Les travaux de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public révèlent des flux financiers massifs vers des sociétés privées de production. En première ligne, le groupe Mediawan, dont l’un des actionnaires est Matthieu Pigasse. Invité des « Grandes Gueules » sur RMC, le député UDR Charles Alloncle affirme que cette société perçoit chaque année près de 100 millions d’euros de la part de France Télévisions, une situation qu’il juge profondément choquante au regard des missions du service public.
Pour le rapporteur de la commission, le cœur du problème ne réside pas seulement dans les débats récurrents sur la neutralité éditoriale, mais dans un mécanisme d’hyperconcentration des contrats de production. Selon lui, une poignée d’acteurs privés capte une part considérable de l’argent public, au détriment de la création indépendante et des moyens internes du groupe audiovisuel. Il rappelle que France Télévisions emploie des milliers de salariés et s’interroge sur la pertinence de confier autant de productions à des prestataires extérieurs. L’audiovisuel public, financé à hauteur de quatre milliards d’euros par an, soit environ la moitié du budget du ministère de la Culture, devrait selon lui d’abord servir l’intérêt général plutôt que les profits privés.
Le député va plus loin en dénonçant le fait que Mediawan soit majoritairement détenu par un fonds d’investissement américain. Il s’interroge publiquement sur la légitimité de voir l’impôt des Français financer indirectement des investisseurs étrangers, alors que la création française indépendante manque cruellement de soutien. Pour lui, cette logique s’inscrit dans une financiarisation inquiétante du service public, éloignée de sa vocation culturelle.
Au-delà des contrats, Charles Alloncle alerte sur la situation financière du groupe. La Cour des comptes a récemment fait état d’un déficit de 81 millions d’euros, en contradiction avec une décennie de communication officielle se voulant rassurante. Le député parle d’une possible insincérité des comptes et évoque même une situation proche de la faillite. Sur les ondes de RMC, il confie soupçonner des « comptes maquillés », ce qu’il considère comme extrêmement grave pour un groupe financé intégralement par l’argent public.
Ces déclarations ont suscité une réaction immédiate de France Télévisions. Le groupe a dénoncé des propos jugés erronés et trompeurs, assurant respecter strictement la trajectoire budgétaire fixée par l’État. Concernant la transmission des documents demandés par la commission, la direction affirme avoir communiqué plus de 26 000 documents représentant plus d’un million de pages, mobilisant plusieurs salariés à plein temps pour répondre aux sollicitations du Parlement. France Télévisions réfute toute opacité et accuse le rapporteur de confondre communication financière et communication éditoriale.
Charles Alloncle conteste fermement cette version. Il déplore n’avoir reçu qu’une partie des documents demandés et estime que la lenteur des transmissions porte atteinte au contrôle parlementaire. Il évoque même un possible « délit d’entrave » et parle d’une volonté manifeste de « mettre le couvercle » sur des dossiers sensibles. Selon lui, cette résistance institutionnelle montre que ses questions dérangent.
Un autre volet de ses critiques concerne la neutralité politique. Le député s’appuie sur des relevés de l’Arcom pour dénoncer une sous-représentation chronique de certains partis, notamment le Rassemblement national et La France insoumise. Il estime que l’égalité de traitement n’est pas respectée sur les antennes publiques et critique vivement certains appels à l’exclusion d’invités politiques formulés par des chroniqueurs de France Inter. Pour lui, les Français sont en droit d’attendre une impartialité exemplaire de médias qu’ils financent par l’impôt.
Face aux accusations de partialité à son encontre, Charles Alloncle se défend vigoureusement. Il affirme n’avoir jamais souhaité la privatisation du service public et rejette toute proximité avec Vincent Bolloré, qu’il assure ne jamais avoir rencontré. Selon lui, dénoncer des dysfonctionnements financiers ne revient pas à vouloir « la peau » de France Télévisions ou de Radio France, mais à exercer pleinement son rôle de parlementaire.
Le député dénonce également les tentatives visant à restreindre sa liberté d’expression. Il s’indigne des rappels à l’ordre du bureau de la commission, qui lui demanderaient de faire preuve de « pudeur médiatique » et de cesser de commenter les auditions sur les réseaux sociaux. Une demande qu’il juge absurde, rappelant que les travaux de la commission sont publics et que la loi autorise la diffusion des échanges.
Pour Charles Alloncle, un système de protection se met en place autour de l’audiovisuel public dès que des questions dérangeantes sont posées. Il affirme sentir une résistance organisée et une volonté d’étouffer le débat. Malgré les pressions, il assure vouloir poursuivre ses investigations, convaincu que cette commission peut avoir une vertu : celle de remettre de la transparence dans l’utilisation de l’argent public et, selon ses mots, « sauver l’audiovisuel public ».
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6 réponses à “Audiovisuel public : Charles Alloncle dénonce un système d’enrichissement privé financé par l’impôt”
Félicitations et courage à Charles Alloncle. Qu’il précise bien qu’il n’a aucune idée suicidaire, au cas où !
L’existence du « système de protection » aura été bruyamment démontrée par la mobilisation médiatique à laquelle on assiste contre la commission d’enquête et surtout contre la personne de son rapporteur.
81 millions de déficit pour l’audiovisuel français France Télévision, alors que depuis un grand moment , surtout en période des vacances , nous n’avons que des rediffusions qui ne coutent rien.Alors dans quelle poche va ce « pognon « ?
Je salue le courage de Charles Alloncle, ce qui n’est malheureusement pas le fait d’une majorité des députés qui sont plus intérèssés par le contenu de leur gamelle plutôt que par leur loyauté envers leur statut et envers leur pays. Si nous avions plus de Charles Alloncle la France se porterait mieux.
Bravo au très courageux député Charles Alloncle, une fois n’est pas coutume au sein des institutions vermoulues, caverneuses, de la ripouxblique, pour cette magistrale, surprenante, rapide et vivifiante opération « Mani Pulite » au sein des médias publics.
Une action qui déstabilise momentanément la mafia des initiés… la caste des prévaricateurs, des profiteurs habituels de la ripouxblique, qui détournent sciemment l’argent des Français, depuis si longtemps, avec un sans-gêne assumé, en les mettant par dessus le marché, sous une indécente camisole mentale, qui empêche les vrais débats d’idées, constructifs, de se nouer.
J’attends maintenant, avec curiosité, la suite réelle de l’action menée… qui n’arrivera très probablement jamais, sur les organigrammes, les personnes bénéficiaires de ces détournements massifs d’argent public.
Prochaine étape, tellement il y a d’intérêts cachés en jeu : disparition subite de Charles Alloncle, attaque latérale sur son entourage, maladie foudroyante…
Une « bande décidée » à suivre…
Ps : la photographie d’illustration de l’article aurait pu être un peu plus attractive…
Ces gens » bien planqués » ne supportent pas le moindre contrôle de l’utilisation de l’argent public qu’ils peuvent dépenser sans trop de justificatifs. Qu’une partie alimente des boîtes privées ( américaines de surcroît ) sans l’assentiment des contribuables est scandaleux. Nos impôts servent déjà à financer des » daubes » films racontant toujours les banlieues sans aucun succès dans des salles vides….Combien de semaines de congé chez France Télé ? Quels salaires ? Notes de restaurants hors de prix et taxis en plus des voitures de fonction ? Chut! On ne va pas commencer à tout justifier……