La Catalogne sud a une particularité : elle constitue le territoire avec le plus d’autonomie interne de tout l’Etat espagnol (après le Pays Basque) et elle a, elle-même, en son sein un petit territoire autonome : le Val d’Aran. En somme, le Val d’Aran est une « autonomie dans l’autonomie » depuis 1990.
Situé aux confins nord-ouest de la Catalogne, le Val d’Aran est un territoire montagneux de 10 000 habitants de langue occitane dans sa variante gasconne. Au Val d’Aran, les toponymes sont tous en occitan aranais et les publications communales sont également uniquement en occitan. Le catalan, l’espagnol mais aussi le français sont également parlés par toute la population car le territoire est très touristique mais l’aranais est présent partout.
Le Val d’Aran est dirigé par un petit gouvernement autonome : « Eth Conselh Generau d’Aran » composé d’un exécutif « eth sindic » et de 12 conseillers généraux. Régulièrement les prérogatives de ce micro-gouvernement sont revus par le parlement autonome de Catalogne qui lui octroie de plus en plus de pouvoirs. La dernière réforme en date a été votée le 25 février dernier à Barcelone. Afin de préserver et de renforcer la singularité d’Aran, les députés catalans ont voté le fait que les lois décidées localement à Aran ne peuvent être remises en cause par les autres strates du mille-feuilles administratif provincial (Aran fait partie de la province de Lérida) et, en cas de contradiction, les lois votées par le sindic ont désormais la priorité. Cette clarification était nécessaire pour éviter des confusions au niveau local.
Extrait du compte-rendu de séance du parlement autonome catalan du 25 février dernier :
Loi sur le régime spécial d’Aran.
L’Assemblée plénière a également approuvé ce matin la loi renforçant le régime spécial d’Aran, par 109 voix pour (PSC-Units, Junts, ERC, Comuns, CUP-DT et AC), 11 voix contre (Vox) et 15 abstentions (PPC).
Cette loi ajoute une cinquième disposition au texte révisé de la loi sur l’administration municipale et locale de Catalogne, stipulant que la législation locale commune ne s’applique à Aran qu’en l’absence de réglementation spécifique. Elle contribue à consolider l’autonomie d’Aran et sa personnalité institutionnelle propre.
Ont participé au débat : Jeannine Abella (Junts), Ester Capella (ERC), Montserrat Berenguer (PPC), Rafael Villafranca (Vox), Lluís Mijoler (Comuns), Xavier Pellicer (CUP-DT), Rosa Maria Soberana (AC) et, représentant le groupe soutenant le gouvernement, Neus Comes (PSC-Units).
Le débat et le vote sur la loi ont été suivis depuis la tribune par Maria Vergés, médiatrice d’Aran, accompagnée du médiateur adjoint Francisco Bruna, de Javier Cavero et d’Oriol Sala, et de la conseillère et chef de l’opposition au Conseil général d’Aran, Ròsa Maria Salgueiro.
Grâce à cette « autonomie dans l’autonomie » le Val d’Aran conserve, au sein de l’ensemble espagnol et catalan, sa langue, ses traditions, sa culture, son organisation propre, sa singularité et sa prospérité. Car les prises de décision sur des sujets importants sont beaucoup plus rapides et adaptées que si elles émanaient d’une préfecture ou directement de Madrid ou même de Barcelone.
Photo : Thomas Julin (licence creatives commons)
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| Author | Thomas Julin |
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