Dimanche soir, au Parc des Princes, le Classique entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille n’a pas seulement accouché d’un large succès parisien sur le terrain. Il a surtout offert, en tribune Auteuil, une démonstration d’imagination et de provocation parfaitement maîtrisée.
Avant même le coup d’envoi, le Collectif Ultras Paris (CUP) a déployé un tifo lumineux, enveloppé de fumigènes, plongeant le stade dans une atmosphère électrique. Un spectacle total, assumé, qui rappelle que le football est aussi affaire de mise en scène, de rivalité et de dramaturgie populaire.
Mais c’est une banderole en particulier qui a marqué les esprits.
« Les Marseillais, c’est des livreurs (DPD) »
Le Collectif Ultras Paris a au moins le sens de l’imagination pour contourner le règlement des tribunes imposé par la LFP.
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— Valentin Feuillette (@VFeuillette75) February 8, 2026
« Les Marseillais, c’est des livreurs » : le génie du second degré
Au cœur de la tribune Auteuil, un visuel représentant un faux livreur (DPD) aux couleurs marseillaises, affublé d’une casquette de l’OM et d’un colis surmonté d’un rat, accompagné du slogan : « Les Marseillais, c’est des livreurs ». À première vue, une moquerie classique dans le registre du chambrage footballistique. Mais derrière l’apparente simplicité, un jeu de mots subtil, visant à contourner les règlements de la Ligue de Football Professionnel (LFP) sur les chants et banderoles jugés “homophobes”.
Les ultras parisiens ont trouvé la faille : suggérer sans dire, ironiser sans formuler explicitement. Résultat ? Un message compris de tous, mais difficilement attaquable sur le plan strictement réglementaire.
Une pirouette brillante.
La LFP face à ses contradictions
Depuis plusieurs saisons, la LFP multiplie les avertissements, interruptions de matches et sanctions au nom de la “lutte contre l’homophobie”. Avant même la rencontre, le PSG avait d’ailleurs appelé ses supporters à la retenue, rappelant que des propos jugés discriminatoires pourraient entraîner des sanctions lourdes, voire une interruption du match.
En seconde période, l’arbitre a brièvement suspendu la rencontre pour des chants considérés comme répréhensibles. Le speaker du stade a dû rappeler les consignes. Mais ce que révèle surtout l’épisode, c’est le fossé grandissant entre la culture populaire des tribunes et la moralisation technocratique du football professionnel.
Les insultes, les chants hostiles, les caricatures font partie du folklore du ballon rond depuis des décennies. Dans un stade, on chambre, on exagère, on provoque. C’est rugueux, parfois excessif, mais c’est aussi ce qui fait la saveur des rivalités.
« Les marseillais c’est des livreurs », « Élimination en LDC for sure »
Les supporters du PSG ont mis la barre haute ce soir en tribunes 😭😭 pic.twitter.com/Pv7VV4T7R5
— La footixerie 🤡⚽️ (@la_footixerie) February 8, 2026
En cherchant à aseptiser le spectacle, la LFP transforme chaque slogan en dossier disciplinaire et chaque tifo en risque juridique.
Parcage vide et message politique
Les ultras parisiens ne se sont pas arrêtés là. Une autre banderole dénonçait l’interdiction systématique des déplacements de supporters lors des Classiques : « Parcage vide pour le Classico, symbole de votre fiasco. Liberté pour les ultras. »
Là encore, le message vise directement la LFP et sa politique sécuritaire.
À force de fermer les parcages visiteurs, d’encadrer les chants, de traiter les supporteurs adverses comme des sous citoyens (interdiction de paraitre dans certaines villes…) et de menacer de huis clos, l’instance dirigeante prétend pacifier le football. Mais elle nourrit aussi une frustration croissante chez les supporters, qui ont le sentiment d’être traités comme des suspects permanents.
Ce Classique restera sans doute comme un cas d’école : un tifo spectaculaire, des banderoles finement ciselées et une démonstration que la créativité des tribunes a toujours un coup d’avance sur les règlements.
En voulant éradiquer toute forme de provocation, la LFP se retrouve une nouvelle fois tournée en dérision. Car à trop vouloir moraliser, on finit par susciter l’inventivité de ceux qu’on entend contrôler.
Le football n’est pas un colloque universitaire. C’est un théâtre populaire. Et dimanche soir, à Auteuil, ce théâtre a offert une scène aussi brillante que provocatrice – preuve que la passion ne se met pas si facilement sous cloche.
Photo : Capture écran Twitter
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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