Nouvelle tentative d’assassinat de la langue française [L’Agora]

Une fois encore le Conseil d’État a agi, non pas comme une instance neutre et impartiale, mais comme un instrument juridique et politique au service des minorités les plus imbéciles poursuivant avec volupté la volonté européiste de brûler l’âme de la France. Sa décision d’accepter l’écriture, dite « inclusive », sur des plaques visibles à Paris, par tous, citoyens comme étrangers de passage, s’avère méprisable de la part d’une juridiction aussi haute. La France n’est pas seulement une terre exceptionnelle portée par toutes les latitudes. Elle n’est pas non plus une magnifique et longue histoire. Elle est bien évidemment un peuple s’harmonisant en une très grande nation. Elle est aussi, fusionnant ces qualités, une civilisation. Autant dire qu’elle appuie son parcours historique sur sa religion de référence, le christianisme, et sur sa langue fédératrice forgée par les siècles. Cette langue a été utilisée et exposée par des scientifiques et des écrivains admirés par toutes les honnêtes personnes au delà de nos frontières. La France a offert sa civilisation et sa langue au monde. Cette offrande est permanente et sans cesse visible. Elle doit être entretenue. Elle nécessite attention et respect.

Il est donc indigne et de bassesse politicienne, malheureusement contemporaine, de vouloir modifier la structure grammaticale de cette langue universelle. Rappelons aux féministes extrémistes et à leurs serviteurs décérébrés, que la France n’est plus propriétaire de la langue française. Elle en est cependant à l’origine ce qui lui confère une nécessaire exemplarité et un profond respect envers elle. Il est d’ailleurs humiliant qu’elle soit mieux défendue en Afrique, au Québec et ailleurs qu’à l’intérieur des frontières nationales. En se fondant essentiellement sur les statistiques démographiques détaillées publiées en juillet 2024 par l’ONU, la population du monde francophone peut être estimée à 583,7 millions, au 1er juillet 2024. C’est considérable. Il est donc d’une extrême prétention pour une extrême minorité d’agitateurs, appuyée par toutes sortes de médias vassalisés, de vouloir imposer, à cet énorme ensemble, des règles qui ne satisferaient qu’eux-mêmes. C’est vaniteux autant qu’idiot! À moins de vouloir séparer la France du monde francophone et inévitablement de la marginaliser et de la préparer à son absorption dans le Léviathan européen anglo-saxonnisé…

Je reviens sur notre Constitution, certes sérieusement malmenée depuis quelques lustres, mais dont l’essentiel demeure. Son article 2, auquel je me réfère souvent, stipule « « La langue de la République est le français. L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. L’hymne national est la Marseillaise. La devise de la République est Liberté, égalité, fraternité. Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. ». L’essentiel, l’intangible, est écrit. Le Français est donc bien notre langue écrite et parlée et le peuple est souverain. Je n’ai pas entendu dire que le peuple ait été consulté sur cet aspect aussi intime que la modification de sa langue.

Je m’interroge sur les circonstances de cette attaque contre notre langue, relayée par une institution aussi notable dans le fonctionnement de l’État. Le français – c’est un truisme – se voit agressé par l’anglo-saxon que les euro-mondialistes, exprimant les souhaits de l’État profond, aimeraient imposer comme langue universelle. Langue rudimentaire, suffisante dans l’ambition de cet État profond réfugié sur le continent européen, pour les échanges réduits entre des individus massifiés et soumis. Journalistes des médias asservis, snobs, bobos, collabos et niais, s’ingénient à truffer leurs paroles de termes incompréhensibles empruntés à cet idiome étranger et hostile, en doublon du vocabulaire français. La langue française menacée par cette perversion se voit mise en danger aujourd’hui, aussi, par les féministes exacerbés et des magistrats politisés, censés défendre le fonctionnement et la nature de l’État. Je rappelle que le Conseil d’État « juge si une mesure de l’administration est légale ou illégale, et peut l’annuler de façon définitive, la modifier voire ordonner d’autres mesures ou une indemnisation. ». Il n’est, par ailleurs, qu’un conseil qui émet des avis. En la circonstance le Conseil d’État a commis un abus en s’ingérant dans la Constitution et en se substituant à l’Académie Française. La mission confiée à l’Académie, institution vieille de quatre siècles, est pourtant lumineuse. Dans l’article 24 de ses statuts il est écrit, sans aucune ambiguïté, que: « La principale fonction de l’Académie sera de travailler, avec tout le soin et toute la diligence possibles, à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. ». Ainsi l’Académie française est une institution chargée de perfectionner, fixer et régler la langue française. Sachant qu’en tant qu’institution elle a reçu la charge d’établir les aspects formels concernant la langue en créant un ordre destiné à réduire les incertitudes, ses décisions font loi. Le Conseil d’État a commis, une ingérence, un véritable abus de pouvoir. Il en est de plus en plus coutumier.

Avant de conclure je voudrais ajouter un aspect qui semble échapper aux promoteurs de cette imbécilité. La langue peut être écrite ou parlée. Il existe une nécessaire continuité entre les deux quand bien même l’expression orale puisse apparaître souvent moins élaborée que l’expression écrite. L’écriture dite « inclusive » rompt cette continuité. Il est vain d’essayer de lire à haute voix un texte rédigé dans ce galimatias.

Cet incident contribue à me confirmer dans l’idée qu’il faut changer de mode de gouvernement, rappeler fermement les diverses instances et les grandes administrations à leur mission exclusive de service de la France et des Français et de tout ce qui a fait, fait et fera, la Grandeur de notre pays.

Henri ROURE

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Illustration : DR
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9 réponses à “Nouvelle tentative d’assassinat de la langue française [L’Agora]”

  1. Domper dit :

    Les progressistes veulent tout changer en France y compris la langue écrite et parlée. La baisse terrible du niveau à l’école réduit au minimum le vocabulaire quant à l’écrit entre les fautes de français et de syntaxe la novlangue apparaît dans les textos et les diplômés se gavent d’anglicismes idiots pour faire  » tendance ‘. Quand la plupart n’arrivent même pas à écrire correctement le français j’imagine mal comment ils pourraient écrire en inclusif….L’idéologie du CE à peine voilée ( sans jeu de mots ) les aveuglent sur le niveau réel de la population en français au prétexte d’une égalité d’écriture masculin/féminin .

  2. DAVID dit :

    La mutilation volontaire de notre langue nationale, par pure lâcheté politique, constitue un véritable crime qui doit être réprimé avec la plus extrême fermeté car elle porte atteinte à la culture et à l’identité nationales.

  3. Turcan isabelle dit :

    Merci pour cet excellent article : défendre l’absence de genre dans la langue française revient à renier son histoire enracinée dans la culture et la langue latines.
    Comme le grec et d’autres langues indo-européennes, le latin connaissait le masculin animé, le féminin animé et le neutre pour désigner tout ce qui était inanimé : les noms d’arbres et de fleuves étaient culturellement perçus comme des animés féminins, etc.. La question du genre va donc bien au-delà de choix individuels à propos du sexe et concerne une vision du monde, telle qu’elle se manifeste dans la culture européenne, une véritable cosmologie, si l’on pense au couple primordial du soleil et de la lune, les yeux du ciel, amants garants de tout serment et de la vie terrestre ? Si ce couple sexué change selon les latitudes nord-sud, sous nos latitudes le soleil fort est viril pendant que la lune est liée à la féminité et à son cycle reproducteur (cf. les travaux magistraux du professeur J. Haudry sur la civilisation Indo-Européenne).
    Bref, rien n’est simple en ce bas monde, mais allons plus loin que des choix nombrilistes d’incompétents.

  4. PL44 dit :

    « En même temps », le français n’est quand même pas autant attaqué que le breton. Avec les mutations, une écriture inclusive en breton serait compliquée et c’est tant mieux.
    « la préparer à son absorption dans le Léviathan européen anglo-saxonnisé »
    En effet, c’est peut être bien de ça qu’il s’agit.
    Un temps, les jacobins voulaient une république universelle dont la langue officielle aurait été le français. Tous n’ont peut être pas abandonné cet objectif. La finalité du communisme est la fusion de toutes les langues et nations.
    Le français a été imposé comme langue officielle en Angleterre.

  5. Rycart dit :

    J’imagine un étranger apprenant la langue française belle et riche comme la langue russe.
    Que va-t-il penser s’il doit lire un texte écrit en langue inclusive ?
    Il y aurait là de quoi jeter l’éponge !

  6. JLP dit :

    Espérons que les défenseurs du gallo se préoccuperont de rendre leur patois plus inclusif…

  7. Franco dit :

    Si je suis d’accord avec l’ensemble de l’article, je suis en total désaccord avec l’affirmation que le Québec défend la langue française. Sa population parle un charabia pseudo français avec une syntaxe anglaise et un accent remontant au XVIIIe…

  8. RAYMOND NEVEU dit :

    Tout à fait d’accord pour défendre le français de nos Inoubliables Classiques même notre Rutebeuf, notre Villon et tous ceux que je ne peux citer, nos Maîtres Montesquieu, Voltaire, Diderot…quelle richesse, nos humbles qui disparurent en 1914 Pergaud, Fournier Péguy…pardonnez-moi mes amis vous êtes trop nombreux…Daniel Robs, Montherlant…trop nombreux! Mais n’oublions pas la langue bretonne qui par son architecture révèle la pensée bretonne, la vraie langue bretonne! Pas le glupuj gant gleur (on peut traduire par -baragouin plein de glaire). Elle aussi riche d’auteurs qui ne faisaient pas des traductions!

  9. kan al louarn dit :

    Dommage pour la langue française, la seule que je connaisse parce que apprise à l’école et que j’utilise journellement. Mais rien ne me fera oublier la langue de mes ancêtres, le breton, que les jacobins essaient depuis des décennies faire disparaitre comme toutes les langues régionales? A chacun ses regrets…..

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