La mort « inattendue » de Stephen Smith, survenue à la mi-janvier dans le comté d’Armagh, a ravivé de fortes tensions locales en Irlande du Nord. Ancien détenu condamné pour un double homicide involontaire très médiatisé dans les années 2000, l’homme aurait été agressé quelques semaines auparavant par des membres d’un gang criminel structuré. Dans la région, les autorités redoutent désormais une spirale de représailles.
Stephen Smith est décédé le samedi 17 janvier à son domicile du quartier de Greenpark Crest, à Armagh. Si les causes exactes de sa mort ne sont pas encore connues, et que celle-ci n’est officiellement pas considérée comme suspecte à ce stade, son décès intervient dans un contexte particulièrement explosif.
Une mort entourée de rumeurs et de violences récentes
Selon plusieurs sources locales, Stephen Smith aurait été violemment pris à partie récemment par des membres d’un gang criminel bien connu dans le sud de l’Irlande du Nord, parfois désigné sous le nom de The Firm. Cette agression, survenue dans le cadre d’un conflit interne au milieu criminel local, aurait également conduit à l’attaque d’un second homme, totalement étranger à l’affaire, pris pour cible par erreur.
Ces événements ont contribué à faire monter la tension dans la région de Clady, au point que la police nord-irlandaise a renforcé sa présence avant et pendant les obsèques de Stephen Smith, célébrées jeudi dernier à l’église Saint-Michael.
Dans un communiqué, la Police Service of Northern Ireland (PSNI) a confirmé être intervenue à la suite du décès et attendre désormais les conclusions de l’autopsie.
Un passé judiciaire lourd, marqué par un drame ancien
Stephen Smith n’était pas un inconnu de la justice. En 2013, lui et ses trois frères avaient été condamnés pour homicide involontaire à la suite de la mort de Thomas O’Hare et de sa compagne Lisa McClatchey, décédés lors de l’incendie criminel de leur maison à Tassagh, en novembre 2006.
L’affaire avait profondément choqué l’Irlande du Nord. Thomas O’Hare avait été violemment frappé à coups de marteau avant que le domicile ne soit aspergé d’essence puis incendié. Les deux victimes avaient péri dans les flammes.
Lors du procès, la cour avait établi que Thomas O’Hare avait sexuellement abusé de Stephen Smith lorsqu’il était enfant, à la fin des années 1980. Ce traumatisme avait été reconnu par le juge, sans pour autant justifier les actes commis. Lisa McClatchey, âgée de 21 ans au moment des faits, n’avait aucun lien avec ces abus et était considérée comme une victime totalement innocente.
Le jury avait finalement acquitté les frères Smith des chefs de double meurtre, mais les avait reconnus coupables d’homicide involontaire. Stephen Smith avait été condamné à onze ans de prison.
Une région sous tension, entre criminalité et mémoire des violences
Près de vingt ans après les faits, la mort de Stephen Smith ravive des plaies encore ouvertes dans une région où les conflits personnels, criminels et communautaires s’entremêlent souvent. Des sources locales évoquent désormais des menaces de représailles proférées par des proches du défunt, faisant craindre l’émergence d’une vendetta durable.
Le climat est d’autant plus sensible que les gangs criminels locaux, parfois héritiers de réseaux paramilitaires plus anciens, continuent d’exercer une influence réelle dans certaines zones rurales d’Irlande du Nord, en particulier dans le sud de l’Armagh.
Le club local de la GAA, auquel appartenait Stephen Smith, a d’ailleurs annoncé la suspension temporaire de toutes ses activités, signe de l’inquiétude qui traverse la communauté.
Une mort qui interroge l’ordre public nord-irlandais
Si les autorités se veulent prudentes, la mort de Stephen Smith pose une nouvelle fois la question du contrôle de la criminalité organisée dans certaines zones de l’Irlande du Nord post-conflit. Vingt-cinq ans après l’Accord du Vendredi saint, les violences n’ont pas disparu ; elles ont simplement changé de visage.
Entre règlements de comptes, héritages familiaux, trafics et justice parallèle, le comté d’Armagh demeure l’un des territoires où l’ordre public reste fragile, malgré une normalisation institutionnelle apparente.
Les conclusions de l’autopsie seront scrutées de près. Elles pourraient déterminer si la mort de Stephen Smith relève d’un simple incident médical… ou si elle marque le point de départ d’un nouvel engrenage de violences.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.