21 octobre vers 20 h 30, une quinzaine de détonations ont claqué rue d’Angleterre, au cœur de Malakoff. Le jour d’après, le 22, d’autres tirs ont été faits vers 21 h 55. La patrouille de police rendue sur les lieux a découvert un homme de 42 ans – défavorablement connu des services de police – blessé par une balle à l’abdomen et roué de coups pour la prime, ce qui lui a causé une blessure au visage. Son pronostic vital était engagé hier soir.
C’est déjà la quatrième fois (au moins) qu’on tire quartier Malakoff en quelques mois. Le 11 mars, des hommes cagoulés ont tiré de nuit dans la rue d’Angleterre en criant « Bellevue, Bellevue ». Dans la nuit du 7 au 8 juillet, des tirs ont été faits vers 2 h 30, rue de Madrid, à l’ouest de la rue précédente. Puis une dizaine de tirs ont claqué le 8 octobre au soir rue d’Angleterre encore. La même rue a connu encore des tirs le 21 et le 22. A chaque fois, selon les riverains, les tireurs arrivent en voiture depuis le pont Tabarly, tirent et s’en vont comme ils sont venus, ce qui ne prend que quelques minutes à chaque fois.
Nombre de riverains de Malakoff semblent très inquiets. « Une zone de non-droit à quelques minutes du conseil régional et de la gare, ça fait peur ! », affirme Mourad, qui habite à deux pas de la rue d’Angleterre. Hakim pense que « ce sont encore ces enfoirés de Bellevue qui sont venus faire le dawa [bazar] ici ». D’autres font le lien avec le blessé par balle de la Bottière, d’autant que les tirs à Malakoff le 8 octobre avaient été suivis le lendemain d’une poursuite par trois individus, dont un armé, de deux autres à la Bottière. Les tirs seraient effectivement liés aux vieilles rivalités entre les trois quartiers de Bottière, Bellevue et Malakoff, ravivées par les trafics illicites de stupéfiants et la course à l’échalote sur les réseaux sociaux.
D’autres riverains trouvent « très étrange » la passivité des pouvoirs publics, qui n’ont pas encore envoyé des renforts exceptionnels sécuriser les quartiers sensibles et la ville comme cela avait été demandé par le maire et fait à la fin de l’année dernière. Ce travailleur social qui intervient souvent dans les quartiers sensibles nantais préfère rester discret : « c’est quand même étrange, en pleine campagne des régionales, qu’on laisse faire ça. A chaque tir, le FN gagne des dizaines d’électeurs. Ils voudraient le faire monter un max qu’ils ne s’y prendraient pas autrement ! ». Selon nos informations, la sécurisation du quartier est prévue dans les jours à venir, même si la demi-compagnie de CRS censée le faire en temps normal est déployée à Calais. Une autre habitante remarque que « cette zone de non-droit en plein Nantes ne semble pas faire réagir M. Valls ni M. Clergeau. Il n’y a pas que Notre-Dame des Landes dans la vie ! Et ceux-là au moins, ils ne tirent pas à balles réelles en pleine ville tous les soirs… ».
Photo : DR
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Une réponse à “La guerre des « quartiers sensibles » s’intensifie à Nantes”
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