La Bretagne figure cette année parmi les régions mises à l’honneur dans la cinquième édition du « Plus Grand Musée de France », une opération nationale de sauvegarde du patrimoine portée par La Sauvegarde de l’Art Français en partenariat avec Allianz France. Jusqu’au 22 février, le public est invité à voter pour désigner l’œuvre bretonne qui bénéficiera d’un financement de 8 000 euros destiné à sa restauration.
Lancée sous la forme d’une vaste « chasse aux trésors », l’initiative a permis, entre septembre et décembre 2025, d’identifier plus de 400 œuvres et objets d’art en danger à travers la France. Après examen par un jury, composé de représentants d’Allianz France et de La Sauvegarde de l’Art Français, deux à trois œuvres par région ont été retenues selon trois critères principaux : leur qualité artistique, l’urgence de leur état de conservation et l’implication des acteurs locaux.
En Bretagne, sept œuvres avaient initialement été signalées par les citoyens. Trois projets, issus de trois départements différents, ont finalement été sélectionnés pour concourir au vote régional.
À Rennes, un modèle scientifique unique du XIXᵉ siècle
En Ille-et-Vilaine, la ville de Rennes est représentée par une pièce exceptionnelle conservée à l’Institut Agro Rennes-Angers : le Cheval anatomique du docteur Auzoux, réalisé en 1851 par Louis Auzoux.
Entièrement démontable et composé de 127 éléments en papier mâché, ce modèle pédagogique reproduit avec un grand réalisme l’anatomie du cheval à environ 75 % de l’échelle réelle. Ces créations, qui permettaient l’enseignement scientifique sans recourir à la dissection, ont profondément marqué l’histoire de la pédagogie au XIXᵉ siècle.
Aujourd’hui, l’objet est fortement dégradé. Des pièces manquent, la peinture s’écaille, des lacunes sont visibles et les éléments métalliques présentent une corrosion avancée. Sa restauration nécessiterait l’intervention de plusieurs spécialistes afin de démonter, nettoyer, consolider la structure et restituer la polychromie d’origine. Une fois restauré, ce modèle a vocation à être de nouveau présenté au public dans le bâtiment historique de l’Institut.
Dans le Morbihan, une Vierge médiévale à l’iconographie rare
Le département du Morbihan est représenté par une Vierge en prière conservée dans l’église de Sainte-Brigitte. Datée du XVIᵉ siècle et sculptée dans le chêne, cette œuvre se distingue par une iconographie peu commune. La mandorle sculptée au niveau du ventre laisse penser qu’il s’agissait à l’origine d’une Vierge enceinte, une représentation rare dans l’art médiéval.
Les mutilations visibles pourraient correspondre à une transformation volontaire de l’œuvre après le concile de Trente, période durant laquelle l’Église privilégia la figure de la Vierge à l’Enfant. Les analyses ont également mis en évidence une polychromie très riche, avec des traces d’or et d’argent, témoignant de l’éclat initial de la sculpture.
L’état de conservation est aujourd’hui préoccupant. Fissures, cassures, attaques d’insectes xylophages et zones vermoulues fragilisent la structure, tandis que la polychromie est largement altérée et recouverte de repeints inadaptés. Une restauration permettrait de consolider le bois et de restituer une lecture plus fidèle de l’œuvre originale.
Dans le Finistère, une Vierge à l’Enfant emblématique de la sculpture bretonne
Le Finistère est représenté par une Vierge à l’Enfant conservée dans la chapelle Saint-Laurent de Goulien. Datée des XIVᵉ-XVᵉ siècles et classée monument historique depuis 1993, cette statue en granite polychrome constitue un exemple rare et précieux de sculpture mariale bretonne.
La Vierge y tient une fleur, tandis que l’Enfant Jésus, représenté de face, porte un oiseau symbolisant l’Esprit Saint. Taillée dans un matériau robuste mais finement peint, l’œuvre témoigne du savoir-faire des artisans locaux et occupe une place centrale dans le patrimoine de la commune.
Cependant, la lecture de ses décors est aujourd’hui altérée par l’accumulation de couches de peinture et par des lacunes de polychromie. Le projet de restauration vise à dégager la couche colorée la plus ancienne afin de redonner toute sa lisibilité et sa finesse à l’ensemble, tout en assurant sa conservation à long terme.
Un vote pour sauver le patrimoine breton
Le vote est ouvert à tous jusqu’au 22 février, sans restriction géographique, et permet de soutenir une œuvre par région. En Bretagne, l’œuvre lauréate bénéficiera d’une dotation de 8 000 euros pour financer sa restauration.
Depuis cinq ans, « Le Plus Grand Musée de France » a permis de mobiliser plus de 300 000 citoyens et de restaurer ou de lancer la restauration de dizaines d’œuvres du patrimoine de proximité. En Bretagne comme ailleurs, cette mobilisation illustre l’attachement persistant des habitants à leur héritage artistique, religieux et scientifique.
Illustration : DR
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