L’Urssaf Île-de-France annonce pour 2025 un « niveau historique de redressements » dans la lutte contre le travail dissimulé. Au total, 819,8 millions d’euros ont été redressés, soit une hausse de 41 % par rapport à 2024. Ce montant est deux fois supérieur à celui de 2022 et près de trois fois supérieur à celui de 2020, comme l’a rapporté Le Parisien le 2 mars. La région parisienne concentre à elle seule 55 % du montant total redressé en France.
L’organisme indique avoir mené un peu plus de 13 000 contrôles et actions de prévention en 2025. Certains dossiers sont le fruit de plusieurs années de travail, précise l’Urssaf francilienne.
Des cas massifs et un secteur particulièrement exposé
Parmi les dossiers emblématiques figure une société de surveillance et de gardiennage située à Taverny (Val-d’Oise) : sur 498 salariés, seule une trentaine était déclarée, pour un préjudice estimé à plus de 800 000 euros. À Sannois, une entreprise déclarée comme spécialisée dans le design mais suspectée d’œuvrer dans le bâtiment comptait près de 900 salariés, dont une grande majorité n’était pas déclarée de manière conforme ; le préjudice est évalué à 1,9 million d’euros.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics apparaît en première ligne : 37 % des contrôles y ont débouché sur un redressement, contre 20 % dans le commerce et 13 % dans l’hôtellerie-restauration. Surtout, le BTP représente 66 % des sommes totales comptabilisées dans les redressements. Le directeur général de l’Urssaf en Île-de-France, Didier Malric, décrivait récemment des chantiers où « on a juste deux employés déclarés pour un chantier où il faudrait 20 personnes » et d’autres situations où « une seule personne est déclarée alors que de centaines travaillent au noir ».
Une dynamique nationale de lutte contre le travail dissimulé
À l’échelle du réseau, les Urssaf ont redressé 1 503 millions d’euros en 2025 au titre de la lutte contre le travail dissimulé. Sur ce montant, 1 041 millions correspondent à des cotisations et contributions non déclarées et 462 millions à des sanctions et majorations. Le réseau fait état de 38 108 actions engagées en 2025, dont 7 665 contrôles ciblés, et précise que 84,5 % de ces contrôles ont abouti à un redressement.
En 2025, l’Urssaf Île-de-France a par ailleurs collecté plus de 154 milliards d’euros pour assurer le financement de la protection sociale. Les montants annoncés soulignent l’ampleur des fraudes détectées dans la région et la place centrale qu’y occupe le BTP dans les redressements opérés.
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Une réponse à “Île-de-France : un niveau historique de fraudes redressées, le BTP en première ligne”
On peut de demander si certains contrôles ou absences de contrôles ne seraient pas sélectifs. En effet, il est surprenant que des secteurs complets emploient presque uniquement de la main d’œuvre étrangère, dépassant largement la règle des 35 h par semaine, sans pour autant attirer l’attention du fisc ou de l’inspection du travail. Dans le TOP10, on observe les chantiers d’énergie renouvelable, le déploiement de la fibre, l’agriculture sous serre en France, etc…
… Même si la première réaction est de hausser les épaules en disant: « aux moins, ceux la, ils travaillent et ne troublent pas l’ordre public ».