À quoi ressemblera le tourisme en Bretagne à l’horizon 2040 ? C’est la question posée par Tourisme Bretagne, en partenariat avec la Région Bretagne, à travers une vaste démarche de prospective baptisée « Horizon 2040 ». Présentée comme une réponse aux bouleversements climatiques, économiques et sociétaux, cette réflexion entend associer professionnels, élus, acteurs institutionnels et, à partir de 2026, les habitants eux-mêmes, afin d’orienter les stratégies touristiques régionales pour les quinze prochaines années.
Selon Anne Gallo-Kerleau, vice-présidente Tourisme de la Région Bretagne et présidente de Tourisme Bretagne, « imaginer ce que sera le tourisme en Bretagne d’ici quinze ans n’est pas un simple exercice intellectuel. C’est une nécessité ». La démarche repose sur un travail engagé depuis plus d’un an, mobilisant chercheurs et acteurs locaux, et sur l’analyse de 38 facteurs de changement liés au climat, aux ressources, aux modes de vie, à l’économie et aux technologies.
Des scénarios contrastés, plus ou moins inquiétants
Les travaux ont abouti à cinq scénarios distincts. Le plus alarmant, intitulé « Fracture », décrit une Bretagne touristique marquée par un réchauffement de +4 °C, une fragilisation accrue du littoral et de fortes inégalités sociales. Dans ce scénario, le tourisme se concentre dans des espaces protégés et haut de gamme, tandis qu’une partie de l’offre disparaît : selon les projections présentées, jusqu’à 6 % de l’offre touristique pourrait être perdue, notamment dans les zones côtières exposées aux risques de submersion. Comme l’a résumé Stéphane Cevoz, responsable du TiHUB, « seuls les riches peuvent partir en vacances en Bretagne » dans cette configuration.
À l’inverse, les scénarios « Harmonie » et « Symbiose » mettent en avant un tourisme plus sobre, fondé sur la coopération locale, la préservation des ressources et la cohésion sociale. Le tourisme y est présenté comme « une affaire pour tous », contribuant à créer du lien entre habitants et visiteurs, tout en valorisant les savoir-faire et les cultures bretonnes.
Les scénarios « Echo » et « Mirage » explorent d’autres voies. « Echo » privilégie une montée en gamme assumée, avec une planification des flux et une optimisation de la valeur créée plutôt que du volume de visiteurs. « Mirage », enfin, mise sur un fort appui technologique : planification des séjours, gestion des flux, mobilités décarbonées et loisirs connectés, la technologie étant présentée comme un soutien, et non un substitut, à l’humain.
Un tourisme de plus en plus piloté
Si la prospective ne prétend pas prédire l’avenir, elle dessine néanmoins un cadre où le tourisme breton apparaît de plus en plus encadré et planifié. Les notions de sobriété, d’acceptabilité sociale et de régulation des flux traversent l’ensemble des scénarios, parfois au prix de restrictions d’accès ou de transformations profondes des pratiques touristiques. France Bleu rappelle ainsi que certains scénarios envisagent des parkings rendus payants ou des zones devenues inaccessibles pour des raisons environnementales.
Les habitants de la région seront appelés à se prononcer début 2026, dans le cadre d’une consultation citoyenne. Reste à savoir si cette vision très structurée du tourisme, pensée comme un outil d’aménagement et de transformation des territoires, parviendra à concilier attractivité, accessibilité et adhésion locale, sans fragiliser ce qui a longtemps fait le succès touristique de la Bretagne.
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