Kurdistan. Les Yézidis massacrés par Daesh

yezidis

14/04/2017 – 05h45 Erbil  (Breizh-Info.com avec TVlibertes.com) – 31 charniers et plus de 1 600 cadavres ! C’est le bilan des dernières recherches sur les personnes yézidis disparues en Irak et plus précisément dans le Kurdistan irakien au nord du pays dans la zone de Hardan, région de Shingal. Rudaw, le principal média du kurdistan irakien, révèle que le nombre de fosses communes devrait même atteindre les 50 .

Les massacres dateraient de 2014 quand l’Etat Islamique avait envahi de vastes régions de l’Irak, dont la ville de Mossoul.

En tout, ce sont plusieurs milliers de yézidis qui auraient été tués depuis le début du conflit, essentiellement des hommes mais aussi des enfants. Les femmes et jeunes filles étant souvent réduites à l’état d’esclaves sexuelles. Selon l’Associated Press, le nombre de Yézidis morts oscillerait entre 5 000 et 15 000 personnes dans plus de 70 fosses communes, des chiffres d’autant plus importants que les Yézidis ne sont que quelques centaines de milliers en Irak. Les massacres auraient été perpétrés par des soldats de Daesh et parfois par les anciens voisins musulmans sunnites des communautés yézidis avec lesquels ils vivaient jusqu’alors sans conflit.

La persécution des yézidis par les musulmans s’explique notamment par le fait que ces derniers estiment que cette minorité vénère le diable. En réalité, ils refusent simplement de le maudire par crainte. Moins médiatisés que les chrétiens d’Orient, qui n’ont été évoqués dans les grands médias que tardivement, les massacres des Yézidis sont eux, souvent passés sous silence. Les Yézidis sont en effet avant tout présents dans le Kurdistan irakien et un peu en Turquie, en Russie, en Géorgie et en Arménie. Les minorités yézidis présentent en Allemagne, où ils seraient 50 000 ou encore aux Etats-Unis, ne suffisent pas à en faire une force de pression auprès de l’Occident…

Alors que les frappes chimiques présumées de la Syrie ont conduit à une riposte immédiate contre l’aviation de Damas de la part de Washington, la découverte des charniers de centaines voire même de milliers de Yézidis massacrés n’a pas suscité l’émotion des dirigeants étatsuniens et européens.

Les yézidis sont une communauté kurdophone qui compte entre 100 000 et 600 000 personnes en Irak, selon les estimations. Ils font partie des populations les plus anciennes de la Mésopotamie, où leur croyance est apparue il y a plus de quatre mille ans. Leur principal lieu de culte est Lalech, dans le Kurdistan irakien, mais plusieurs milliers de yézidis habitent en Syrie, en Turquie, en Arménie et en Géorgie.

Le yézidisme est une religion monothéiste qui puise une partie de ses croyances dans le zoroastrisme, la religion de la Perse antique. Leur culte et leurs rituels se transmettent oralement, c’est pourquoi on ne devient pas yézidi, on naît yézidi.

Les fidèles de cette religion croient en un dieu unique, Xwede, qui fut assisté par sept anges lorsqu’il créa le monde, dont le plus important est Malek Taous, souvent représenté par un paon, symbole de diversité, de beauté et de pouvoir.

On compte d’importantes communautés en Europe, particulièrement en Allemagne, où vivent 40 000 yézidis.

Crédit photo : wikimedia (cc)
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  • Nomizoé

    « Les minorités yézidis (…) aux Etats-Unis, ne suffisent pas à en faire une force de pression (…) Alors que les frappes chimiques présumées de la Syrie ont conduit à une riposte immédiate contre l’aviation de Damas de la part de Washington »

    Le problème est que la fille de Trump est mariée à Jared Kushner, qui n’est pas « yézidi ».

    On nous dit que le président Assad a lancé une attaque chimique contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun (50 000 habitants) le 4 avril dernier, qui aurait fait une centaine de morts. Ça a fait la une des journaux de TF1 et France2, et de toute la presse, avec des dénonciations émues du régime syrien.

    Mais en fait, les Russes disent qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique. C’est possible qu’un entrepôt d’armes chimiques ait sauté. En fait, on ne sait même pas s’il y a eu des morts, vu que les journalistes et enquêteurs ne peuvent pas se rendre librement là-bas. Sans preuves, il ne faut surtout pas croire la presse et le gouvernement.

    Par contre, samedi dernier, les « rebelles » anti-Assad ont réussi à faire 130 morts en faisant sauter une voiture contre un groupe de bus, près d’Alep, et là, on a les images. Et pourtant, il n’y a pas grand chose dans la presse. Comme d’habitude, si on cherche « Kefraya » sur Google Actualités, on tombe d’abord sur Sputnik et Russia Today.

    On sait qu’Assad a repris la ville d’Alep en décembre dernier. Près d’Alep, les villages de Foua et Kefraya étaient resté assiégés par les rebelles depuis deux ans, mais samedi dernier, les habitants étaient en train d’embarquer dans des bus pour être évacués. Sauf que les « rebelles » n’avaient pas envie de les laisser partir.

    À mon avis, il n’y a pas besoin de s’y connaître en guerre de Syrie pour voir que ce massacre décrédibilise les gouvernements occidentaux et leurs journaux. On nous a dit qu’Assad bombarde à l’arme chimique son propre peuple coupable de rébellion. Mais il semblerait que dans pas mal de villes tenues par les « rebelles », la population soit en fait retenue en otage, avec des représailles contre ceux qui essayent de s’enfuir.

    À propos de l’attentat de samedi dernier, le journal Le Monde (clic) dit que c’était un attentat-suicide et semble blâmer celui qui a fait sauter la voiture. Sans doute un déséquilibré qui a agi tout seul ? Il ne faudrait surtout pas en conclure que les rebelles sont des salauds.

    Le titre du Monde vaut le coup d’oeil: « Syrie: après l’attentat à Alep, le risque des tensions confessionnelles »

    Comme si le problème n’était pas le massacre qui vient de se produire, mais le risque que certains s’en émeuvent. Pourtant, il y a quinze jours, il n’y a sans doute eu aucun bombardement à l’arme chimique, et ça n’a pas empêché la presse de dénoncer Assad comme un salaud, et de trouver normal les représailles américaines.

    En fait, c’est clair que Le Monde est du côté des terroristes, tout comme Ouest-France, TF1, France 2, etc.

    Pourquoi ? Parce qu’ils défendent avant tout le point de vue israélien, qui considère Poutine et Bachar el-Assad comme des ennemis. Ça permet en même temps de comprendre pourquoi la presse soutient le Grand Remplacement en Europe. C’est tout simplement parce qu’elle s’aligne sur les positions du lobby pro-israélien.