Depuis toujours, les hommes et les femmes ont brodé. Partout dans le monde, les fils ont servi à décorer et à raconter. Mais en Bretagne, la broderie n’était pas seulement décorative : elle faisait partie de l’identité des Bretons.
Au XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle, les costumes bretons étaient de véritables œuvres d’art. À travers les motifs et les couleurs, on reconnaissait le pays d’origine, parfois la condition sociale, et même les grandes étapes de la vie. Une veste richement brodée pouvait demander des semaines, parfois des mois de travail.
Selon les pays de Bretagne, les styles variaient. Dans la région de Quimper, la broderie Glazig éclatait de couleurs et de motifs végétaux.
Dans le pays bigouden, les broderies, étaient souvent vives et contrastées, elles illuminaient jadis les costumes noirs.
Ailleurs, on pratiquait aussi des broderies plus discrètes, comme la broderie blanche, tout en finesse et en relief.
La broderie se transmettait en famille. Chaque brodeur avait son savoir-faire. Chaque territoire possédait ses points.
Puis le temps a passé. C’est au XXᵉ siècle, c’est avec l’abandon progressif du costume traditionnel, que la broderie a semblé perdre sa place.
Mais depuis plusieurs années, la broderie connaît un renouveau.
Parmi ceux qui donnent cette impulsion, Pascal Jaouen occupe une place particulière. Fasciné très jeune par les costumes brodés, il a développé cet art. Pour lui, la broderie n’est pas un art figé : elle doit vivre, évoluer, s’inventer. En fondant son école de broderie d’art à Quimper, il a permis à des milliers de personnes d’apprendre et de redécouvrir ce patrimoine. Ses créations, souvent audacieuses, mêlent tradition et modernité, prouvant que cet art peut encore surprendre.
Lorsque l’on entre dans un cours de broderie la première chose que l’on constate c’est le silence. Autour des tables, on a des personnes de tous les âges, aux mains patientes qui avancent point après point. Certains et certaines apprennent, d’autres se perfectionnent : broderie Glazig, Bigoudène, jours d’ombre, passé empiétant, broderie d’or… .
« Broder, c’est apprendre à prendre son temps, à se concentrer, à créer de ses mains »
Sur le tissu, souvent un drap de lin, apparaissent peu à peu des fleurs, des arabesques, des couleurs éclatantes. Les brodeurs et brodeuses s’entraident, discutent broderie ou météo. La scène pourrait se dérouler il y a cent ans… et pourtant, elle est bien d’aujourd’hui. « La broderie est un loisir accessible à tous. On apprend bien plus qu’une technique. Broder, c’est apprendre à prendre son temps, à se concentrer, à créer de ses mains. C’est aussi une façon d’apaiser l’esprit et de cultiver la patience», vous dira Rose, élève depuis 4 ans.
Aujourd’hui, la broderie ne se cache plus seulement dans les armoires d’autrefois. On peut admirer des pièces dans les musées, notamment au Musée breton de Quimper, lors d’expositions ou de festivals, mais aussi sur les scènes, où les cercles celtiques font revivre les costumes brodés lors des fêtes et des spectacles. Elle apparaît également dans des créations contemporaines, dans la mode.
La broderie bretonne n’est pas seulement une trace du passé. Elle est une histoire qui continue de s’écrire, point après point, fil après fil, entre les mains de celles et ceux qui, aujourd’hui encore, choisissent de faire vivre cet art.
Eliza Fonteilles
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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