Déserts médicaux : la Bretagne plutôt bien lotie, le Centre-Bretagne sinistré

13/08/2015 – 07H00 Bretagne (Breizh-info.com) – Quatre départements bretons sur cinq ne tomberont pas en panne de médecins dans les prochaines années. C’est l’une des régions les mieux loties de France – avec la Provence, le Languedoc et la région Rhône-Alpes – étant entendu que l’on se base sur les régions d’avant la réforme. Une des mieux loties ce qui ne signifie pas non plus « bien lotie » comme nous l’avions démontré lors d’un précédent article rappelant la difficulté de l’accès aux soins en Centre-Bretagne, notamment concernant les spécialistes.

Le JDD a sorti une carte-infographie des déserts médicaux à venir, qui se devinent à travers deux cartes, celle de la densité des médecins en activité et celle de l’évolution de leur nombre. Cinq régions se remarquent parmi celles qui ont une densité correcte : la Bretagne, dont quatre départements sur cinq ont un nombre de médecins supérieur à la moyenne nationale, le Languedoc (quatre sur cinq), la Provence (tous), l’Alsace (tous) et la région Rhône-Alpes (6 sur 8). A l’inverse, dans le Centre, la densité est plus faible que la moyenne nationale pour cinq départements sur six. Même tableau en Bourgogne (3 sur 4), en Picardie (2 sur 3), Champagne et Lorraine (3 sur 4) et même la Normandie – sur les cinq départements historiques, seuls ceux de Caen et de Rouen ont une densité de médecins très correcte.

evol

Pour ce qui est de l’évolution des effectifs, dans quatre départements bretons sur cinq, le nombre de médecins augmente sensiblement. La Loire-Atlantique est même numéro 2 en terme d’augmentation des effectifs, après… l’Yonne, et avant la Haute-Savoie, le Doubs et la Savoie. Du reste les causes sont connues : une grande agglomération (Nantes – Saint-Nazaire) dynamique, la mer, un temps clément, une qualité de vie reconnue, une démographie dynamique… A l’échelle nationale, trois zones se détachent parmi celles où le nombre de médecins augmente : la façade atlantique de Brest à Biarritz, la région Rhône-Alpes (sauf dans l’Ain où les effectifs stagnent) et l’Alsace – avec le territoire de Belfort qui du reste est historiquement et économiquement un terroir alsacien. Par ailleurs le nombre de médecins augmente – ou tout au moins se maintient – dans tous les départements qui abritent un chef-lieu de région.

Avec deux exceptions majeures : la Provence – le nombre de médecins baisse partout, Bouches-du-Rhône y compris, et ne se maintient péniblement que dans le Var – et l’Ile de France toute entière. En revanche toutes les zones rurales sont à la peine, surtout dans le Centre, la région Midi-Pyrenées (hors Toulouse), la Picardie, la Champagne etc. En queue de peloton : l’Indre et la Nièvre, qui ont perdu plus de 10% de leur population médicale en dix ans, et continuent à creuser, ainsi que l’Eure, le département le moins bien pourvu de province avec 167 médecins pour 100,000 habitants. Ce qui du reste est nettement mieux qu’en Ile-de-France qui est devenue le premier désert médical français.

densité

Le tableau breton est donc plutôt rassurant. Il y a cependant un bémol. Tant pour la densité des médecins – reconnue comme faible – que pour leur évolution – à la baisse – les Côtes d’Armor (et plus globalement le Centre Bretagne ) apparaissent comme une évidente zone de fragilité. Avec ses territoires en déclin du point de vue économique, le département semble devenir un nouveau « ventre mou » de la Bretagne. Dont l’avenir ne semble pourtant pas émouvoir plus que ça les départements voisins, ni la région administrative qui pourrait pourtant agir pour lisser les inégalités – la santé étant une compétence régionale, et parce qu’une région administrative dispose de moyens nettement plus importants que les communes qui se débrouillent presque toutes seules, quand elles en ont les moyens. Ce qui est plus simple dans les aires urbaines de Haute-Bretagne ou dans les communes littorales, que dans les villages en déclin du Kreiz Breiz. Mais il est vrai que les régionales sont si proches que l’avenir peut attendre…

Crédit photos : DR
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