Le Parlement européen a adopté, le 12 février 2026, trois résolutions distinctes concernant la situation des droits humains en Iran, en Turquie et en Ouganda. Parmi les points les plus sensibles figure la question des expulsions ciblées de chrétiens étrangers en Turquie, désormais officiellement portée à l’agenda européen.
Chrétiens expulsés de Turquie : un débat et une résolution
Un débat spécifique s’est tenu à Strasbourg sur les expulsions de journalistes et de chrétiens étrangers en Turquie. À l’issue de cette discussion, une résolution a été adoptée à une large majorité (502 voix pour, 2 contre et 59 abstentions), condamnant fermement les expulsions menées sous couvert de « sécurité nationale » sans garanties procédurales effectives.
Depuis 2019, plus de 300 chrétiens étrangers auraient été écartés du territoire turc, parfois après plusieurs décennies de présence légale. Ces décisions s’appuient notamment sur des codes administratifs de sécurité, tels que les codes N-82 et G-87, sans qu’aucune preuve publique ne soit communiquée et sans contrôle juridictionnel jugé effectif par les critiques du système.
Plusieurs eurodéputés ont estimé que ces pratiques posaient un problème de liberté religieuse, alors même que la Turquie est candidate à l’adhésion à l’Union européenne et membre du Conseil de l’Europe, ce qui l’oblige à respecter la Convention européenne des droits de l’homme.
Le texte adopté appelle Ankara à mettre fin à ces expulsions, à suspendre les procédures engagées contre des journalistes étrangers et à permettre un examen juridictionnel indépendant des décisions administratives. La Commission européenne est invitée à soulever systématiquement ces questions dans le dialogue politique avec la Turquie et à envisager des mesures ciblées en cas de persistance des violations.
En parallèle, plusieurs affaires sont pendantes devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), dont les dossiers Wiest et Wilson, cette dernière regroupant une vingtaine de requêtes similaires. L’enjeu juridique porte sur la qualification éventuelle d’une discrimination religieuse systémique.
Iran : dénonciation de la répression et appel à la reddition de comptes
Le Parlement européen a également adopté une résolution très large sur la situation en Iran (524 voix pour, 3 contre, 41 abstentions). Les députés condamnent la répression exercée contre les manifestants, la société civile, les femmes et les minorités.
Le texte évoque des informations faisant état d’un bilan extrêmement lourd lors des récentes manifestations et estime que certains actes documentés pourraient atteindre le seuil de crimes contre l’humanité. Les députés appellent à une documentation indépendante par les organes des Nations Unies et à la préservation des preuves en vue d’éventuelles poursuites internationales.
La libération immédiate des personnes détenues arbitrairement, dont la lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, est demandée. Le Parlement invite également l’Union européenne à élargir les sanctions ciblées et à élaborer une stratégie visant à soutenir les familles des détenus.
Ouganda : élections contestées et inquiétudes pour l’opposition
Enfin, une troisième résolution (514 voix pour, 3 contre, 56 abstentions) concerne la situation post-électorale en Ouganda. Les élections du 15 janvier 2026 sont jugées entachées d’irrégularités, de violences et d’une coupure nationale d’internet.
Les députés expriment leur inquiétude face aux arrestations et menaces visant des figures de l’opposition, dont Robert Kyagulanyi, dit Bobi Wine, et le Dr Kizza Besigye. Ils demandent leur libération ainsi que celle de toutes les personnes détenues arbitrairement, et appellent à des enquêtes indépendantes sur les violations alléguées.
Le Parlement invite également l’Union européenne et ses États membres à réexaminer leur coopération avec l’Ouganda afin de garantir le respect des principes fondamentaux de l’Union.
Ces trois résolutions témoignent d’une volonté affichée du Parlement européen de renforcer la pression politique sur plusieurs partenaires ou pays tiers, qu’il s’agisse de liberté religieuse en Turquie, de répression en Iran ou de dérives autoritaires en Ouganda.
Reste à savoir quelles suites concrètes la Commission et le Conseil donneront à ces votes massifs, et dans quelle mesure ces prises de position se traduiront par des mesures diplomatiques, économiques ou juridiques effectives.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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